Dimanche 10 mai. « Je suis le chemin »


Lectures : 5e dimanche de Pâques

Célébration préparée par André, Bernadette, Isabelle, Jesús, Lucie

Accueil

Bonjour et bienvenue dans cette liturgie. Lors de la préparation, deux textes ont retenu notre attention.
Les Actes des Apôtres (6, 17) : l’Église du Ier siècle s’organise, vous avez-dit service ?
Et l’Évangile de Jean (14, 1-12).  « Comment aller vers le Père ? », demandent Thomas et Philippe. Jésus ne répond pas : faites ceci ou cela, ni adhérez à telle ou telle croyance. Non, réponse étrange de Jésus : « Je suis le Chemin… ». 
Nous vous proposons donc, comme annoncé, de nous retrouver en petits groupes six-six et, après lecture du site et des commentaires, de réfléchir ensemble aux deux questions posées. Écrire ensuite un texte reflétant vos réflexions sur le site (saintmerry.org), onglet « lire ensemble les textes du dimanche » et « divers commentaires ». Bel échange et belle célébration.

Isabelle Pépin

Psaume 32

écouter le psaume

Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Jouez pour lui sur la harpe à dix cordes
Chantez-lui le cantique nouveau
Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
Il est fidèle en tout ce qu’il fait

Il aime le bon droit et la justice
La terre est remplie de son amour
Dieu veille sur ceux qui le craignent
Qui mettent leur espoir en son amour
Pour les délivrer de la mort
Les garder en vie aux jours de famine

Actes des Apôtres 6, 1-7

C’est un texte célèbre. Il s’agit de l’établissement d’un ministère nouveau. Dont la nécessité se fait sentir « chemin faisant ». Il s’agit du service des tables, le service quotidien. Face à l’urgence et aux récriminations du groupe des hellénistes, un ministère nouveau se crée, s’institue : celui, historiquement, qu’on appelle les diacres. Originairement instauré pour le service des tables, peu à peu, le diaconat prend une couleur liturgique et actuellement est réduit à cela, la plupart des cas. Après le concile Vatican II, on a restauré ce ministère qui, depuis des siècles, était devenu un pas vers la prêtrise. Pour un certain nombre des personnes, le diaconat est devenu une manière d’avoir une visibilité, voire une légitimité, dans la communauté liturgique. D’où la floraison d’aubes immaculées et d’étoles flamboyantes. On confond souvent la liturgie avec l’opéra… comique. Dans certaines communautés, comme celle de St-Merry, on se demande à quoi sert un diacre. La prédication, les commentaires des textes bibliques sont faits par des membres de la communauté, sans nécessité du « diaconat ». La distribution du pain eucharistique ? Idem.  Les baptêmes ? Les deux ou trois fois l’an où ils ont lieu, ils sont faits par le président du jour, après avoir participé longtemps à l’avance à la préparation dudit baptême.
Au fur et à mesure que le temps passe et se fait le chemin, des ministères nouveaux peuvent apparaître nécessaires et alors il y a lieu de les créer. De même, voir avec le temps leur inutilité. Qui se souvient encore des sous-diacres ? Et pourtant l’organisation liturgique d’avant Vatican II les demandait. Ils ont disparu, même si dans l’ordination en vue du sacerdoce, les ordres mineurs et donc le sous-diaconat, restent.
L’innovation est donc indispensable, comme on le voit dans le texte des Actes. Pour créer des nouveaux ministères et pour pouvoir mettre le point final à d’autres.

Jesùs Asurmendi

Questions à vous petits groupes de 6×6 réunis pour partager, à vous aussi qui êtes « isolés » 

Quels sont aujourd’hui les ministères à créer ?
Quels sont aujourd’hui les ministères à supprimer ?
Ou autre question liée :
« L’écoute des discriminations au sein des premières communautés les a conduits à inventer collectivement des missions nouvelles pour une vie plus fraternelle. »
Quels enseignements tirons-nous de ce texte des Actes ?

Alléluia

Écouter : Alléluia messe de la St Jean (musique : L. Boldrini)

Évangile Jn 14, 1-12 : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie »

Tu es le chemin…
Jean vient de relater les paroles de Jésus annonçant sa passion ; quelques versets après, Il dit à ses disciples « que votre cœur ne soit pas bouleversé… Je vais vous préparer une place auprès de moi dans les demeures de mon Père ». Mais pas tout de suite : « je reviendrai vous rechercher… Pour aller où je vais, vous connaissez le chemin » ; une provocation pour les faire réagir ?
Thomas et de Philippe interrogent Jésus. Thomas, le pragmatique, lui qui croira à la résurrection de Jésus, pourvu qu’il mette la main dans la plaie de son côté, une approche qui nous parle : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Philippe, le disciple de Jean-Baptiste, à la recherche du Dieu du peuple juif avec les exigences de purification pour y parvenir ; pas étonnant qu’il pose à Jésus la question « qui est le Père ? », une représentation sans doute éloignée du Dieu rigoriste de Jean-Baptiste. Jésus, en retour, répond à Thomas et Philippe avec le même leitmotiv « je suis dans le Père et le Père est en moi ».

Ravenne (Italie), mosaïque de l’Ancien palais épiscopal, V-VI s

Jésus est donc le chemin pour aller vers le Père. Mais qui dit chemin, dit cheminement dans la durée et le temps. Il faudra que Jésus ressuscité apparaisse à ses disciples pour qu’ils comprennent qui Il est, quel est son message. Il faudra que les disciples de retour à Emmaüs, marchent aux côtés de Jésus sans le reconnaître, sauf au moment de la fraction du pain, au moment de ce partage qui leur fait tout à coup comprendre eux aussi que c’est le Christ qui marchait et les enseignait. Quelles sont les étapes de notre chemin où nous avons reconnu le Christ ? Combien il nous a fallu de temps pour accéder à sa connaissance, puis à le perdre à nouveau pour y revenir !
Et puis second message, imbriqué dans le précédent « les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres ». Combien il est difficile pour certains de se représenter Dieu Père, notre expérience du père n’ayant pas toujours été celle d’un père aimant, miséricordieux. Au-delà de cette difficulté, l’évangéliste insiste sur l’amour réciproque et permanent qui existe entre Jésus et son Père. À son imitation, c’est notre relation intime avec Jésus qui nous conduit au Père, une relation tout aussi concrète dans l’amour de nos frères, comme Jésus l’a sans cesse manifesté. Cette intimité, souvent peu tangible, nous conduit à « faire les œuvres que Jésus a faites », parce que nous croyons en Lui, en nous imprégnant de son vécu, que nous méditons dans les évangiles, au fil de nos années. 
La place préparée par Jésus n’est-elle pas aussi dans ce cheminement concret de nos implications et nos moments de relation avec Lui ; les disciples d’Emmaüs disaient après l’avoir reconnu, « Notre cœur n’était-t-il pas tout brûlant en nous tandis qu’il nous parlait sur la route » ?
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » dit le Seigneur. 

Une question à vous petits groupes de 6×6 réunis pour partager, à vous aussi qui êtes « isolés »

Quels sont les moments où sur notre chemin, nous avons cru reconnaître le Christ ?

André Letowski

Chant : Tu es le chemin

écouter (paroles : C. Barbey – musique : JM Duménil)
Pour partir en voyage, vers la nouvelle terre
Il nous faudra quitter le pays de nos pères et te trouver
Tu es le chemin, Tu es la vérité, Tu es la vie
1/ Toi, l’homme-CHEMIN, que l’on découvre pas à pas, enseigne-nous tes sommets enneigés
2/ Viens, marche avec nous, que nous parlions en VÉRITÉ, évite-nous les sentiers embrumés
3/ Oui, brise le pain que dans ta mort tu as pétri, indique-nous le versant de la VIE

Il a habité parmi nous

On dit souvent de l’évangile selon st Jean qu’il est spirituel, théologique ou encore symbolique en comparaison des trois synoptiques que sont Matthieu, Marc et Luc. Le fait que st Jean soit également l’auteur du livre de l’Apocalypse renforce cette idée que nous serions face à un texte dépassant les autres en profondeur par la pénétration de ses visions, la construction des longs discours du Christ ou le vocabulaire spécifique qu’il utilise. St Jean, de l’avis de beaucoup, est l’évangile mystique par excellence. Pourtant, à bien des endroits, il insiste sur le caractère concret, presque prosaïque des paroles du Christ. C’est le cas du passage que nous lisons aujourd’hui. 
Face aux remarques de Thomas et Philippe, Jésus prévient toute velléité de séparer les paroles qu’il prononce de la réalité qu’elles désignent. Or c’est une tentation constante de la vie spirituelle : se séparer de la réalité concrète du monde pour se réfugier dans une vie intérieure sans lien avec la pesanteur du quotidien le plus banal. C’est la grande difficulté de la lecture de l’Écriture : y voir trop vite une signification symbolique ou spirituelle quand elle désigne d’abord une expérience concrète à l’intérieur de laquelle se déploie le don de la grâce.
Dès la genèse cette situation est exprimée dans le deuxième récit de la création : Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol, il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. L’homme est inséparablement modelé de la poussière, « glébeux », irrémédiablement matériel, et vivant du souffle de vie,animé d’une puissance spirituelle, divine et qui constitue ce qu’il est de manière indivisible : l’humanité voulue par Dieu. Aucune de ces deux dimensions ne peut lui être retirée sans anéantir ce projet divin, et il n’y a aucun moyen pour l’homme de comprendre ce projet sans prendre en considération la totalité de ce qu’il est : corps, âme et esprit.
Chez St Jean, l’alternance de phrases mystérieuses (pour aller ou je vais, vous savez le chemin puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu) et de répliques presque cinglantes (Moi je suis le chemin, la vérité et la vie, personne ne va vers le Père sans passer par moiIl y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe ! Qui m’a vu a vu le Père) nous donne parfois l’impression d’une douche écossaise. Jésus ne veut pas que ces disciples comprennent la vie spirituelle comme un chemin initiatique dont les degrés seraient jalonnés de questions amenant incessamment de nouvelles questions. 

Pour Jésus, la vie spirituelle de ses disciples passe par la rencontre la plus concrète de son humanité : Moi, je suis le cheminqui m’a vu a vu le Père. Nous ne sommes pas ici dans un discours symbolique : Jésus désigne lui-même la réalité de sa relation quotidienne avec ses amis comme la manifestation la plus immédiate de la présence divine. Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe !cette exclamation de Jésus fait toucher du doigt la souffrance de celui dont toute la vie aura dévoilé la présence de Dieu au cœur de l’humanité et qui se heurte à la tentation perpétuelle de vouloir rejeter Dieu au loin : Éloigne-toi de moi car je suis un homme pécheur ! dit Pierre au Christ chez st Luc. 

Reléguer Dieu loin de soi dès qu’il se manifeste trop précisément est la grande tentation de la vie spirituelle. La vie intérieure devient dès lors ou déconnectée de la réalité ou au contraire focalisée sur une réalité vidée de toute transcendance. C’est ce contre quoi le pape nous met en garde et qu’il désigne par le gnosticisme ou le pélagianisme (Gaudete et Exultate). Le Christ qui se révèle dans l’évangile de st Jean ramène sans cesse à la nécessité de vivre le don de Dieu dans la contemplation de l’unité du Verbe fait chair. Il n’y a pas de Christ hors de la réalité matérielle de la chair, il n’y a pas de rencontre de Jésus sans entrer dans le concret de l’incarnation.
St Jean conclura son évangile en disant : c’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. L’insistance de l’évangéliste sur la vérité de son témoignage est l’écho de la révélation du Verbe incarné : la foi n’est pas une vie intérieure isolée, elle est se manifeste dans la vie de ceux qui croient, c’est-à-dire dans leurs œuvres. La foi produit les œuvres et les œuvres suscitent la foi :si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Le Christ nous invite donc plus que jamais à la contemplation de son humanité transfigurée, de sa vie de ressuscité. L’Église, jour après jour cherche à comprendre ce mystère et elle le fait dans ce qu’elle manifeste elle-même du Christ : une réalité humaine et divine à la fois, un corps vivant de la grâce et la manifestant au monde. Qu’elle soit faible et elle-même marquée du péché de se membres ne disqualifie pas sa sainteté dans la mesure ou la sainteté est toujours reçue de Dieu lui-même. Mettre à distance le corps pécheur serait aussi mettre à distance le lieu de la grâce.

C’est ainsi que nous chantons dans la nuit de Pâques : Bienheureuse faute qui nous valut un tel rédempteur.
Résistons donc toujours à mettre loin de nous le corps du Christ, son humanité concrète et quotidienne au risque de nous éloigner purement et simplement de sa présence. Qui m’a vu a vu le Père.

P. Alexandre Denis

Prière universelle

Pour les hommes et pour les femmes
Pour les enfants de la terre 
Ton Église qui t’acclame vient de confier sa prière.

écouter le refrain

Tu es le chemin Seigneur, qui nous libère de la peur. 
Pourtant comme Thomas et Philippe, nous nous posons plein de questions et craignons le proche avenir ; comme eux, nous aimerions des réponses, mais plutôt confortables. Dans le même temps, beaucoup d’actes de solidarité et d’engagements bénéfiques émergent et rendent la situation plus vivable. Pour que tu nous éclaires à reconnaître et à participer plus encore à ces élans de solidarité, à oser mettre en œuvre les inévitables changements à venir, nous te prions Seigneur.    (Lucie)

Tu es le chemin, Seigneur,
 … avec ces milliers d’acteurs en marche pour un monde plus respectueux de notre planète, de sa biodiversité et pour la défense des peuples à vivre dignement de leur terre. De Vandana Shiva en Inde, qui a bâti Navdanya malgré les grands semenciers au monopole planétaire, cette ferme biologique, première banque de graines avec un vaste réseau de distribution gratuite et d’échanges, à tous ces acteurs de projets innovants, solidaires inspirants et éco responsables qui poussent à Paris ou au Brésil pour le reboisement des forêts au nord de Rio avec l’Institut Terra, tu nous mets en marche vers la vie. Que ce contexte inédit que nous traversons soit l’occasion d’un véritable changement de chemin dans nos habitudes et nos comportements souvent si peu respectueux du vivant, nous t’en prions Seigneur.    (Bernadette)

Tu es le chemin, Seigneur.
En cette période difficile pour notre santé mais aussi pour notre socio-économie, des entreprises font ou vont faire faillite. Ce sont alors des salariés sans emploi et des chefs d’entreprise (souvent petites et moyennes) qui prennent en pleine figure l’échec de ce qu’ils ont construit. Désespérés, ils ne savent comment rebondir. Pourtant sur leur route, d’autres chefs d’entreprise, réunis dans plusieurs associations nationales, s’impliquent pour les accompagner en leur permettant de rebondir, en tant que personne, mais aussi pour s’impliquer à nouveau dans l’économie, et notamment pour certains, créer une fois encore des emplois. Pour poursuivre et intensifier cet élan de solidarité et de reconstruction, nous te prions Seigneur.   (André)

Seigneur, mercredi dernier, nous enterrions … virtuellement ! … des personnes isolées que nous accompagnions au sein de notre association d’aide ; nous avions demandé aux employés des pompes funèbres de glisser dans leurs cercueils les poèmes que nous avions choisis pour leur rendre hommage. Ils ne sont plus  « un mort dans une statistique »,  mais bien une personne, avec un nom, une histoire, une vie. Prions ensemble pour eux et aussi pour tous pour ceux qui les ont accompagnés. (Jean-Louis Lecouffe)

Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui perdent pied en cette période où des allocations n’arrivent plus, où des procédures s’accumulent sans qu’on sache comment faire quand les guichets des administrations sont inaccessibles, où les impayés s’accumulent, et où l’horizon se bouche, générant des angoisses toujours plus grandes face aux incertitudes. Pour qu’ils trouvent auprès d’eux des personnes pour les écouter, les comprendre et les aider. (Jean-Philippe Browaeys)

Chant : Pèlerins au départ

écouter le chant (paroles : M. Ginot / musique : L. Boldrini)

Pèlerins au départ, sur le pas de la porte, 
Quittez le repas du Seigneur
Délaissez vos parvis, car l’Esprit les emporte
L’Évangile est gravé dans vos cœurs

La messe est dite sur le monde, 
La vigne attend les vendangeurs
Le champ de blé les moissonneurs, 
La récolte s’annonce féconde

Maintenant dispersés, vous restez solidaires,
La paix a besoin d’artisans
Annoncez à tous vents, par-dessus les frontières :
Tous égaux et chacun différent !

Qui pourrait mesurer, au sommet de l’espace
Jusqu’où peut s’étendre la vie ?
Jésus-Christ a donné pour un peuple innombrable,
Sur la croix, son amour infini

Et l’équipe de préparation…

Pour prolonger

Pour faire passer le feu

d’un cœur à l’autre

nul mouvement de notre part

et que le feu surtout lui-même ne cille pas

simplement attendre

la fraction de seconde

où rien ne bouge

sur la terre

Francis Coffinet

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10 commentaires

  • Le groupe priére dans la ville a ce mardi partagé le texte du dimanche « Je suis le chemin… »; ci-dessous quelques phrases au fil du partage :
    -« je suis le chemin », la Vie et la Vérité ne sont jamais statiques, grâce à cette idée de « chemin »
    – Saint-Augustin l’interprète « Je suis la voie qui cherche les voyageurs ». Les chemins sont des lieux de rencontre, d’échange avec d’autres chercheurs. La foi est une vérité qui s’expérimente sur les chemins de la vie.
    – La foi s’incarne, elle se teste, elle se confronte aux réalités et aux doutes. La foi met debout et en marche sur les chemins.
    -J’avoue que j’aurais aimé changer ainsi la parole du Christ : « je suis le chemin VERS LA VERITE », c’est ainsi que je la lis !!!
    – « Si vous ne me croyez pas , soyez du moins autour des oeuvres elles même ». C’est au Bien réel qu’une personne fait autour d’elle que l’on décèle qu’elle est habitée par l’Esprit.
    – Par ces 3 mots il définit le mystère de la Sainte trinité : Un mystère qui nous est ici révélé à travers l’évangile de Jean. Le Christ est le chemin, le Saint Esprit la Vérité et Dieu le Père la vie dont tout est issu. Mais chacun des 3 est les 3 en même temps : Chemin, Vérité et vie. Ils sont indissociables.
    « que votre cœur ne doit pas bouleversé » » et  » dans la maison de mon Père il y a de nombreuses demeures « .
    – La notion de père est un concept difficile à notre époque, mise à mal, et pourtant il y a une attente énorme de sens .
    – A relire cet évangile, il me touche car j’y entends les mots d’adieu d’un maître plein d’attention et de sollicitude pour ses disciples, il se fait proche d’eux par des paroles qui s’efforcent de susciter chez eux foi, force et réconfort. Promesse, comme à ses enfants, de partir nous faire une place et revenir nous chercher. Réponses humbles à leurs questionnements qui sont aussi les nôtres, aussi ingénus que ceux de Marie lors de l’annonciation « oui, mais comment cela va-t-il se faire? » Humilité, proximité …et véritable pédagogie…
    – « Puisque vous me connaissez, vous connaitrez aussi mon Père (…) celui qui m’a vu, a vu mon Père… »
    – Le Christ par son incarnation est en effet plus accessible pour moi alors que le Père me paraît plus distant. Cette parole m’invite à rencontrer le Père, me rassure et m’installe en quelque sorte dans une relation avec le Père que je maintenait à distance…
    – « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place? »

  • Types de ministères spécifiques à créer, qui soient officialisés par l’Église, naturellement sans distinction de sexe et à durée limitée couvrant les fonctions suivantes:
    – Visites dans les prisons
    -Aide aux sans-abris et aux autres personnes dans le besoin
    – Accueil des migrants
    – Diffusion de la Parole via les circuits et les supports modernes
    -…
    Bernadette et Bruno

  • Quelques mots (car a priori nous ne pouvons pas tout retranscrire ici) de notre 6X6 avec des membres du groupe whatsapp « Partage du Mercredi » et du groupe du zoom du mercredi soir.
    Ministères et missions nouvelles
    *Aujourd’hui, nous sommes dépositaires du message chrétien : avoir l’esprit de mission, c’est adapter constamment.
    Notre mission est de faire envie (« voyez comme ils s’aiment », « croyez au moins les œuvres ») par l’acceptation de l’autre, la recherche commune. Notre nourriture spirituelle : ensemble et maintenant.
    Être missionnaire, c’est aussi garder l’esprit missionnaire entre nous au sein de la communauté.
    Que serait cet esprit, sinon la fraternité ?
    *Ne questionnons pas les ministères pour les ministères, mais contemplons « Jésus le chemin » pour recevoir les ministères à inventer ou à supprimer.
    *Le service de la table -les tâches concrètes d’organisation-, pour que les autres restent au service de la prière et du partage de la parole. Les autres ne sont pas là dans la communauté sans rien faire. Dans ce monde frileux, on se plaint sans arrêt, on critique les responsables. Dans notre communauté, on peut être content aussi de se décharger sur les responsables. Mais nous ne devons pas rester sans rien faire : demeurer au Service de la prière et du partage de la Parole.

    Quels sont les moments où sur notre chemin, nous avons cru reconnaître le Christ ?
    *Je reconnais le visage du Christ dans des gens qui font des choses comme ferait le Christ. : services, dévouement auprès des plus pauvres. À travers des témoignages de vie donnée, j’ai pu percevoir quelque chose de Jésus.
    J’ai cru reconnaître le Christ il y a longtemps en la personne de mendiants.
    On reconnaît le Christ après coup, souvent longtemps après, jamais sur le moment. Le temps de confinement a du bon : il nous fait comprendre que nous sommes stupides de ne pas nous aimer. On s’est mis à mieux écouter la parole des autres et c’est là aussi que se trouve une forme de présence du Christ. On retrouvera d’autant plus la joie de la rencontre après.
    *Devant le mystère de la souffrance et de la mort, je pense au Christ crucifié. À la mort, à l’isolement, la solitude devant la mort : c’est dans ces moments-là que j’ai pu reconnaître le Christ. C’est à travers les autres que quelque chose de Jésus me touche. J’ai compris qu’à travers les autres et ceux qui souffrent, je peux croire que c’est Jésus qui est là, qui souffre à travers eux. Cette croyance me rend la vie supportable.
    Dans l’expérience la plus humaine et la plus difficile à vivre, vivre ma foi aussi en l’Espérance que l’homme peut faire un pas, pour se mettre un peu debout.
    On peut faire de la souffrance, des Pâques. S’abandonner à. Que ta volonté soit faite !
    *J’ai rencontré le Christ d’abord dans la souffrance familiale : le Christ était un frère, mon ami. Puis je l’ai rencontré dans le Mouvement Eucharistique des Jeunes, puis plus tard dans l’expérience du Renouveau Charismatique. Puis plus tard, le Christ s’est révélé tout autrement encore dans l’Action Catholique. Chaque fois, sur mon chemin, par ces différents engagements, je l’ai rencontré. Ma foi a évolué, s’est transformée. Accueillir la foi de l’autre, ne pas imposer ma manière de croire, permettre à l’autre de faire son chemin dans la foi. Y compris au sein d’une même communauté.
    *Il y a deux chemins en un :
    – faire l’unité dans nos vies au service de la table et des solidarités humaines
    – et rester assidu à la prière et au service de la parole de Dieu.
    Pouvoir unifier notre vie, c’est une chance qui nous est donné parce que nous sommes chrétiens.

  • Un huit-huit très riche, et chacun après a reformulé.
    Sur le texte du Livre des Actes des Apôtres :
    « Cet épisode des actes des apôtres relate un souci dans la vie concrète de la communauté, la réponse qui y ait apportée est marquée par la mentalité de l’époque dans laquelle, en particulier la domesticité était très importante et la hiérarchie dans le monde religieux juif, une évidence.
    Maintenir des usages sclérosés est une question. La société a évolué, l’Église est restée sur place, marcher sur le chemin de tous les jours, c’est aussi s’adapter aux modifications du monde.
    « Dans ma réflexion pour préparer, j’ai choisi les 2 premières questions sur les ministères :
    – faut-il lister les besoins pour les définir, mais aussi les figer ? Je n’ai pas les connaissances pour évaluer ce qu’il faut garder ou supprimer, mais c’est dans la forme que je souhaiterai des modifications :
    – pas de sacralisation.
    – des rôles pour un temps limité établit d’avance.
    – jamais une seule personne, binôme, trinôme, groupe, (hommes et femmes, jeunes et vieux…) selon le rôle à assurer.
    – être « redevables  » des actions, décisions, pas seulement vers le haut mais aussi vis à vis de la base. »
    « Était-ce une si bonne idée de séparer les ministères entre ceux qui sont habilités à parler et ceux qui sont spécialisés dans le service au frère ? Après Vatican II, les monastères ont renoncé à la séparation entre moines de chœur et frères convers, et cette relecture intéressante pourrait aussi traverser l’église séculière. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de Vérité intangible, une fois pour toute, comme un bloc qui nous surplombe : la Vérité est un Chemin de Vie, une expérimentation dans le temps et l’espace. »

    « Mon étonnement : ce grand nombre de prêtres juifs qui s’adjoignent aux apôtres ( fin du texte des Actes) , n’est-ce pas une des racines (catastrophique) de l’influence sacerdotale de l’ancien Testament sur le christianisme et du cléricalisme ?
    Et s’il fallait inventer des ministères pour aujourd’hui, je dirais :
    – Un ministère du « prendre soin » ( de la communauté et de chacun des membres ) remplaçant le presbytèrat et ses pouvoirs sacrés.
    – un ministère de la communication et du partage
    En supprimant le diaconat. »

    « Savoir adapter l’intuition des premières communautés chrétiennes à notre temps. Reconnaitre nos besoins, en Eglise, ne pas se réfugier dans des solutions trouvées au premier siècle, oser inventer les services nécessaire. Ne pas séparer ceux qui servent et ceux qui annoncent la Parole. Prévoir des services « tournant » ? »

    Anne, Bernadette, Blandine, Isabelle, Jean-Luc, Marie-José, Michel, Philippe

  • Suite du 8×8, sur l’évangile de Jésus Christ selon Saint Jean :

    « Pour moi ce qui me frappe c’est Jésus chemin, il est en route, il n’est pas une vérité figée, et c’est avec lui que nous pouvons cheminer un peu au jour le jour comme les disciples d’Emmaüs. »

    « Ce chemin que nous propose, Jésus, le Christ interdit à tout homme de dire – j’ai la vérité -. »

    « – Je suis le chemin, la vérité, la vie – : je le comprends comme – je suis une vérité qui s’expérimente sur les chemins de la vie -. La foi est incarnation, ce dont témoigne toute le vie de Jésus. La foi n’est pas une vérité immuable au sens dogmatique, mais une vérité / quête de sens qui s’expérimente, se confronte, se vérifie, se confirme. Et sur ces chemins, on se met en marche, on avance, on se trompe, on rencontre, on échange, on partage, on s’éclaire comme sur le chemin d’Emmaüs.

    Non évoqué pendant le partage, cet épisode qui m’a toujours paru « bizarre »: Jésus a commencé sa vie publique avec Jean Baptiste, mais il s’en est vite détourné, une forme d’expérimentation comme évoqué ci-dessus. En d’autres termes, Jésus a expérimenté le message de JB et son incarnation (la façon de vivre de JB), et en a conclu que ce n’était pas son « truc » (je ne sais pas quel mot employer). Ce qui tendrait à montrer que même pour Jésus, la vérité est recherche. »

    « J’aime que cette phrase – Je suis le chemin, la vérité et la vie – soit dans cet ordre, car la foi est pour moi d’abord un chemin, un mouvement vers l’autre et avec l’autre. C’est ainsi, dans cet accompagnement, qu’on peut marcher vers la vérité, c’est à dire « l’Autre », le Père‌ et ce, pour une Vie élargie, partagée avec mes frères de route. Pouvoir partager en vérité, c’est vraiment « dehors », sur les routes et pas dans nos églises fermées. »

    « Merci de votre initiative, ces idées nouvelles sont autant de fleurs qui rendent le chemin vivant. »

    Anne, Bernadette, Blandine, Isabelle, Jean-Luc, Marie-José, Michel, Philippe

  • Ce texte a suscité dans notre petit groupe les réflexions suivantes :
    – La communauté écoute les besoins, bien réels, terre à terre pourrait-on dire, du moment présent. Elle les discute en assemblée, et cherche des solutions. Dans le texte, l’Esprit semble favoriser l’entente, (dans tous les sens du terme), et l’unanimité. Il n’y a pas de priorité dans les besoins.
    – Il n’y pas de hiérarchie entre les disciples serviteurs de la prière et de la Parole, et les personnes appelées à être « serveurs de table ». Celles-ci sont choisies par l’assemblée parmi des hommes (ou femmes ?!) « remplis de foi et de l’Esprit Saint ».
    – « la valse blanche des hiérarchies » peut-on lire dans un article de Sylvain Tesson (Le Monde 28 avril 2020). Le besoin d’unités Covid , fait que tout le monde met la main à la pâte. Ils « forment une troupe dont les éléments disparates et cloisonnés se côtoyaient sans se connaitre. Le virus a eu le mérite de faire sauter les cloisons »
    – Les apôtres imposent les mains aux personnes appelées. Ils les envoient en mission. Nous avons évoqué la différence qu’il y a entre un envoi en mission (prière, imposition des mains, place de l’Esprit Saint), et l’attribution d’une fonction.
    Marie-Louise, Martine, Isabelle, Philippe, Myriam, Pia, Elena, Jean-Luc

  • Groupe de 6×6 de l’atelier familles
    Tout d’abord le partage à partir du texte d’évangile
    « Tiens, Il était là », une réflexion que plusieurs d’entre nous ont formulé ; ils ont reconnu le Christ après coup dans les actions conduites, ou plus exactement dans l’autre, dans les autres que nous avons écouté au
    hasard de la vie, avec qui nous avons partagé. Chemin faisant…Des étincelles de lumière qui sont ancrées dans nos vies.

    Bien sûr nous avons aussi rencontré le Christ dans la méditation, la solitude comme Jésus sur la montagne, les échanges en communauté, le témoignage de personnes, des haltes sur le chemin. Nous avons approfondi la façon de L’approcher dans des ouvrages de « théologies » ou de témoignages.

    « Mon éducation chrétienne a fait que le Christ était une évidence, mais aussi une abstraction », une réalité bien différente du Christ que je reconnais dans l’autre, fil rouge de ma relation. Ce qui n’occulte pas le doute, la difficulté de rendre aujourd’hui tangible cette relation.
    Au fil du temps ces reconnaissances se sont beaucoup diversifiées au rythme des étapes successives sur ce chemin de vie ; elles nous font grandir.

    Le chemin : si beaucoup ont quitté l’Eglise qui leur parait « hors circuit », et même si Jésus ne semble plus leur parler, ce n’est pas pour autant qu’ils ne sont plus en chemin. Jésus demeure plus grand que l’Eglise dit Pagola. Celui qui aime ne peut se tromper et se perdre en chemin dit encore Belley.

    Par ailleurs comment affirmer que nous chrétiens avons la Vérité à laquelle tous doivent se soumettre, alors que Jésus a dit « Je suis le chemin, la Vérité… » et pas je suis la Vérité. Dieu ne peut-il parler autrement par l’islam, le bouddhisme… ! N’y-a-t-il pas beaucoup de demeures dans la maison du Père ! Jésus a de fait manifesté une grande ouverture en direction de non-juifs.

    Alors avec qui j’entre en relation ? Avec Dieu, le Christ ou l’Esprit Saint ? En fait les 3 personnes distinctes, mais pas dans notre acceptation « terrestre » » parce qu’elles sont aussi Une dans l’amour de Dieu. Et puis « si vous Me voyez, vous voyez le Père ».
    « Il m’importe qu’il y ait le Christ incarné dans les gens comme nous, à l’image du Christ, capables de lui ressembler, pour partager son projet »

    Le partage à partir des Actes des apôtres

    Ce que disait le pape François dans son homélie du jour aux évêques « priez, porter la Parole, plutôt que de courir à organiser », ce qui est aussi le message de ce jour dans la lecture des Actes.

    Des ministères à créer : celui du care, de la solidarité, celui aussi de l’œcuménisme (en souffrance à St Merry). Mais doit-on parler de ministère sous l’angle de fonction attribuée, ce qui risque d’aboutir à des catégories au sein du peuple chrétien (le prêtre devenu sacré du fait qu’il est seul à distribuer les sacrements, alors qu’il n’est pas à part, mais toujours membre de la communauté des laïcs, des humains). Nous pensons devoir privilégier l’approche de coresponsabilité ; ne sommes-nous pas coresponsables laïcs et prêtres de l’annonce de la Parole ?

    Au fil de notre histoire, nombre de « valeurs » ont bougé : l’obéissance se transforme en coresponsabilité, la mission à vie en mission à durée limitée, la pauvreté en solidarité et puis il y a la place des femmes, autant d’éléments à prendre en compte dans notre langage de foi et dans notre gouvernance.
    Comment concilier les besoins et l’approche d’une communauté de base et celle de l’Eglise universelle ? Comme s’écouter alors que l’approche de notre communauté peut différer de celle de l’autorité ecclésiale ? L’attitude d’amour, la relation de confiance est le socle de cette construction commune. On ne peut accepter que le prêtre devienne le bouc émissaire, tout comme on ne peut partager si chacun n’ose pas aller au-delà de ses convictions. S’interroger en relisant le souffle de l’évangile parait une voie qui devrait prendre le pas sur les problèmes d’institution.

    Qui plus est dans les Actes, c’est la communauté, en prière sous le souffle de l’Esprit, qui décide l’élection de 7 disciples affectés à de nouvelle tâches.

    Quel projet a notre communauté dans le dialogue avec l’autorité ecclésiastique ? Quelle mission imaginons-nous, alors que nous sommes au centre de cette ville capitale et métropole ? Comment travaillons-nous avec d’autres affrontés aux mêmes préoccupations pastorales ? Quel est notre chemin, à la fois empreint d’une histoire, à la fois affronté à l’avenir (âge des membres de notre communauté est tel qu’elle est amenée à disparaitre) ?

    Le CPHB n’a certes pas de statut civil ou religieux ; alors serions-nous des migrants sans papier ?
    Notre préoccupation n’est pas le lieu, les pierres qui constituent l’édifice, mais bien une mission originale à reformuler, en lien avec une église diocésaine ouverte sur le monde où nous sommes incarnés et avons responsabilité de porter le message de Jésus.

    Anne, Marguerite, André, Bruno, Michel, Robert

  • Je suis le chemin la vérité et la vie.
    Echange zoom Clément, Thérèse, Jean-Baptiste, Alexandra, Sandra, Lucie et Martine (déconnectée).

    1ere lecture Les Actes

    – les veuves sont-elles les « Maries » de Marthe et Marie, les râleuses, qui réveillent la communauté. Ci après annexe proposée par Clément sur Marthe et Marie.
    7 hommes : aujourd’hui on dirait 7 « personnes ». On pourrait partir sur ce thème des ministères des hommes et des femme. L’évidence de ce sujet que l’ont dénonce depuis 50 ans est trop connu pour qu’il nous apporte encore d’en débattre. Laissons mourir ce qui doit mourir. L’évangile trouvera d’autres issues. Nous partagerons la parole hors de ces « grabas ».

    – Questionnement sur le lien et la séparation possible entre le sacrement qui parle d’un lien éternel avec Dieu et le ministère qui peut être à durée déterminée, d’ou une refonte des sacrements et ministères. On peut souhaiter pour l’éternité, vivre dans le lien avec Dieu, dans un engagement de dévouement et placer cette volonté de lien dans le cadre d’un sacrement. Celui-ci peut correspondre dans la vie à différents , plusieurs et/ou successifs ministères, fonctions, métiers…

    – Ce texte inscrit la communauté chrétienne dans une évolution, qui répond aux tensions et aux besoins existants. Visiblement l’église d’avant rencontrait des problèmes, nous aussi et demain encore… Le chemin est sinueux, il n’est pas tracé d’avance. Il passe par la bonne volonté, la bienveillance, la connaissance, la foi…

    Lien entre les deux textes semble être l’articulation entre le concret et le divin, entre les œuvres et le Père, et ça permet de dépasser les clivages, comme celui de Marthe et Marie, agissant/pensant. (pourquoi Marie râle-t-elle ?)

    Les deux textes parlent des particularités de chacun, des compétences, à un moment donné, de chacun. Ces compétences ne sont pas les mêmes pour tout le monde et peuvent évoluer pour chacun dans une vie.
    Il y a beaucoup de « demeures » : des places pour chacun, le nom de chacun est inscrit dans la main de Dieu. Mais à l’inverse aussi : Dieu nous habite, il a donc beaucoup de demeures, autant qu’il y a de ministères possibles. Il habite chacun avec ses compétences, ses fonctions, ses changements.

    L’Evangile de St Jean résonne pour chacun :

    – Chemin, vérité et vie sont indissociables. La définition de Jésus nous est donnée dans ce triptyque existentiel indissociable.(Chaque face se renvoie l’une à l’autre pour expliquer « Je suis »). Il n’y a pas de vie sans déplacement, la vérité (sens de notre vie) se discerne dans une trajectoire (chaotique à cause de nos choix mortels) vers notre Galilée, point de la réalisation-accomplissement de notre être en plénitude où nous a donné rendez-vous ce à quoi aspire l’intime de chacun, l’Amour d’aimer et d’être aimé, cet endroit que nous a montré Jésus à travers tous ceux qui depuis se sont affirmés disciples.

    – Cheminer et œuvre : le vivant est dans le chemin. Et cheminer ensemble ravive notre foi.
    « Christophe André, quelqu’un qui me relie à ma foi chrétienne, sa vie, ses œuvres, témoignent de l’existence de Dieu ».
    Oeuvrer/être parfait ? : l’écart entre ce qu’on voudrais être et la réalité est douloureux. Dans cet écart on rencontre le Christ « qui a pris notre humanité ». Personne n’est parfait et quand Jesus guérit les paralytiques, ils repartent avec leur « grabas », leur imperfection… et pourtant ils sont passés par le miracle du Christ !
    Travailler avec des ados cancéreux, où l’issue du chemin est parfois inévitable, met en lumière que le cheminement est le lieux de vie. L’objectif n’a pas d’intérêt en soi. C’est le chemin qu’on parcoure ensemble qui est important/vivant. Oeuvrer c’est être vivant sur le chemin ?

    Dans cette crise et le confinement, nous sommes comme les disciples, nous voudrions avoir un objectif clair. Il n’y en a pas. Nous devons cheminer. C’est là que nous sommes vivant. Le chemin est flou. Il est fait par moi et par l’environnement et les autres. Je ne suis qu’un élément de mon cheminement. Le chemin c’est être vivant en vérité, et l’oeuvre est une question de perspective de ce chemin dans l’après-coup. Dans Liste de Schindler ou A wonderfull life le chemin louvoie entre le bien et le mal. Comme certains artistes qui n’ont aucune idée de l’oeuvre finale et qui ne sont que dans l ‘écoute du geste, du moment présent.

    La prière universelle a « évoluée » aussi : nous avons partagé nos préoccupations
    Pour ceux qui souffrent depuis très longtemps et par centaines de milliers d’épidémies ou de maladies qui entravent leur vie. Bien avant le Covid et bien loin de notre occident.
    Pour ceux dont les projets naissants sont détruits par le Covid.
    Pour que l’insécurité ne nous confine pas dans un replis identitaire,
    Pour ceux et même nos dirigeants qui prennent des risques et osent dépasser la peur de la norme juridique.
    Pour que les crises successives que rencontre notre Eglise lui permettre de cheminer en vérité dans une nouvelle dimension vivante.

  • en annexe du commentaire ci-dessus : du Blog de Soeur Michèle

    Luc au chapitre 10 verset 38 à 42

    Cet épisode de Marthe et Marie a été « lu » pendant des siècles comme symbolique de la vie contemplative (Marie) et de la vie active (Marthe). C’était une lecture justificatrice de la supériorité de la première sur la seconde. C’est un bon exemple d’interprétation partiale sinon partielle, faute de connaissance du contexte historique mais aussi d’aveuglement plus ou moins conscient qui favorise des intérêts.
    Comment se fait-il que la situation décrite dans ce texte, qui était scandaleuse pour la société où vivait Jésus n’a pas été perçu ?

    Dans la société où vivait Jésus seuls les hommes pouvait étudier les Ecritures et être le disciple d’un maître. L’attitude du disciple était d’être au pied de celui qui l’enseignait. Les femmes étaient exclues de cela. Et Marie le fait ! En étant assise au pied de Jésus pour l’écouter, elle prend cette place de disciple. Marie la prend et Jésus approuve son choix qui est une transgression du rôle dévolue aux femmes.

    La meilleure part dont parle Jésus est donc, pour les femmes, d’être disciple, une part à laquelle Jésus les autorise, les appelle, auquel il leur reconnait le droit d’aspirer.

    Il ne s’agit donc pas dans ce texte d’opposer l’écoute de Jésus au service de la maison. C’est un texte fort pour dire que rôles, vocations, natures des femmes ne sont pas à enfermer dans les limites de la maison, mais que, de la même manière que les hommes, elles peuvent être disciples. Jésus prend position ainsi contre les discriminations dont étaient victimes les femmes à son époque.

    Contemplons donc cette scène en nous attachant à cette relation étonnante entre Jésus et Marie.

    Regardons Jésus. Comprenons que le désir de son cœur, c’est qu’on prête attention à ce qu’il dit, qu’on l’écoute. C’est cela dont il a besoin, dont il a soif.

    Regardons Marie qui lui offre ce que désire son cœur. Elle lui offre un cœur qui écoute « elle restait à écouter sa parole ».
    Regardons-la désirant cette place de disciple que seul Jésus à l’audace de lui accorder. Regardons-la briser les limites qu’on lui impose.

    Laissons-nous étonner par la transgression que Jésus opère, similaire à tant d’autres qu’il a accompli pour faire éclater tout ce qui limite, tout ce qui enferme, tout ce qui exclut. Suivons-le sur ce chemin de transgression pour les exclusions d’aujourd’hui dans l’Eglise et la société.

  • Tous ces partages me réjouissent profondément : la parole n’appartient à personne, personne n’en a le monopole, elle habite chacun qui la partage à sa façon,, avec ses mots, dans son contexte de vie, et avec d’autres ! « Quand 2 ou 3 sont réunis en mon nom,je suis là au milieu…  » nous dit Jésus.
    N’est-ce pas cela la parole vivante ? N’est-ce pas l’expérience même des pèlerins d’Emmaüs ? N’est-ce pas cela qui devrait être intégré dans toutes nos célébrations ?
    Merci à celles et ceux qui ont pris le risque d’oser nous faire partager la parole alors que nous étions dispersés… vivant toujours le danger de nous enfermer dans notre seule vision personnelle du monde, de la vérité, de la foi !

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