Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu

Lumière, éducation... Le début de la fin du tunnel pour cette petite fille ...
NEPAL Enfance Lumière ( NEL) : une photo symbole !

le jeune Jésus resta à Jérusalem
à l’insu de ses parents.

dimanche 30 décembre 2018

PREMIÈRE LECTURE  (1 S 1, 20-22.24-28)
« Samuel demeurera à la disposition du Seigneur
tous les jours de sa vie »
PSAUME (Ps 83 (84), 2-3, 5-6, 9-10)
Heureux les habitants de ta maison, Seigneur !
DEUXIÈME LECTURE  (1 Jn 3, 1-2.21-24)
« Nous sommes appelés enfants de Dieu
– et nous le sommes »
ÉVANGILE  (Lc 2, 41-52)
« Les parents de Jésus le trouvèrent
au milieu des docteurs de la Loi »

MOT D’ACCUEIL

Bonjour à toutes et tous, particulièrement à celles et ceux qui sont de passage ce matin dans cette église, nous sommes heureux de célébrer ensemble. Nous pourrons échanger si vous le souhaitez à la fin de la célébration.
Le petit groupe qui a préparé cette célébration a souligné qu’Il y a dans les textes que nous allons lire beaucoup d’humanité, exprimée de différents façons : la famille, les enfants, l’inquiétude des parents, … A travers cette humanité, un appel à être enfants de Dieu. « Nous le sommes »  nous dit l’apôtre Jean, soulignant le grand amour du Père et nous invitant à mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ. Luc le dit autrement, montrant un mouvement, un déplacement à faire, une liberté à avoir pour répondre à un appel … ?  Laissons-nous inviter à ce chemin d’humanité orientée vers Dieu et entrons dans notre célébration,  confiants dans le nom du Père et du Fils et de l’Esprit.

Myriam Glorieux

« … soyons appelés enfants de Dieu… »

Commençons par une lecture d’ensemble des deux textes proposés aujourd’hui par la liturgie, pour en retenir quelques premiers éléments :
Le passage de l’Évangile de Luc correspond à la fin de son évangile de l’enfance. Il s’agit du seul récit du Nouveau Testament qui évoque l’adolescence de Jésus. Il nous montre Jésus à douze ans, c’est-à-dire à l’âge auquel les adolescents juifs étaient, à cette époque, reconnus adultes au plan religieux. Une tradition voulait notamment que Samuel soit devenu prophète à cet âge. Il n’est donc pas surprenant de voir Jésus interroger les maîtres de la loi. Notons que l’auteur nous le présente comme posant des questions aux docteurs de la Loi, mais ajoute que tous s’extasiaient sur… ses réponses. Cela pourrait nous dire quelque chose de la manière d’agir de Dieu : nous faire bouger par ses questions.
Nous découvrons des parents inquiets puis ébahis devant l’attitude de leur fils. C’est que le texte nous montre un Jésus dont la maturité spirituelle dépasse celle de ses parents, aussi pieux soient-ils. Quant à la recherche fiévreuse de Jésus par ses parents, nous pouvons y voir le signe que, bien qu’il soit avec eux, il ne leur appartient pas.
Nous voyons aussi l’agacement de l’adolescent Jésus devant ce qu’il prend pour un excès de sollicitude de la part de ses parents (« comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? »), ce qui le conduit à prononcer une réponse assez ambiguë, qui nous est aussi adressée : « Il me faut être chez mon Père ».
Enfin, le texte met en évidence trois catégories de personnes, ou plutôt de réactions face à Jésus : il y a la foule de ceux qui ne savent pas qui il est (la plupart de ceux qui le côtoient), ceux qui découvrent quelque chose de ce qu’il est (les docteurs de la Loi) et ceux qui devraient savoir qui il est mais qui semblent l’avoir oublié (c’est au moins le cas de Marie qui est censée, dans l’Évangile de Luc, savoir que Jésus a une vocation messianique) et qui ne comprendront pleinement que plus tard.
Nous pouvons faire nôtres ces premières observations si nous y trouvons de quoi alimenter notre vie de foi.
Quant à l’extrait de la première lettre de Jean, il se compose de deux passages du chapitre 3, qui a été amputé de sa partie centrale. L’accent y est mis sur la filiation divine de tout fidèle du Christ, qui implique la rupture avec le péché (ce thème figure dans la partie du texte qui a été retirée), ainsi que la manifestation concrète de l’amour fraternel.
Cette lettre a été écrite dans un contexte particulier : l’existence d’un schisme au sein de la communauté johannique à propos de ce qu’il faut croire au sujet de Jésus. Il y est dit que la filiation d’enfant de Dieu dépend de Jésus et qu’elle ne sera pleinement réalisée que lors de la manifestation eschatologique du Sauveur.
Nous avons longuement parlé de ce texte lors de la préparation de la célébration, parce qu’il nous a semblé important. Pourtant, il fait un grand usage des mots « commandement » et « commander » (ils apparaissent quatre fois). Ce texte nous dit aussi que nous sommes sauvés par son « grand amour », ce qui peut paraître lourd à porter !
En effet, de manière générale, nous avons tendance à préférer ceux que nous avons sauvés à ceux qui nous ont sauvés. C’est le fameux complexe de Monsieur Perrichon, que Labiche n’a pas inventé.
Depuis la Renaissance, les hommes ne rêvent que de libération, d’émancipation, d’autonomie, d’autodétermination, de libre examen, bref de liberté. Une citation de Jonathan Swift, le romancier irlandais du XVIIIsiècle, permet de bien comprendre le changement des mentalités qui s’est produit : « Les Modernes sont des araignées qui tirent tout d’elles-mêmes pour tisser leur toile, tandis que les Anciens sont des abeilles qui font leur miel des fleurs de la tradition ». Bien sûr, nous ne sommes pas obligés d’opposer frontalement ces deux attitudes. Nous sommes un peu des deux, mais nous sommes surtout des Modernes.
Cela s’est notamment traduit chez les laïcs par l’apparition de la prière individuelle, privée, où chacun entretient une relation personnelle avec Dieu, en dehors des églises – je veux dire des bâtisses -, des prêtres et des sacrements. C’est ainsi que nous avons tendance à ne plus comprendre le mot « commandements » comme se référant à des lois extérieures, absolues, imposées par quelque société que ce soit, mais comme autant de paroles intérieures que le Maître intérieur adresse à la conscience humaine. Ceci se comprend d’autant plus que la parole de Dieu a pris la figure de Jésus-Christ, pure volonté de Dieu, parole de Dieu totale et parfaite, parole vivante, qui s’exprime de bien des manières, et libre, parce qu’elle ne peut pas être séparée de Celui qui la prononce. Une parole qui n’est jamais épuisée, toujours en train de se révéler dans le cadre d’un entretien permanent. La Parole ainsi comprise s’oppose à ce que l’on transforme sa lettre en une idole. En effet, dans l’Évangile, on ne peut pas séparer les mots qui sont conservés dans le Livre de Celui qui les dit. Autrement dit, la Parole ne peut nous toucher, nous atteindre réellement que parce qu’elle est devenue parole humaine en Jésus, sortie d’un cœur humain, et que, au-delà de son immensité, elle nous dit, en utilisant notre langage, que le Seigneur nous aime.
Seigneur, rends-nous semblables à ton cœur, largement ouverts, pour que nos frères puissent y trouver un chemin qui mène à Toi.

Olivier Coutor

MOT D’ENVOI

En écho à cette parole de Jésus entendue aujourd’hui, s’étonnant de l’inquiétude de ses parents: « Ne saviez-vous pas qu’il me faut  être chez mon Père ?», écoutons ces mots de Khalil Gibran, poète libanais,  ils nous invitent à une belle ouverture et confiance :
« Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont l’appel de la Vie à elle-même. (…) Vous pouvez leur donner votre amour  mais non point vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées. (…) Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetées. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ; Car de même qu’il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.  »

Oui, allons dans la confiance d’être, chacun sur notre chemin, mus par le grand amour du Père. Appelons cette foi qui donne la joie.

Myriam Glorieux
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