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Dimanche 15 novembre. « Beaucoup nous est confié. Risquons ! »

Face à la tentation du repli sur soi et de la peur, Dieu nous appelle à inventer de nouvelles initiatives, à tenter, à risquer nos talents. Un appel à être créatif.

Lire les lectures du jour : lectures du dimanche 15 novembre

Partage de la Parole préparé par le pôle Arts et particulièrement le Collège des Arts Visuels : Nathalie T., Marie-José L., Marie-Thérèse J., Pierre S., Michel M, Anne R.B., Bernadette C.

Accueil : un appel à agir, à être créatifs

Les textes de ce dimanche sont un appel à ne pas rester endormis : « Soyons vigilants et restons sobres » nous dit Saint Paul dans sa lettre. Ce sont les fruits du travail, de l’œuvre et de l’action qui sont célébrés ; ceux de la femme du livre des Proverbes, mais surtout dans la parabole des Talents, ceux des serviteurs qui ont osé, et qui ont fait fructifier leur talent.
Accepter le don de Dieu, quel qu’il soit, pas identique pour tous, c’est oser le risque. C’est essayer de vivre la parole de Dieu de façon nouvelle. C’est agir pour la faire fructifier.
En cette période de confinement, où la tentation de repli sur soi , de crainte est grande, Dieu nous appelle à inventer de nouvelles initiatives, à tenter, à risquer nos talents. C’est un appel à être créatif. Alors, risquons !

Nathalie T.

Lecture du livre des Proverbes (30, 10-13, 19-20, 30-31)

Une femme parfaite, qui la trouvera ?    
Elle est précieuse plus que les perles !
Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources.
Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine, tous les jours de sa vie.
Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers.
Elle tend la main vers la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau.
Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux.
Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange.
Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

Psaume : Heureux le serviteur fidèle, Dieu lui confie sa maison

Écouter le psaume : Psaume 127 d’André Gouzes

Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies  
Tu te nourriras du travail de tes mains : heureux es-tu ! À toi, le bonheur.

Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, 
et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur.
Que le Seigneur te bénisse tous les jours de ta vie !
Et tu verras les fils de tes fils. 

Lecture de la première lettre de Paul aux Thessaloniciens (5, 1-6)

Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur,
vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre.
Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit.
Quand les gens diront : « Quelle paix ! quelle tranquillité ! »,
c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux,
comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper.
Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres,
ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur.
En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ;
nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres.
Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres.

Alléluia : Messe de Rangueil

Évangile selon saint Matthieu (25, 14-15, 19-21) lecture brève

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit :
‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’»

Inventez des voies nouvelles pour faire grandir la Vie et le Royaume

La parabole des talents est la dernière du grand discours eschatologique qui, dans l’évangile de Matthieu, conduit à la Passion. Et comme dans les précédentes, la chute est terrible et sans pitié pour le pauvre serviteur pris en faute et devenu inutile. Ce qui s’explique sans doute par l’exposition, qui suit immédiatement, de ce que sera le Jugement dernier selon les chrétiens des premiers temps.

Tout aussi déstabilisant, alors qu’il ne cesse de le critiquer, Jésus fait appel à l’argent comme paramètre démonstratif pour faire passer son enseignement. Et même aujourd’hui, on pourrait dire qu’il donne les méthodes du capitalisme en exemple. Ne dénonce-t-il pas la rente stérile, comme le talent qui dort inutilement au fond du trou ? Il nous incite surtout à oser investir ce qui nous est confié, et pas seulement comme dans une banque qui garantit un intérêt. Il nous invite à davantage : risquer notre vie pour faire avancer le Royaume, inventer des voies nouvelles pour faire fructifier les dons de l’Esprit. C’est un éloge de l’imagination, de la créativité qui n’est pas réservée aux seuls artistes, même si le mot « talent », dans notre culture, désigne particulièrement un don artistique. Saurons-nous renoncer au confort du repli sur soi ? Oserons-nous, comme dit Paul, être des « fils de la Lumière » ?

Jésus dénonce aussi une fausse approche de Dieu qui confond la crainte dont parle le psaume, et la peur devant un Dieu terrible et tétanisant. C’est pourtant l’image que l’Église a trop souvent répandue pendant des siècles en l’adossant à la frayeur du jugement et de l’enfer. Ici, on le voit bien, c’est le « mauvais serviteur » lui-même qui s’est forgé cette image négative alors qu’il aurait pu retenir la générosité de son maître qui lui confie un véritable trésor, un talent valait environ 25 kilos d’or (1,335 millions d’euros, soit 72 ans d’activité pour un Smicard ou 49 ans d’activité pour « une infirmière ou un infirmier médian »). Est-ce que l’idée que nous nous faisons de Dieu est un obstacle ou une libération ?

Dans les autres textes de ce dimanche, de façon aussi étonnante, un autre thème apparaît, celui de la femme idéale, celle qui, malgré les douleurs de l’enfantement – que Paul met en parallèle avec la brutalité de la fin des temps -, est une « vigne fructueuse » qui donne des fils à son mari, dit le psaume, celle qui, selon les Proverbes, est une parfaite maîtresse de maison et une auxiliaire attentive de son mari, celle qui assure la vie dans la maison. Quel lien peut-on établir avec la parabole des talents ? Cette femme idéale serait-elle un exemple de « bon serviteur » ? Les bons serviteurs seraient-ils en fait de bonnes servantes ?

Pierre S.

Chant : Que pourrions-nous donner ?

Dieu de la nuit venu au plus obscur de toute vie confiée, 
Ouvre-nous à la paix pour laisser ton silence germer en nos saisons

Que pourrions-nous cueillir si tu n’avais semé
Que pourrions-nous cueillir au seuil de nos étés
Que pourrions-nous donner si tu n’avais donné, si tu n’avais donné.

Dieu des aurores découvrant les matins où surgit l’avenir,
Creuse en nous ton désir pour lever le passé d’un monde en création

Paroles : C. Barbey – A. Cabantous. Musique : L. Boldrini

Lulama Jim et Nancy Witbool dans leur jardin communautaire du Township de Philippi, Le Cap, Afrique du Sud
© Courtesy Nicolas Henry, Les cabanes de nos grands-parents, Actes Sud, 2011

Extrait du chapitre « La cabane où viendra la saison des fleurs »

Ici, ce sont les grands-mères qui travaillent dur ! Du temps de nos pères, il y avait moins de maladies car on mangeait les bons produits de la terre.  C’était bien meilleur que ceux du supermarché que de toute façon on ne peut pas se payer. Alors, les mamies se sont organisées. Aujourd’hui, on cultive nos légumes et on les donne aux vieux, aux enfants et aux malades du sida qui manquent de vitamines. « Au début, j’ai failli m’enfuir ! C’était un travail trop difficile. Mais j’ai appris à regarder pousser les légumes et à remercier Dieu. C’est moi qui leur donne vie. En plus, cela me maintient en forme, ça me fait faire du sport ». Les jeunes trouvent ça honteux de s’occuper de sa vache et de son champ. On a dû négocier avec la police pour en avoir quelques-uns avec nous. Ils ont le choix entre le potager et la prison ! Il y en a qui sont de vrais feignants et d’autres qui nous piquent nos légumes. Quand ils sortent de cellule ; ils ont tellement faim qu’ils mangent tout ce qu’ils trouvent. On leur apprend que la nourriture vient de la pluie, de la terre sur laquelle ils marchent. Peut-être qu’un jour ils n’auront plus à voler s’ils apprennent à faire grandir leur propre jardin.

Nicolas Henry, Les cabanes de nos grands-parents, Actes Sud, 2011

Chant : Ne rentrez pas chez vous comme avant

Ne rentrez pas chez vous comme avant,
Ne vivez pas chez vous comme avant,
Changez vos cœurs, chassez vos peurs,
Vivez en hommes nouveaux.

À quoi bon la vie si l’on ne risque pas,
À quoi bon tes dons si l’on ne partage pas
À quoi bon la joie si l’on n’agit pas,
À quoi bon ton jour, si l’on n’accueille pas

Donne ta confiance pour oser nos vies
Donne-nous d’agir pour qu’elles fructifient
Donne-nous ton Jour pour sortir de nos nuits
Donne-nous ton cœur pour accueillir la Vie !

Envoi : « Ne restons pas endormis », agissons !

« Dieu nous confie sa maison »…..
Et vous, quelles initiatives inventez-vous dans ce temps de confinement pour faire grandir la Vie ?
Nous attendons vos contributions en commentaires !

Intentions de prière: agissons encore 

  • En cette journée mondiale des pauvres, ils sont encore si nombreux ceux qui n’ont pas de toit, pas d’eau, pas d’accès à la santé.
    Toi le Christ, tu m’invites à saisir un seul talent qui sommeille en moi pour semer l’impossible et l’incroyable.
  • En cette journée mondiale des pauvres, il est bon que le riche aide le pauvre, mais il est bien plus urgent de créer une société de partage et de justice.
    Toi le Christ, tu m’invites à saisir un seul talent qui sommeille en moi pour semer l’impossible et l’incroyable.
  • En cette journée mondiale des pauvres, on espère que cette journée n’ait plus lieu car beaucoup auront saisi leurs talents pour semer ici, là, partout, l’impossible et l’incroyable.

P. Castaner

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  1. Geneviève PM says:

    La pauvreté et l’eucharistie
    Ce dimanche 15 novembre, journée mondiale des pauvres, une poignée de catholiques manifeste devant les églises. Pour plus de justice sociale ? Non, ça n’est pas la pauvreté leur souci, mais ils veulent obtenir une exception à la règle commune en ce temps de pandémie, pour avoir leur messe dominicale dans leur église. Quelle honte !
    Ne pas accepter de se plier aux restrictions imposées pour la santé de tous (quoi que l’on pense de ce confinement) et prétendre faire exception au nom de leur croyance, me semble tout à fait en contradiction avec l’évangile, j’y vois peut-être même un sacrilège. La présence de Jésus dans l’eucharistie n’est-elle pas spirituelle et liée à la communauté ? Manger l’hostie est un symbole et non une dévoration charnelle ! Autrefois on parlait de la communion de désir. Alors allez-y de votre désir plutôt que de chercher un privilège !
    Jésus n’est-il pas présent dans ces pauvres que le monde entier célèbre ce jour-là ? Ne vaut-il pas mieux mettre son énergie à se battre contre la pauvreté ? À notre porte nous avons des personnes qui vivent ce confinement dans des conditions dramatiques, allant parfois jusqu’à la mort. Relisons Matthieu 25 : « Ce que vous avez fait au plus petit c’est à moi que vous l’avez fait… ».
    Nous les catholiques, nous chercherions Jésus exclusivement dans les pierres de notre église, ou dans la matérialité de l’hostie ! Cette croyance magique n’a-t-elle pas été fustigée par Jésus lui-même ? Pourquoi ne pas le chercher plutôt dans les réunions virtuelles où la parole a toute sa place vivifiante. « Si deux ou trois sont réunis en mon nom… » Ou bien dans les textes et les chants des célébrations sur le site de Saint-Merry .
    Je suis étonnée, voire scandalisée, de n’avoir entendu aucune voix de la hiérarchie ecclésiale, pour s’élever contre cette réaction de nantis.

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