"Rencontre" Paul Klee (Zentrum Paul Klee à Berne en Suisse)

De quoi avons-nous besoin d’être sauvés ?

Dimanche 22 décembre 2019 4ème dimanche de l’Avent

PREMIÈRE LECTURE  (Is 7, 10-16)
« Voici que la vierge est enceinte »
PSAUME  (Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6)
Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire !
DEUXIÈME LECTURE  (Rm 1, 1-7)
Jésus-Christ, né de la descendance de David, et Fils de Dieu
ÉVANGILE  (Mt 1, 18-24)
Jésus naîtra de Marie,
accordée en mariage à Joseph, fils de David

Mot d’accueil

L’Avent que notre communauté a  axé sur la Rencontre. Bienvenue donc à tous, passants et fidèles, tous, vous êtes des  hommes et femmes de rencontre
Un regard, un regard bienveillant, souriant, vers mon voisin peut-être, et c’est le début de la rencontre avec une personne, aussi surprenante soit-elle.
Dernier dimanche donc de cet Avent… L’aventure est-elle plus  proche de sa fin ? L’avenir est-il plus proche de nous ?Où en sommes-nous ?
Certains se sont levés quand c’était encore l’Aurore en pensant à ces retrouvailles d’aujourd’hui : ils les attendent comme quelque chose de familier, tandis que d’autres les espèrent comme une découverte…  ou une redécouverte.
C’est exactement ce qui nous est arrivé pendant la préparation de cette célébration : le familier est devenu inattendu.
On peut le dire !  Il faut être souple dans une rencontre, accepter le risque, ouvrir ses yeux et ses oreilles…

Faisons-le au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Intro pour Isaïe 

Nous venons de chanter : « accueillir aussi le mystère dans la confiance d’une voix… » Et voici que nous rencontrons un texte d’Isaïe ( 7, 10-16)  qui nous est familier et mystérieux… et qui se révèle avec une face peu connue…
Il commence par évoquer un roi d’Israël, Achaz, alors que deux puissants voisins l’attaquent.
Le prophète Isaïe s’est déplacé pour lui dire de mettre sa confiance en Dieu car ses ennemis ne sont en réalité que des « tisons fumants ». Devant l’incrédulité d’Achaz et son défaitisme, Isaïe lui suggère de demander un signe que Dieu lui accordera.
Achaz  refuse, sous prétexte de ne pas « tenter » Dieu, mais le prophète néanmoins lui annonce que les royaumes ennemis n’ont plus que quelques années devant eux :
Et pour compter ces années, Isaïe se sert d’un « moyen de mesure » étonnant et merveilleux : un enfant a déjà  été conçu, ( le verbe est au passé )  et ces royaumes s’écrouleront avant même que ce bébé soit arrivé  à l’âge de raison ! Confiance donc ! Mais  notre équipe de préparation a choisi de vous partager un aspect peut-être moins entendu de tous : cet enfant va naître « d’une vierge », a-t-on l’habitude de lire… mais le terme hébreu employé ici, n’est pas bethwullah, qui signifie « vierge », mais almah, qui signifie une personne de sexe féminin nubile ou déjà mariée.

Sachons donc déjà « accueillir le mystère dans la confiance d’une voix… » en écoutant cet antique texte témoin, dans sa traduction française actuelle et habituelle :  Isaïe, 7, 10-16

En effet,  si la traduction grecque de la Bible, la Septante,  emploie bien le mot grec de parthenos qui signifie « vierge » comme le latin virgo,  le texte hébreu de la Bible ne dit pas que c’est une naarah, une jeune fille, qui serait, bethuwlah, ( 1330 ) https://saintebible.com/hebrew/1330.htm  c’est à dire physiologiquement vierge. Par exemple en Genèse 24, 16 : Abraham cherche pour son fils Isaac e une femme ( 802 ishshahhttps://saintebible.com/hebrew/802.htm; son serviteur sur place voit les filles ( lien de filiation) des habitants,  il pense demander de l’eau à  une jeune fille ( 5291 naarah) https://saintebible.com/hebrew/5291.htm, et trouve une  jeune fille précisée vierge ( bethuwlah) : c’est Rébecca. Le terme bethuwlah signifie donc bien spécifiquement le caractère physique de virginité.

L’hébreu  a utilisé  ici le terme de almah  (5959) https://saintebible.com/hebrew/5959.htm.  C’est un mot rare qui n’a servi  que pour  3 autres personnes : 1°) Rébecca ( Genèse 24) , 2°)  Myriam  sœur de Moïse ( Exode, 2,8 ), 3°) la jeune femme anonyme exemplaire du Livre des Proverbes (30,18-19). Almah qualifie visiblement  une personne de sexe féminin, nubile, éminente par ses  qualités présentes ou  son  futur remarquable. La caractéristique  de sa « virginité » n’intervient pas dans cette définition.  On ne saura pas avec certitude qui était l’almah : c’est  peut-être l’( une ? ) épouse du roi Achaz, dont Isaïe a révélé  la grossesse en cours. Il est évident que sa grossesse est naturelle et normale.

                                                                                            Marguerite Champeaux-Rousselot

Commentaire

Les 2 textes bibliques que nous avons lu ce dimanche (Isaïe 7, 10-16 et Matthieu 1, 18-24) nous demandent une gymnastique complexe. Chaque civilisation, chaque époque s’exprime à travers des expressions symboliques qui lui sont propres. Il nous faut donc les décoder et les traduire dans notre langage …

Point de départ : au 8° siècle avant notre ère … il y a 2750 ans … : intervention d’un sage (homme ressource, conseiller), Isaïe, dans des circonstances politiques dramatiques pour le royaume de Juda : le royaume attaqué de toutes parts, le roi sans héritier … Isaïe annonce (de la part du Seigneur) l’échec des attaquants et la naissance proche de l’héritier attendu.
L’interprétation du récit a évolué pendant 8 siècles … jusqu’à l’annonce d’un messie, d’un nouveau roi (attendu par tout Israël), signe de l’avènement d’un royaume terrestre éternel pour Juda.
L’Évangile de Matthieu reprend cette interprétation pour affirmer :

  • Que Jésus est bien la réalisation de la prophétie, le messie attendu,
  • Que c’est comme ça que Joseph comprend ce qui arrive à « Marie son épouse »

Que retenir de cette gymnastique ?
Pour ma part, je retiens les deux noms donnés à cet enfant qui va naître : « Dieu avec nous » – « Le Seigneur sauve ».
Avec 2 questions :

  1. Nous avons fait du temps de l’Avent un temps de rencontre :
  • rencontre entre les hommes, bien sûr
  • rencontre entre Dieu et l’homme, en Jésus

Ces deux rencontres ne sont pas indépendantes.
Comment la rencontre des autres nous a fait rencontrer Dieu (aller vers lui et/ou l’accueillir) ?

  1. Une question qui me semble de plus en plus importante dans le monde d’aujourd’hui :
    de quoi avons-nous (conscience du) besoin d’être sauvés ? (sans oublier que besoin et envie sont différents !)

Une question à nous poser personnellement et à poser au monde.

Nous n’avons pas lu le troisième texte (Romains 1, 1-7). Il contient une profession de foi faite par Saint Paul :

Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures,
concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté,
a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.

Claude Asty

Envoi

Après avoir fait mémoire de tous  ces appels qui nous sont lancés, voici encore celui de Paul  ( Romains I, 1,7)

À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

La rencontre est parfois le fait du hasard ; elle peut aussi résulter d’un appel que nous avons entendu…

Encore faut-il  être ouverts  à ces moments où tout événement peut-être saisi comme un signe, où chacun, sans le savoir, peut être un prophète pour l’autre. Etre ouverts sans crainte car (comme il est écrit sur le Lutrin) DIEU EST AVEC NOUS. C’est la Bonne Nouvelle qui illumine chaque rencontre.

Marguerite Champeaux-Rousselot
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