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De la foi à la morale

Peut-on être chrétien en étant détaché de tout orgueil identitaire ? Etre chrétien humblement, en croyant à une certaine vision de la vie, mais sans l’imposer aux autres ?

Martin Steffens, auteur du Petit traité de la joie. Consentir à la vie, ne me semble pas y arriver. D’un côté, il prône dans ce livre une philosophie du consentement à la vie qui me parle beaucoup, où l’amour du réel et des autres est central. Il considère avec justesse cette spiritualité du oui chrétien comme étant au-delà des clivages droite-gauche, et au-delà du bien et du mal. Mais juste un peu plus loin, il fustige les gens de gauche en les considérant comme matérialistes et nihilistes, et par conséquent incapables de mener une révolution pour la vie et l’amour. Puis il déclare certaines pratiques comme appartenant au mal, sans autre discussion possible (multiplier les partenaires sexuels, regarder des films pornographiques…)

Enfin il fait l’erreur de considérer que, puisque d’une part la France était bien plus christianisée dans le passé, et que d’autre part la religion chrétienne invite à l’amour du prochain et à la joie dans la louange de la vie, alors il s’en suit que nos ancêtres étaient bien plus heureux que nous, modernes, pris au piège dans la société de consommation. Or on sait bien que la population était chrétienne d’abord par tradition voire par crainte de l’Église en tant qu’institution, qui au passage a souvent agi très loin de l’Evangile.

Ce livre, quoique vivifiant par endroits, a donc réveillé en moi cette incompréhension douloureuse : comment des personnes qui partagent une même foi peuvent elles porter des opinions aussi différentes ?

Tristan de La Selle

Billet du dimanche 25 mars 2018

 

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