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Des célébrations créatives pendant le confinement

Pendant le confinement, les célébrations du dimanche se sont poursuivies sous une forme originale dont on retrouve trace sur le site. A deux reprises, des groupes d'échange en 6 x 6 ont permis de beaux partages, retranscrits sous forme d'une belle méditation par André Letowski.

Le confinement nous a conduit à modifier nos pratiques pendant plus de 2 mois. Le téléphone, WhatsApp, Skype et zoom, que nombre d’entre nous ont découvert, ont permis ces partages. Ces expériences nouvelles ne manqueront pas de changer quelques habitudes, nous sollicitant à nouveau pour que cette dynamique créative se poursuive.
Aux côtés des célébrations dominicales télévisuelles de la 2, de la chaîne KTO ou de la messe célébrée par François, que nombre d’entre nous ont suivies, l’EP a pensé bon de maintenir une célébration pensée pour la communauté de St-Merry.
Nombre d’entre nous ont préparé ces célébrations via Zoom, Skype.  A deux reprises, cinq groupes d’échanges en 6 x 6 ont eu lieu. Ils ont eu le souci de proposer un retour de leurs partages. D’autres amis ont réagi et proposé aussi leurs propres commentaires. Tout ceci a fait la richesse des 6 x 6 de deux des célébrations, autour de 4 thèmes qui sont le socle de nos créativités.

Le chemin

« Je suis le chemin, la vérité, la vie » : je le comprends comme – « je suis une vérité qui s’expérimente sur les chemins de la vie » -. La foi est incarnation, ce dont témoigne toute la vie de Jésus. La foi n’est pas une vérité immuable au sens dogmatique, mais une vérité / quête de sens qui s’expérimente, se confronte, se vérifie, se confirme. Et sur ces chemins, on se met en marche, on avance, on se trompe, on rencontre, on échange, on partage, on s’éclaire comme sur le chemin d’Emmaüs.
Dans cette crise et le confinement, nous sommes comme les disciples, nous voudrions avoir un objectif clair. Il n’y en a pas. Nous devons cheminer. C’est là que nous sommes vivants. Le chemin est flou. Il est fait par moi et par l’environnement et les autres. Je ne suis qu’un élément de mon cheminement. Le chemin c’est être vivant en vérité.
J’aime que cette phrase – Je suis le chemin, la vérité et la vie – soit dans cet ordre, car la foi est pour moi d’abord un chemin, un mouvement vers l’autre et avec l’autre. C’est ainsi, dans cet accompagnement, qu’on peut marcher vers la vérité, c’est à dire « l’Autre », le Père‌ et ce, pour une Vie élargie, partagée avec mes frères de route. Pouvoir partager en vérité, c’est vraiment « dehors », sur les routes et pas dans nos églises fermées.

Le chemin : si beaucoup ont quitté l’Eglise qui leur parait « hors circuit », et même si Jésus ne semble plus leur parler, ce n’est pas pour autant qu’ils ne sont plus en chemin. Jésus demeure plus grand que l’Eglise, dit Pagola. Celui qui aime ne peut se tromper et se perdre en chemin, dit encore M. Bellet.

Reconnaître le Christ

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On reconnaît le Christ après coup, souvent longtemps après, jamais sur le moment. Le temps de confinement a du bon : il nous fait comprendre que nous sommes stupides de ne pas nous aimer. On s’est mis à mieux écouter la parole des autres et c’est là aussi que se trouve une forme de présence du Christ. C’est à travers les autres que quelque chose de Jésus me touche. J’ai compris qu’à travers les autres et ceux qui souffrent, je peux croire que c’est Jésus qui est là, qui souffre à travers eux. Cette croyance me rend la vie supportable. Dans l’expérience la plus humaine et la plus difficile à vivre, vivre ma foi aussi en l’Espérance que l’homme peut faire un pas, pour se mettre un peu debout.

« Tiens, Il était là », une réflexion que plusieurs d’entre nous ont formulé ; ils ont reconnu le Christ après coup dans les actions conduites, ou plus exactement dans l’autre, dans les autres que nous avons écouté au hasard de la vie, avec qui nous avons partagé. Chemin faisant… Des étincelles de lumière qui sont ancrées dans nos vies.

La communauté et la mission

Au fil de notre histoire, nombre de « valeurs » ont bougé : l’obéissance se transforme en coresponsabilité, la mission à vie en mission à durée limitée, la pauvreté en solidarité, et puis il y a la place des femmes, autant d’éléments à prendre en compte dans notre langage de foi et dans notre gouvernance.
Comment concilier les besoins et l’approche d’une communauté de base et celle de l’Eglise universelle ? Comment s’écouter alors que l’approche de notre communauté peut différer de celle de l’autorité ecclésiale ? L’attitude d’amour, la relation de confiance est le socle de cette construction commune.

Et s’il fallait inventer des ministères pour aujourd’hui, je dirais :

  • Un ministère du « prendre soin » (de la communauté et de chacun des membres) remplaçant le presbytérat et ses pouvoirs sacrés.
  • Un ministère de la communication et du partage

Reconnaître nos besoins, en Eglise, ne pas se réfugier dans des solutions trouvées au premier siècle, oser inventer les services nécessaires.

En outre, « il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père », maison si vaste, comme son mystère, qu’il y a de la place pour tout le monde. En fait ce « lieu » est davantage une assemblée fraternelle qu’une construction, une assemblée où Jésus est là, puisqu’il a dit « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». C’est une communauté de croyants qui cheminent dans la recherche des visages de Dieu dans le monde, dans la compréhension de l’Évangile et dans la libre expression de sa prière. Demeurer mais avec le risque d’être bousculés par l’Esprit ?

Habiter la maison du Seigneur

« Habiter la maison du Seigneur », c’est habiter sa propre maison, sa propre vie. L’autre aussi est habité. Chacun a son expérience de la demeure de Dieu, projet qui est parfois perçu comme non partageable (entre les générations par exemple).
C’est aussi prendre soin de la maison, prendre le temps d’être présent à soi, de s’écouter au profond de soi, pour générer calme et sérénité, prendre le temps du partage, une maison intérieure, où aux cotés des actes quotidiens d’engagement, je rends vivant le message de Jésus.
La maison du Seigneur est un lieu aimant où je peux refaire mon unité par rapport aux cloisonnements de ma vie. J’ai parfois du mal à y entrer et je me laisse happer par mes plaisirs, ma peur ou mes caprices, alors je me sens tout petit. Mais quand j’arrive à y être, je suis moi-même et je suis bien avec moi-même… d’où l’intérêt d’être ensemble en Eglise pour s’aider mutuellement et arrêter de négocier avec soi-même, pour arrêter de se divertir de l’essentiel. Des gens m’ont aidé à vivre, ils m’ont donné une demeure où je peux me retrouver.
Habiter la maison du Seigneur, c’est me laisser traverser par l’amour infini de Dieu qui me fait aimer l’autre que je rencontre. Apprendre à faire le vide, à laisser suffisamment de place à la demeure de Dieu en moi.

André Letowski 

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