Des profondeurs du métro

Cri et louange. Les Psaumes oscillent entre ces deux pôles, avec de multiples variations :  colère, détresse, abandon, confiance... La même gamme de sentiments qui inspire les psaumes d’aujourd’hui écrits à l’initiative de notre Atelier Actualité. Jacqueline Casaubon relit ainsi le célèbre « De profundis »

Métro parisien, ligne 1Métro parisien, ligne 1

Cri et louange. Les Psaumes oscillent entre ces deux pôles, avec de multiples variations : colère, détresse, abandon, confiance…
La même gamme de sentiments qui inspire les psaumes d’aujourd’hui écrits à l’initiative de notre Atelier Actualité.
Jacqueline Casaubon relit ainsi le célèbre « De profundis ».
D’autres essais suivront.

PSAUME

Des profondeurs du métro
Metro 4
Dans les sous-sols de la ville,
Une foule d’hommes et de femmes
Cheminent, courent et se traînent,
Tant de gens qui vont et viennent,
Sans visage. Perdu, leur regard…
Ailleurs… Si loin.
Chacun dans sa tour.

Et toi, Seigneur, où es-tu ?

On nous bouscule, on se bouscule,
Solitude, Peur et Angoisse s’entrechoquent,
Claquent leurs semelles sur le sol,
Dans une marche infernale. Toujours la même rengaine…

Je crie vers toi, Seigneur.
Tant de gens que je croise,
Qui ne se regardent plus,
Que je ne reverrai plus.
Mystère… Quel sens à tout cela ?
Ça vacille.

Où es-tu, Seigneur, je t’appelle,
Grand est mon désarroi !

Métro 8Les métros bondés
Les SDF dans les escaliers,
C’est toujours pareil.
Mais non… Voilà que ce n’est plus pareil.
Voyageurs d’un soir,
Passagers inconnus, Ils me deviennent proches.
Sans leur regard, ils me font voir,
Sans leur parole, ils me parlent.

Grâce à eux,
Mon cœur s’est creusé,
J’entends plus grand que moi,
Je suis avec eux autrement.
En les ignorant,
C’était toi alors que j’ignorais.

En les regardant autrement,
Je me suis regardée
Et tu étais là

Moi aussi, tant de fois, je suis ailleurs,
Sans porter de casque audio sur la tête.
Je ne suis pas là où je devrais être.
J’en ai après moi…

Un temps… Où plus obscures que les tunnels… Sont nos nuits.
Un autre temps … Une lumière les éclaire.

Et je crie encore vers toi, Seigneur,

Je te demande une chose
Et elle est importante !
D’être habitée, tous les jours de ma vie,
Par le désir d’aimer, comme des frères,
Parce qu’ils sont mes frères, ceux que je rencontre.
D’être témoin de ta présence dans l’humanité en devenir.

Tu le peux, Seigneur, car rien d’humain ne t’échappe.

 

Jacqueline Casaubon, 19 février 2014
Pour la prière de mercredi soir 26 février à St Merry

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1 Commentaire

  •  » Quel sens à tout cela ? »
    Comme vous dites bien que c’est Lui, l’Autre, grâce à qui notre vie retrouve du sens, une responsabilité commune en nous souciant les uns des autres.

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