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Le défi de la joie

Récemment, lors de l’émission d’Adèle ven Reeth « Les chemins de la philosophie » le matin à 10h sur France Culture, j’ai découvert le philosophe Robert Misrahi et avec lui, le sens et le pouvoir de la notion de conversion. Le philosophe invite à faire une conversion en commençant par prendre conscience de notre liberté interne. « Chaque instant est porté par l’individu, chaque instant est un mouvement vers l’instant suivant. Si l’on ne veut pas aller à l’instant suivant on s’endort, si l’on ne veut ni aller à l’instant suivant ni s’endormir, on meurt. » (Le Nacre et le rocher, une autobiographie philosophique, 2012). Nous pouvons choisir de traverser la vie en vivant ou bien en dormant. Ainsi nous pouvons reconnaître notre part de responsabilité face à ce que nous vivons et subissons. La conversion implique l’idée d’une action, d’un renversement. Renverser notre centre d’attention, qu’il ne soit pas tourné vers nous-même mais vers autrui. Un renversement pour s’ouvrir à la puissance du monde. Un renoncement au pessimisme en décidant de se placer dans la joie. En cherchant l’origine de la notion de conversion, on trouve qu’elle provient de deux mots grecs de sens différent. D’une part épistrophê qui signifie un retour à l’origine, à soi, d’autre part métanoïa qui implique un changement de direction, dans l’idée d’une renaissance. Cette opposition – fidélité et rupture – est à retenir. Bien qu’il n’y ait aucune perspective théologique dans la pensée de Misrahi, j’y reconnais aussi le défi du croyant. Celui de renouveler constamment les actes qui mènent à la joie.

Elsa Noyons

Billet du dimanche 29 janvier 2017

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