D

Dimanche 12 avril. « Il est ressuscité »

Chant

PEUPLE D’UN DIEU QUI EST JUSTICE K 19-93-1 (Rimaud / Berthier)

Invente avec ton Dieu l’avenir qu’il te donne
Invente avec ton Dieu tout un monde plus beau)

Écouter

Peuple d’un Dieu qui est lumière,
Qui fait lever un jour nouveau,
Tu es lumière pour la terre :
Ne reste pas sous le boisseau.

Peuple d’un Dieu qui fait renaître
Et qui t’engendre pour son corps,
Tu es vivant de ton baptême :
Déjà tu as passé la mort !

Ouvre ton cœur à rendre grâce
Dans l’univers où Dieu t’envoie :
Église heureuse de ta Pâques,
Tu as la charge de sa joie.

Saint-Merry. Christ en Gloire. Jean-Pierre Porcher. 2010

Accueil

Matin de Pâques ! Notre « atelier famille » qui travaille depuis 5 ans, a particulièrement examiné, étudié, médité les textes de la résurrection du Christ, et la lecture spirituelle qu’en font aujourd’hui plusieurs théologiens.
Pour ce dimanche, l’Eglise nous a donné le choix de l’Évangile : celui de l’expérience directe de Pierre et Jean au matin de Pâques, ou celui de la descente à Emmaüs de deux disciples. Dans tous ces récits de résurrection, la même observation : ce n’est qu’aux croyants que Jésus se révèle : « ils le reconnurent à la fraction du pain »… C’est ce que nous avait fait découvrir notre recherche, ainsi que ses conséquences : un retournement, un renversement – comme tous les textes de ce jour en témoignent… Fini l’éparpillement de la communauté, mais un dynamisme nouveau, puissant, qui entraînera Pierre, puis Paul, à témoigner sur toutes les routes du monde.

Une célébration préparée par Anne, Hélène, Mireille, Marguerite, André, Bruno, Michel, Robert, avec le concours de Catherine, Marie-Laurence, Marie-José/Jacques, Jean-Louis, Jean-Philippe, Laurent, et nos prêtres Alexandre et Jean-François

Vous trouverez ici les lectures du jour : aelf

Alléluia

Écouter : Alléluia de Taizé

Évangile 

Les pèlerins d’Emmaüs  (Lc 24, 13-35)

« Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent« 

    Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
    et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

    Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
    Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
    Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
    L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
    Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
    comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
    Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
    À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
    elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
    Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
    Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
    Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
    Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

Photo : Rembrandt. Les Pèlerins d’Emmaüs. 1620

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »

Photo : Les Disciples d’Emmaüs par Charles Coypel, 1749 & Julie Legrand 2019

À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

   

Chant

Puisqu’il se fait tard, préparons un feu
Et reste avec nous
Parle encore un peu, raconte-nous Dieu
Et reste avec nous.

1. Pourquoi mes mains ne s’ouvrent plus ?
Pourquoi mon corps se traîne ?
Pourquoi mes mains ne s’ouvrent plus ?
Dis-moi, dis qui tu es ? (bis)

2. Pourquoi mon cœur ne comprend plus ?
Pourquoi mes yeux se ferment ?
Pourquoi mon cœur ne comprend plus ?
Dis-moi, dis qui tu es ? (bis)

3. Pourquoi ce soir tu m’as parlé ?
Pourquoi tes mots m’apaisent ?
Pourquoi ce soir tu m’as parlé ?
Dis-moi, dis qui tu es ? (bis)

4. Et puis tu as rompu le pain
Pour le manger ensemble
Et puis tu as rompu le pain
Oui, je sais qui tu es. (bis)

5. Mes mains, tu les as ouvertes,
Mon corps danse la fête
Et mon cœur brûle à tous tes mots.
Oui je sais qui tu es. (bis)

Trois commentaires

Les Saintes Femmes devant le tombeau vide, par Giuliano Amidei, v. 1470.

 « Au premier jour »

Ce matin-là, ils ne sont que trois, désorientés. C’est au cœur du tombeau vide que l’intelligible prend sens : « Il vit et il crut. »
Étrange Semaine sainte où nos repères se sont dérobés après un Carême bousculé.

Thomas Fougeirol, Between nowhere and Goodbye. Installation Saint-Séverin. 2011

Et pourtant ce matin…
Ce matin est le premier jour de l’histoire de notre foi. Car tout commence à l’aube de cette journée de Pâques. C’est bien la Résurrection, l’expérience de ce matin-là, vécue seulement par quelques femmes – bien que Jean n’évoque lui que Marie de Magdala – et quelques hommes qui a révélé à la petite communauté de Juifs reclus et terrifiés par ce procès inique et la mort de leur ami Jésus, l’inouï et l’indicible de Dieu.
Expérience extraordinaire, bouleversante. À charge pour ces femmes et ces hommes de la faire connaître au monde entier. De faire passer le monde des ténèbres à la lumière, du tombeau à la vie. Dès lors on assiste à un double mouvement. Retour sur la vie de Jésus, écriture des Évangiles au 1ersiècle ou plutôt réécriture de ce que les hommes qui l’ont connu, rencontré, entendu parler de l’homme Jésus en ont pu saisir à travers les récits des uns et des autres. Et désir impérieux, nécessité vitale de témoigner, de partager l’inattendu, de rendre l’incompréhensible évident. « Il vit et il crut. »
Seule devant le tombeau vide, Marie-Madeleine voit mais ne croit pas. Après cela, alors que Jérusalem est encore dans la nuit, Marie-Madeleine entame sa course folle vers Pierre et Jean. Quels sentiments l’animent alors ? L’incompréhension ? Elle semble croire à un vol, la panique devant ce qui très probablement la dépasse ? Le besoin de partager cela avec d’autres ? L’intuition peut-être que quelque chose est en train d’arriver ? Tout cela à la fois ? Elle court vers ceux qui, comme elle, ont vécu aux côtés du Christ, ont pressenti que cet homme n’était pas tout à fait comme eux tout en les rejoignant au plus profond de leur humanité. Dans son désir et la nécessité qu’elle a de les retrouver, je vois naître la première communauté chrétienne.
Puis, ensemble mais chacun à son rythme, les deux disciples parviennent à leur tour au tombeau, chacun approche le cœur du mystère à sa façon et il est donné à un seul de croire après avoir vu.
L’histoire s’est mise en place ce matin-là. « Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ».
C’est à partir de là que tout a pris sens. « L’absence est devenue signe, le vide un lieu de sens ».
Le contexte actuel, où la mort frappe à nos portes, où beaucoup de nos proches vont se retrouver en situation de précarité économique, où des fragilités psychologiques surgissent là où ne les attendait pas, nous interroge. Dans nos vies bouleversées, à l’horizon brouillé, où trouver des signes de la Résurrection ?
Alors, comme les premiers apôtres ce matin-là, tournons-nous les uns vers les autres pour faire communauté, pour donner sens à notre humanité.

Bénédicte Renard

 « Dieu a besoin de nous »

Cette apparition de Jésus aux disciples d’Emmaüs semble comme nous dire : Jésus a besoin de nous. A des pèlerins dépités, à ces femmes ayant couru au tombeau, à ces compagnons ayant fait l’épreuve du vide, Jésus offre sa présence. Il leur demande une vraie adhésion de foi. Pour être envoyés aux extrémités de la terre, les signes du Royaume doivent avoir été reconnus.

L’eucharistie est toujours ce moment où une assemblée se constitue, se confie au Christ, se tourne vers le Père. Comme pour ces deux disciples d’Emmaüs, toute assemblée liturgique se met alors à écouter et à partager la Parole en vérité, en élargissant sa prière aux besoins du monde. Elle rend grâce pour le Christ devenu présent : l’hospitalité des pèlerins devient celle de Dieu. Bien plus, les disciples en partagent le bonheur à d’autres. Ils reconnaissent ce désir déjà présent en eux, qui ne peut être totalement satisfait aujourd’hui. Raison de plus pour en redécouvrir le sens et la beauté.

Plus que jamais, nous avons besoin de refaire l’expérience d’un Dieu proche, capable de rassasier toutes les faims, qui ne nous abandonne pas. Communier, c’est alors chanter que l’impossible vient d’arriver. C’est devenir le Peuple des Ressuscités. C’est annoncer le printemps du monde. Laissons nos yeux s’ouvrir sur ce monde qui vient, même si nous sommes encore dans l’adversité.
Photo : Les EpouxP. Cyanotype. 2020

Jean-François Petit

« Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent » (Luc 24, 31)

Les disciples d’Emmaüs expriment à cet inconnu avec qui ils marchent, combien leur déception est grande. Ce Jésus, « prophète, puissant par ses actes et ses paroles, devant Dieu et le peuple », a été crucifié, alors qu’ils étaient persuadés qu’Il allait délivrer Israël.

Ils ne sont pas les seuls à vivre cette désespérance ; ce fut la débandade des disciples proches après l’arrestation et la mort de celui qu’ils suivaient assidument depuis plusieurs années.

Revenons à ces marcheurs qui sont déjà à 2 heures de Jérusalem ; ils n’ont pas reconnu Jésus, marchant physiquement à leurs côtés, « parce que leurs yeux de chair étaient par eux-mêmes incapables de voir ». Mais ils étaient happés par la relation établie avec Jésus dans cette marche lente, empreinte de complicité, au point de l’inviter à rester avec eux.

C’est Jésus qui a pris l’initiative de se faire reconnaitre, comme Il l’a fait dans toutes ses apparitions après la résurrection ; aucun des disciples ne l’a reconnu par lui-même ; certes Jean dira avoir cru dès qu’il a vu les linges posés dans le tombeau vide. Notez, point important, que Jésus ne se fait pas reconnaitre par les foules, mais seulement par ses proches disciples.

Comment les disciples d’Emmaüs le reconnaissent-ils ? Par le geste de la fraction du pain, qui leur rappelle un moment très fort qu’ils ont vécu avec Lui. Et alors, le décryptage des Écritures pendant la marche devient aussi révélation : non seulement le sens des écritures, mais aussi l’évidente réalité, ce Jésus est vivant. Et à ce moment de la reconnaissance, Jésus disparait à leurs yeux.

Quelle est la conséquence de cette reconnaissance ?

Et que font-ils ? Sur le champ, en fin de soirée alors qu’ils avaient prévu de dormir au village d’Emmaüs (ils n’attendent pas le lendemain), ils retournent à Jérusalem annoncer aux disciples, discrètement réunis, cette formidable Bonne Nouvelle. Surprise, les onze et leurs compagnons aussi ont reconnu Jésus ressuscité, apparu à Simon Pierre.

Photo : Caroline Chariot-Dayez. Brûlants au dedans. 2013

Première expérience d’Église que ce partage de la reconnaissance du ressuscité, qui les amène à comprendre l’enseignement et les actes de Jésus, qui est, sans doute possible, l’envoyé de Dieu. Mais il faudra encore bien du temps pour « digérer » l’immensité d’un message que chacun et chaque groupe « culturel » (les Juifs, les Grecs, les Romains…) entend dans sa propre chair (la diversité des propos tenus dans les évangiles en sont témoins) et est appelé à partager dans la foi, en communauté d’Église.

Quel beau témoignage, que celui de Pierre à Césarée chez un centurion Romain, lui hier renégat, boosté par l’apparition de Jésus, pour aller sans crainte apparente vers les foules inconnues ; il exprime alors tout ce qu’il a compris de la vie de Jésus, manifestant avec force que c’est Dieu qui a fait de Jésus son messager privilégié et l’a ressuscité. Pierre, comme tous ceux qui ont été appelés et ont vécu avec Jésus, est immanquablement poussé à témoigner.

Pour donner un juste témoignage, encore faut-il que les vieux ferments de levure, qui sont en nous, soient éradiqués, dit Paul aux Corinthiens. C’est vrai aussi que, sans l’éclairage de l’Esprit, nos yeux sont incapables de Le reconnaitre. Mais Paul affirme aussi qu’« un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ». Le basculement que nous connaissons avec cette épidémie sera-t-il levain nouveau, occasion d’ouvrir les yeux sur le fonctionnement de notre société, celle d’engager une réflexion partagée qui se traduira par nos implications, puisque Dieu a besoin de nous pour agir en ce monde ?   

André Letowski

Lecture des Actes des Apôtres (Ac 10, 34a.37-43)

« Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts »

En ces jours-là,
quand Pierre arriva à Césarée
chez un centurion de l’armée romaine,
    il prit la parole et dit :
    « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs,
depuis les commencements en Galilée,
après le baptême proclamé par Jean :
    Jésus de Nazareth,
Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance.
Là où il passait, il faisait le bien
et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable,
car Dieu était avec lui.
    Et nous, nous sommes témoins
de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem.
Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice,
    Dieu l’a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se manifester,
    non pas à tout le peuple,
mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance,
à nous qui avons mangé et bu avec lui
après sa résurrection d’entre les morts.
    Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner
que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.
    C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage :
Quiconque croit en lui
reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Psaume (Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23)

Épître de Paul (1Co5, 6b-8)                                                     

Prière universelle

Urgences, réanimation, soins intensifs, soins palliatifs, avec le coronavirus, on ne sait plus très bien à quel moment le proche que l’on aime et que l’on ne peut voir, meurt vraiment. Cette épreuve remet en question bien des conceptions tranchées sur la fin de vie. Nous te prions, avec les larmes de Jésus auprès de Lazare, pour ceux qui meurent seuls, dans les services surchauffés des hôpitaux, avec au mieux la seule main attentive d’un soignant, et aussi pour ceux qui vivent l’épreuve du confinement alors que l’être aimé, décédé parfois dans la commune voisine, est transporté anonymement dans l’entrepôt frigorifique de Rungis en guise de chambre funéraire, en attendant une crémation, qui ne pourra sans doute pas voir lieu avant quinze jours. Pourtant, la force éclatante de Pâques nous habite, nous transporte non pas au-delà des malheurs, mais là où nous nous trouvons, car ton Royaume est bien ici. Seigneur, roule la pierre qui obstrue la confiance et la joie de notre résurrection en toi.

Prions pour toutes les personnes affectées par des pathologies psychologiques ou psychiatriques qui sont actuellement très fragilisées et désorientées par le confinement, qu’elles trouvent malgré tout des personnes apaisantes avec qui échanger et garder des repères. Prions notamment pour Hervé, séropositif et bipolaire, qui vit actuellement des phases extrêmes et ne parvient plus à se gérer.

Partageons une pensée d’amour pour nos amis de Gaza qui subissent la double peine de la menace du coronavirus et de la poursuite du blocus israélien qui entrave la prise en charge des malades.

Photo : Khaled Dawa. Compressed 2015

Beaucoup d’associations et d’administrations d’aide aux plus démunis ont fermé leurs portes le jour du confinement et n’ont pas rouvert depuis, « délaissant » ainsi des personnes hors d’état de se protéger (art. 223-3 du code pénal). Prions pour que, à l’instar des soignants de notre pays, les salariés et les bénévoles de ces associations et de ces administrations reprennent leur travail de soutien à ces personnes, et les aident à se protéger au moins au même niveau que le reste de la population de notre pays.

Seigneur nous vivons une Apocalypse, la révélation des forces (dévouement, courage, solidarité, bienveillance…) et les faiblesses (égoïsme, argent roi, frénésie de consommation, pollutions…) de notre monde. Après cette épreuve, qui ébranle les fondements de notre civilisation, donne-nous la force de vivre plus sobrement, de crier contre toutes les injustices que le virus a révélées et de bâtir un monde différent, basé sur des valeurs profondes de paix et de fraternité tous azimuts.

Anamnèse

Gloire à toi qui étais mort !

Gloire à toi, Jésus !

Gloire à toi qui es vivant!

Gloire à toi! Gloire à toi ressuscité !

Viens revivre en nous

aujourd’hui et jusqu’au jour dernier.

Anne Gratadour. Résurrection. Saint-Merry. 2012

Envoi

Autour de nous, comment allons-nous ouvrir les yeux et reconnaitre le Ressuscité ? Comment allons-nous vivre ce renversement de la résurrection, ce dynamisme renouvelé de notre être pascal ? Dans un temps où nos rencontres sont limitées, où aussi la mort rôde… c’est l’Esprit qui nous apportera cette découverte – prenons le temps d’y être attentif…

Carole Texier. Foules. 2019

Chant final

Écouter : Il nous précède en Galilée

CatégoriesPrises de parole
  1. Andre atelier familles says:

    Sur les Actes des apôtres,
    J’y découvre un Pierre, enseignant un centurion de l’armée Romaine, expliquant Jésus ressuscité, lui qui se terrait, caché avec les autres disciples, quelques mois avant. L’effet résurrection, à n’en pas douter, l’a conduit à témoigner qui est ce Jésus.
    Pierre explique que c’est Dieu qui est à l’origine de l’enseignement et de l’action de Jésus. C’est ce même Dieu qui lui a donné de combattre et de vaincre le mal, de faire le bien partout où il passait en guérissant, notamment ceux qui étaient sous le pouvoir du mal.
    Ce n’est pas Jésus qui s’est proclamé Dieu ; d’ailleurs selon Daniel Marguerat, un théologien que nous avons travaillé en atelier familles, Jésus ne s’est jamais nommé Messie, Seigneur, ou Fils de Dieu ; tout juste s’est-il désigné comme Fils de l’homme, un propos ambigu. C’est Pilate qui le désignera comme roi des Juifs. Ce sont ses disciples, après Pâques, en relisant sa vie à la lumière de la résurrection, qui l’appellerons Seigneur, ou Christ (terme grec pour Messie).
    Dieu lui a donné l’onction le jour de son baptême par Jean-Baptiste, le faisant son porte-parole, par l’Esprit Saint, ce lien d’un amour total (exclusif mais pas fusion) entre Dieu et Jésus. C’est cet amour total, de Jésus pour Dieu, abdiquant de sa propre valorisation, qui le conduit jusqu’à la condamnation à la croix comme « mauvais sujet » de Dieu, par son propre peuple, ce qui est un comble !
    Et par qui passe cette onction, par Jean-Baptiste dont Jésus apprécie la recherche spirituelle, mais dont il va pourtant se détacher, privilégiant la miséricorde de Dieu au châtiment imminent pour qui ne se convertit pas.
    Et Dieu était avec Jésus, malgré et dans sa mort d’humain ; échec ? Non ! résurrection pour manifester que le mal est vaincu et continue à l’être, pourvu que nous nous y employions. Cette manifestation de Dieu, pour le croyant qu’est Pierre ou les autres apôtres, manifeste avec force que Jésus est l’envoyé privilégié de Dieu, qu’il nous montre le chemin, qu’il incarne l’espoir et qu’ils ne peuvent taire cela.
    Remarquons que Jésus ne s’est pas manifesté à la foule, mais très concrètement à ceux qui pouvaient appréhender le sens et la force de son message.
    C’est aussi là un des résultats que je retiens du partage au sein de l’atelier familles : nous avons été appelés, nous ne pouvons-nous taire. Reste, comment oser exprimer cette conviction que le mal est vaincu et notre chemin vers Dieu balisé pour nous et nos frères humains.
    André

  2. Andre atelier familles says:

    Résurrection et confinement sont antinomiques.
    La Résurrection c’est le retour à la Vie ; la Vie est faite de relations.
    Aujourd’hui, c’est le Résurrection du Christ que nous célébrons.
    Le Christ s’est alors manifesté dans des relations de proximité, qu’il s’agisse le l’accompagnement des deux disciples sur la route d’Emmaüs (s’il avait été porteur du covid 19, il aurait eu largement le temps de contaminer ses compagnons !), ou des femmes qui lui saisirent les pieds (Mt XXVIII-9 ) ou encore Mt XXVIII-18 : Jésus s’approcha d’eux. Lors de la double réunion (sans Thomas, puis et avec Thomas) dans une maison verrouillée, ils ne sont certes pas très nombreux, mais c’est quand même un rassemblement qui serait proscrit en temps de pandémie.
    Il y a bien antinomie entre Résurrection et confinement.

    La Résurrection du Christ nous permet de vivre dans l’espérance de notre propre Résurrection. Nous ignorons ce que sera la vie éternelle ; nous savons que rien ne sera comme avant, encore qu’il soit impropre de parler d’ « avant » concernant l’Eternité.

    Actuellement, nous vivons une parenthèse qui a un petit goût d’enfer (l’enfer, c’est les autres). Si nous aimons notre prochain, nous devons nous éloigner de lui. Toute rencontre avec un humain est vécue comme une menace, un danger de mort que nous devons fuir. En même temps, nous nous savons danger potentiel et nous nous écartons des autres afin de ne pas les contaminer.

    De même que nous vivons dans l’espérance de la Résurrection, nous vivons le confinement avec l’espérance d’un retour à la vie qui pourrait être comme une petite résurrection.
    Mais il dépend de nous qu’il en soit ainsi. Ce ne sera pas une résurrection si nous retombons dans les travers passés. Ce ne sera une résurrection que si rien (ou tout au moins beaucoup de choses) n’est plus comme avant.
    C’est ensemble, et non pas chacun dans notre coin, essayant de tirer notre épingle du jeu, c’est ensemble que nous sortirons de ce mini enfer.
    La solidarité, la bienveillance, le soin de l’autre, devront l’emporter sur la concurrence, la performance, l’oubli des limites. L’argent devra retrouver sa place de serviteur et non plus de maitre.
    A la sortie du confinement, nous serons collectivement beaucoup moins riches ; de cet appauvrissement ferons-nous une chance ? A nous de jouer.
    Robert

  3. Andre atelier familles says:

    La résurrection, « source d’énergie fantastique » des disciples

    L’atelier Familles dans le cadre de ses activités de réflexion et de partages, s’est affronté aux questions relatives à la loi sur la bioéthique, traitant aussi bien de la PMA, que de l’euthanasie, et dans le même temps de la mort de nos proches et de notre propre mort, ce qui nous a aussi conduit à nous interroger sur la résurrection. C’est alors que nous avons plus particulièrement travaillé 4 théologiens : Daniel Marguerat, Joseph Moingt, José Antonio Pagola, John Spong. Suite à leur lecture et à nos échanges en atelier, nous avons tiré quelques points communs à ces 4 auteurs de travaux approfondis, que nous vous proposons sous forme de méditation.

    Quelques points de cadrage tout d’abord :

    -Aucun texte ne se cale sur une approche historique, qui donnerait crédibilité à la mort puis à la résurrection. On peut seulement se référer aux témoignages d’historiens ou écrivains de l’époque relatifs à des croyants, dans un Jésus qui est mort sur une croix et serait ressuscité.

    -Tous affirment que les textes des évangiles, écrits au moins 50 ans après les faits (sauf l’épitre aux Thessaloniciens écrit par Paul en 51), l’ont été pour enseigner une communauté spécifique et donc s’adapter pédagogiquement à cette communauté, ce qui met en cause une lecture littérale ou biographique.

    -Jésus ressuscité n’est apparu qu’aux croyants (apôtres et proches avec qui il a cheminé) et pas aux foules comme lors de sa vie publique, avec une exception Paul de Tarse, qui a tant contribué ensuite à l’explicitation du message de Jésus.
    Ce n’est pas les disciples qui prennent Jésus sous leur regard quand ils le veulent, mais selon leur témoignage, c’est lui qui fait appréhender sa présence, devenue invisible, telle qu’elle restait gravée dans leur mémoire…Nous en avons conclu que seul l’Esprit Saint peut nous faire « voir » le ressuscité, et nous conduire à croire en Lui.

    Qu’a provoqué la résurrection de Jésus

    1 La résurrection a été un détonateur et une source d’énergie fantastique, qui les a conduit à poursuivre l’enseignement de Jésus jusqu’au martyr. Que s’est-il donc passé en eux ? Difficile à dire ; le constat est cette fantastique énergie qui en résulte.

    2 L’impact de la résurrection sur leurs vies s’est traduit par une longue maturation pour relire les enseignements et la vie de Jésus ; ils ont alors compris qui Il est, quel est son message, ce qu’il n’avaient pas compris au moment de leur vécu avec Jésus.

    3 Une vision différente, qui dépasse notre compréhension
    Spong « L’histoire de Jésus, y compris la narration de sa Résurrection, est une invitation à voyager au-delà des limites humaines, au-delà des conceptions humaines, dans une expérience que nous appelons Dieu, qui n’est pas au-dessus du ciel, mais qui se trouve au contraire dans les profondeurs de la vie. »
    4 Ils ont alors lié résurrection et la certitude que ce Jésus est le Fils de Dieu (Dieu l’a ressuscité), installé dans la gloire de Dieu ; tout ce qu’il a été, manifeste à la fois cette filiation spirituelle forte et le fait que sa vie se poursuive comme médiateur privilégié, chemin vers Dieu.

    5 Ce qui fait dire que la mort de Jésus n’est pas le sacrifice voulu par Jésus pour nos péchés, mais qu’il faille en passer par la mort pour Vivre.

    Et donc un message ouvert sur la vie et l’altérité, offert à tous
    Un texte beaucoup plus complet est à votre disposition dans la lettre N° 143 ou auprès de andre.letowski@free.fr

  4. Andre atelier familles says:

    Tout est inédit cette année.
    L’an dernier N.Dame brûlait, symbole pour certains de notre Eglise qui brûle.
    Cette année nos églises sont vides, fermées et nous sommes « confinés » à l’extérieur à cause d’un virus qui peut nous rendre malades ou même nous tuer. Nouveau symbole de la maladie de notre église, dénoncée par le pape François, et de notre monde qui génère injustices, peurs, déshumanisation. Cette épidémie ne cessera pas miraculeusement, elle crée une « intranquilité »( V.Margron) qui nous incite à la vigilance et à la réaction.

    Eglises vides, tombeau vide au matin de Pâques, le rapprochement vient vite à l’esprit. Jésus est désormais vivant et nous accompagne discrètement et indéfectiblement si nous savons le voir.
    Et pour nous aujourd’hui ? Un monde nouveau sera à inventer, on ne reviendra pas en arrière, ou alors ce serait vraiment mortifère. Nous sommes surement invités à une conversion, au renouvellement de nos pratiques qui ne parlent plus tellement à nos contemporains. Sortir de nos églises pour cheminer avec ceux qui n’attendent plus rien de nous, mais qui ont peut-être des attentes à partager avec nous. Rechercher ce qui a fait que les disciples ont pu reconnaitre la résurrection de Jésus, au travers de ses pratiques, de ses enseignements. Il a fallu pour cela un temps de maturation, jusqu’à la Pentecôte.
    Ce moment de « sevrage »de nos pratiques habituelles devrait être providentiel pour nous aider à chercher de nouvelles voies, humblement.
    Marie-Jo et Jacques

  5. Andre atelier familles says:

    La fin d’Oncle Vania de Tchekhov. oratorio de Sonia

    SONIA. – Que faire ? il faut vivre ! (Une pause.) Nous vivrons, oncle Vania ! Nous vivrons une longue série de jours, de longues soirées. Nous supporterons patiemment les épreuves que nous enverra le destin. Nous travaillerons pour les autres, maintenant et dans notre vieillesse, sans connaître le repos. Et quand notre heure viendra, nous mourrons soumis. Et là-bas, au-delà du tombeau, nous dirons combien nous avons souffert, pleuré, combien nous étions tristes. Et Dieu aura pitié de nous. Et tous deux, nous verrons, cher oncle, une vie lumineuse, belle, splendide. Nous nous en réjouirons, et nous rappellerons avec une humilité souriante nos malheurs d’à présent. Et nous nous reposerons. Je crois à cela, mon oncle ; je le crois, ardemment, passionnément… (Elle se met à genoux devant lui, pose la tête sur ses mains, et d’une voix lasse.) Nous nous reposerons ! Téléguine joue doucement de la guitare.
    SONIA. – Nous nous reposerons ! Nous entendrons les anges. Nous verrons tout le ciel en diamants ; nous verrons tout le mal terrestre, toutes nos souffrances, noyés dans la miséricorde qui emplira tout l’univers ; et notre vie deviendra calme, tendre, douce, comme une caresse. Je crois cela, oncle ; je crois… (Essuyant les yeux de son oncle avec son mouchoir.) Pauvre, pauvre oncle Vania, tu pleures… (Les larmes aux yeux.) Tu n’as pas connu de joies dans ta vie, mais patiente, oncle Vania, patiente… Nous nous reposerons… (Elle l’embrasse.) Nous nous reposerons ! Le veilleur frappe ses planchettes. Téléguine joue doucement. Maria Vassilievna écrit sur le marges de la brochure. Marina tricote son bas.
    SONIA. – Nous nous reposerons ! Le rideau descend lentement
    Marie-Laurence

  6. Jean-Philippe B. says:

    Le tombeau est vide…. Et alors ? Si on a volé son corps, alors il faut le retrouver. S’il est ressuscité comme son ami Lazare, alors on sera content de le revoir et de continuer à le suivre. Et d’autres continueront à le rejeter et même… à le trahir, … à le condamner. Mais il ne s’agit ni de l’un ni de l’autre. C’est une offre adressée à chacun d’entre nous à vivre de la même vie que la Sienne. Certes, Jésus est ressuscité, … mais. .. NOUS AUSSI … déjà et bientôt ! Alors, on comprend le choc chez ceux qui croient! C’est dingue! Non, Jésus n’est pas ressuscité comme Lazare. Rien à voir. Car cette résurrection nous concerne. Ça change tout!

  7. Marie José Ledru says:

    Nous étions bien éloignés les uns des autres durant cette semaine, et pourtant je sens mon coeur vivant, oserai-je dire brûlant, comme les disciples d’Emmaüs, tant nos célébrations furent riches, vraies, prolongées par de nombreux articles.

    Merci à tous ceux qui ont travaillé à ce moment si important, pour les cérémonies , mais aussi à Jean François Petit pour son billet quotidien ancré dans nos réalités.

    Merci à Pierre Sesmat pour ses décryptages des arts anciens et à Michel Micheau pour l’ouverture sur l’Art contemporain.

    Merci aux artistes avec lesquels se sont noués des liens lors de nos diverses expositions qui ont accepté de contribuer à notre réflexion sur les événements actuels, confinement, Covid, mais aussi expérience de foi.

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.