Déliez-le, laissez-le aller !

« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Dimanche 18 mars 2018
Textes choisis : 5 ème dimanche de l’année A

PREMIÈRE LECTURE (Ez 37, 12-14)
« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez »
PSAUME (Ps 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)
Près du Seigneur est l’amour,
près de lui abonde le rachat.
DEUXIÈME LECTURE (Rm 8, 8-11)
« L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous »
ÉVANGILE (Jn 11, 1-45)
« Je suis la résurrection et la vie »

 

Accueil :

Bonjour et bienvenue à vous, amis du Centre Pastoral St Merry,  et amis de passage !  Bonjour à vous, enfants de l’éveil à la foi, nous sommes très heureux de vous savoir avec nous pour toute la célébration. Ce dimanche, nous avons le plaisir d’accueillir parmi nous des hôtes venus de loin : David,  Professeur de religion à l’université de Chicago, qui revient à St Merry pour la 5ème fois,  accompagné  d’un groupe  d’étudiants, pour une visite découverte des communautés chrétiennes, juives et musulmanes progressistes, parisiennes.  Nous les saluons tous chaleureusement, et leur souhaitons un bon séjour parmi nous !

La célébration de ce 5ème dimanche de carême a été préparée par des membres de la commission partage de St Merry, et nos amis du CCFD-Terre Solidaire ici présents,  en lien avec la solidarité internationale. Aujourd’hui, nos liens et nos relations ne peuvent plus se limiter au cercle restreint de la famille, du travail, du voisinage, au sein d’un même pays, mais prennent inévitablement une dimension internationale, et c’est tant mieux et d’autant plus enrichissant  : « Avec nos différences, tissons ensemble une terre solidaire ! »

Ce sont les textes de l’année A que nous avons retenus pour cette célébration.

Dans le texte  de l’Evangile que nous allons écouter, Jean nous relate l’épisode de la « résurrection » de Lazare . Marie, Marthe et Lazare, tous frère et sœurs, sont des amis  très proches de Jésus. Mais Lazare, gravement malade, va mourir. Quand Jésus arrive, son ami est déjà au tombeau : l’émotion de Jésus est visible, il se met à pleurer.  Mais de quelle mort s’agit-il ? Jésus va nous montrer que l’amour de Dieu est plus fort que la mort, il est force de vie et nous rend libres. Il nous appelle à nous libérer des liens qui entravent notre cœur et nous empêchent de vivre.

Dans la 1ère lecture, le prophète Ezéchiel, qui a vécu 600 ans avant Jésus, proclame déjà cet amour de Dieu, libérateur et souffle de vie : « j’ouvrirai vos tombeaux et vous vivrez ».

Marie-Noëlle

Pas facile à suivre ce texte avec tous ces mouvements, ces relations qui se croisent : on part, on reste, on s’appelle, on s’assoit, on vient consoler, on meurt, on sort… On en perdrait le fil. Mais il y a les larmes de Jésus qui coulent comme un parfum, comme un baume qui soigne, qui défait les nœuds de nos relations piégées, emmêlées. Parfois on ne sait pas comment s’en sortir. On aimerait bien que Dieu fasse quelque chose pour empêcher ce qui fait mal. Dieu n’est pas un magicien. Jésus ne fait rien de magique. D’ailleurs dans ce texte Il commence par être celui qui a reçu – du parfum amour qui nous met au parfum du sens de sa mort – et il ne fait presque rien. Rien d’autre que venir et encore tout doucement ! Il ne fait rien mais il est là d’une présence bouleversée et il parle avec d’autant plus de force que sa parole vient du plus profond. Du plus profond d’où les larmes ont jailli et la prière coule de source. Lien si fort, si proche de nous, lien si proche de son Père. En Christ ces relations sont tellement tissées entre elles, se donnent tellement de vie que la mort est obligée de lâcher sa proie.

Toujours pas par magie. Sa Parole crie que c’est à nous de couper le cordon, de rouler la pierre qui fermait le tombeau. Il nous donne de défaire les nœuds, de délier les toiles d’araignée des liens de possession puants comme la mort. (Parce que croire ce n’est pas comme d’autres nous disent, des histoires pour que la mort ne soit pas si grave.) Jésus ne fait pas semblant, ne nous donne pas plusieurs vies comme dans les jeux. Il demande si nous croyons en la vie qu’Il libère en nous. Maintenant. Pour en prendre soin maintenant. Et il nous sort aussi du piège suivant qui menace la belle liberté : devenir faussement libres de telle manière que nous ne tiendrions plus à aucune relation.

En préparant cette célébration ce texte nous a posé cette question :
Est-ce que nous tenons les uns aux autres ou est-ce que nous retenons, nous empêchons les autres d’aller leur chemin ? Et comme tout Évangile parle de la mort et de la résurrection du Christ nous pourrions aussi nous demander si ce Lazare paradoxalement n’est pas aussi La Parole qu’on emprisonne, Jésus enfermé dans nos tombeaux qui nous demande de Le délier, de délier nos manières de croire, de vivre qui sentent le renfermé ? Le Christ qui n’espère qu’une chose : que nous nous aidions mutuellement à nous délier, à laisser aller à la force des relations vivantes. Les laisser aller à des lien d’autant plus solidaires qu’ils seront tissés par son même amour et du Père et de nous ?

Alexandra

 

Montée au chœur :

« Alors doivent se lever les passeurs, les constructeurs de ponts, les architectes qui savent qu’un espace, s’il est fermé sur lui-même, tue. Ensemble, les couturiers des espaces ont à recommencer le tissage, le métissage minutieux où le respect de chaque fil, de chaque couleur, pris dans leur splendide différence, fera la solidité de cette toile à dérouler sous les pieds fragiles des enfants à naître. »   (Zahira Khan)

Lu par François , CCFD

Prière eucharistique

Le Seigneur soit avec vous. Et avec votre esprit
Élevons notre coeur. Nous le tournons vers le Seigneur
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.  Cela est juste et bon

Vraiment, Père de toute grâce et de toute bonté, il est juste, il est bon de te dire notre action de grâce, nous tes enfants, qui, malgré toutes nos différences, voulons tisser ensemble une terre solidaire. Nous lançons ce cri, en écho au Christ Jésus qui pleure la mort de son ami Lazare, écho de la douleur de l’homme, écho de la douleur de l’humanité. Et nous nous engageons à suivre le Christ dans sa pâque, pour nous entraîner à cette belle aventure de la refondation de la vie, de la refondation de la solidarité internationale. Voilà pourquoi, avec les anges et les saints, nous te chantons: Saint !  Saint ! Saint …

Vraiment Père de toute bonté, toi vers qui montent nos louanges, tu nous lances cet appel à la vie, comme naguère ton fils nous le disait : « déliez-le, laissez-le aller ». Aujourd’hui encore, ton fils nous donne de comprendre l’appel à la sainteté à laquelle il nous associe, quand il nous invite à délier toutes les chaînes d’enfermement, d’isolement et de servitude qui empêchent le développement de l’humanité.

Et maintenant Père, nous te supplions, envoie-nous ton Esprit, qui sanctifie nos offrandes. Que par l’effet de ta grâce, ce pain et ce vin deviennent corps et sang de ton fils, notre Seigneur.

La nuit qu’il fut livré, il est à table avec ses amis. Avec liberté il prend son repas et avance vers sa passion. Il prend entre ses mains le pain. Il te rend grâce à toi son Père ; il le rompt et le leur donne, en disant: «prenez et mangez-en tous: ceci est mon corps livré pour vous».

A la fin du repas, sachant qu’il allait tout réconcilier en lui par le sang de sa croix, il prend la coupe remplie de vin, te rend encore grâce et la fait passer à ses amis, en leur disant « prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi « 

Anamnèse

Oui Père, nous faisons mémoire du Christ, notre Pâque et notre paix définitive, en célébrant sa mort et sa résurrection et appelant le jour béni de sa venue et de notre joie, nous t’apportons, Dieu fidèle et sûr, cette offrande qui remet l’humanité dans ta grâce.

Vois avec bonté et amour, Père, tous ceux que tu attires vers toi. Donne-leur de communier à l’unique sacrifice du Christ ; qu’ils deviennent ensemble, par la force de l’Esprit, le corps de ton Fils ressuscité en qui sont abolies toutes les misères et toutes les fragilités. Tiens-nous les uns et les autres en communion d’esprit et de coeur avec le pape François, notre évêque Michel, l’ensemble du corps épiscopal et sacerdotal et
tous ceux qui, à travers le monde, te cherchent avec droiture.

Oui Père, viens-nous en aide dans notre volonté de délier toutes les chaînes qui empêchent le développement de l’homme, de tout homme, partout où il se trouve. Viens-nous en aide dans notre option de venir en aide à tous les oubliés que la croissance et les épreuves multiples de la vie ont jetés sur les bords des chemins, dans nos familles, nos quartiers, et aux quatre coins du monde. C’est vrai Père, que les images affreuses d’aujourd’hui en Syrie nous émeuvent. Et nous devons nous engager à ce que cessent ces violences et que gagne le droit sur la dictature. Mais il y a aussi, malheureusement, ce silence radio sur la destruction violente et quotidienne des vies humaines en Afrique, et qui, depuis quelques années, se compte en millions, particulièrement en République Démocratique du Congo. Rends possible la justice distributive et un usage rationnel des biens communs. Ouvre-nous, Père, à la dimension de l’universel, et ce, maintenant. Brise tout ce qui en nous empêche les autres d’aller leur chemin.

Aide-nous à faire un geste en direction de tous nos malades, de tous ceux qui vivent dans l’isolement. Donne l’éternel repos à ceux de nos proches qui nous ont quittés. Raffermis-nous dans l’espérance que nous les retrouverons un jour, dans ta demeure éternelle, où nous vivrons avec toi, aux côtés de la Vierge Marie, de Saint Joseph son époux, des apôtres et des saints et que nous confions à ta miséricorde.
Ainsi, au coeur de la création nouvelle, libérée de toute servitude et de toute corruption, nous pourrons chanter l’action de grâce du Christ à jamais vivant. Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles. Amen

José

Intentions de prière

« Seigneur nous te prions pour tous les enfants des pays en guerre, pour les enfants réfugiés qui errent sur les routes… Qu’ils trouvent des amis pour les accueillir et les aider à vivre ! »

« Seigneur nous te prions pur Côme, et tous les enfants handicapés, qu’ils trouvent des amis qui soient leur parole, leurs bras, leurs jambes, et qu’ils reçoivent l’amour qui les aide à vivre »

les enfants

Seigneur, tu as dit aux amis de Lazare : « déliez-le et laissez-le aller ». Et c’est à nous que tu le dis aujourd’hui.
Envoie sur nous ton esprit, qu’il nous aide à délier en nous tout ce qui nous entrave pour pouvoir tisser des liens avec nos frères, celui qui est proche ou celui qui est lointain, celui qui est différent, celui qui est étranger. Car ces liens-là sont des liens de Vie.
Seigneur, nous te prions aussi pour tous ceux qui, aux quatre coins du monde, sont fragilisés par la faim, les changements climatiques, les accaparements de terres, les guerres. Et pour tous ceux qui, avec eux, se mobilisent et travaillent pour une leur rendre une vie plus digne. Seigneur, nous te prions.

Claudio CCFD

 

Vendredi dernier s’est tenu à Notre Dame la nuit des témoins organisée chaque année par AED (Aide à l’Eglise en Détresse). Invité à témoigner: l’Egypte, l’Algérie et le Mexique.
Un évêque mexicain, lui même déjà menacé de mort, a donné son témoignage de la violence qui secoue le Mexique pris en otage par les cartels de la drogue qui se font la guerre, ayant trouvé des complices au sein même des institutions du pays : police, autorités régionales, pouvoir judiciaire…
Les journalistes et prêtres qui dénoncent sont des cibles privilégiés des mafieux qui les éliminent.
La communauté de Saint Merry, à travers sa commission partage, apporte un soutien modeste à deux associations catholiques mexicaines qui protègent les migrants venus d’Amérique Centrale , souvent victimes des cartels car plus vulnérables.
Seigneur ! aide-nous à nous maintenir sensibles à la détresse et à cultiver des liens qui libèrent les opprimés de la violence !
Gerardo

Envoi :

Nous avons dénoué nos liens d’enfermement, d’isolement et de servitude ; nous avons tissé les liens multicolores de la fraternité qui nous rendent libres et unis les uns aux autres dans le respect de nos différences.

Alors, maintenant, allons !  et bon dimanche à tous !

Marie-Noëlle

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