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Dimanche 17 mai. « Je ne vous laisserai pas orphelins »


Lectures du jour : Lectures du 6e dimanche de Pâques

Accueil

Bonjour, à vous de la communauté et à vous qui êtes de passage sur ce site. Chaque semaine, nous nous réunissons pour préparer la célébration du Centre Pastoral Saint-Merry du dimanche matin : partage de la parole autour des textes proposés par l’Église, commentaires, chants, phrase du lutrin. Depuis neuf semaines cette préparation se fait à distance (téléphone, mail, Skype) et nous partageons cette célébration sur le site. Pour ce dimanche les participants aux groupes Carême se sont associés : is ont préparé les intentions de prière et via les accueillants de ces groupes, des échanges autour des textes vont être proposés.

Lecture des Actes des Apôtres 8, 5-8.14-17

En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie.
Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint.

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint »

Nous avons beaucoup échangé sur ce texte. Philippe, l’un des sept diacres choisis pour servir les veuves, part en Samarie pour proclamer le Christ. En Samarie, pas n’importe où, là où vivait ce peuple méprisé par les juifs. Philippe prend les grands moyens, il est aidé et il accomplit des signes : les possédés sont délivrés des esprits impurs, les paralysés et les boiteux sont guéris. Et il y a une grande joie, la Samarie accueille la parole.
Ça ne suffit pas, Pierre et Jean, deux apôtres sont envoyés eux aussi. Quelle énergie, quel enthousiasme. Ils sont les intermédiaires pour que les Samaritains, « seulement baptisés au nom de Jésus », reçoivent l’Esprit Saint. Pourquoi ce qui ressemble à une hiérarchie dès les premières années de l’Église, le peuple, le diacre, les apôtres ?
Ou tout l’inverse : la reconnaissance pour le peuple méprisé qui devient peuple de joie, peuple pour qui l’on prie, peuple qui reçoit la parole, peuple qui reçoit l’esprit. Universalité du message d’amour et rappel des Béatitudes. Parallèle aussi au chemin de croix demandé cette année par François à l’aumônerie de la prison de Padoue avec cette réflexion sur l’enfermement et la liberté en pleine période de confinement.
Pourquoi ce besoin d’intermédiaires ? Aujourd’hui, de quels intermédiaires a besoin l’Esprit Saint pour agir dans le monde, dans ce monde qui ne le connaît pas ? Pouvons-nous être ces passeurs ? Comment ? 

Philippe avec les réflexions de Danièle, Isabelle, Bernard et Jean-François 

Chant : SIGNES PAR MILLIERS (Paroles : Claude Bernard – Musique : Jo Akepsimas)

écouter le chant
Signes par milliers, traces de ta gloire
Signes par milliers, Dieu dans
notre histoire

Pour nous Seigneur, tu as choisi des signes, des signes d’unité :
Le pain de nos travaux, le vin des renouveaux
La table partagée. Dieu, la fête réveillée

Témoins choisis, que nous soyons des signes, des signes d’avenir :
un peuple de croyants, disciples du Vivant
L’Église à découvert. Dieu, soleil sur nos hivers

Par ton Esprit, tout homme soit un signe, un signe de l’Amour :
La source pour la soif, le rire d’un espoir
La paix à fleur de vie. Dieu, lumière d’aujourd’hui

PSAUME 65

écouter le psaume 65 (Dédicace)
Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

ÉVANGILE DE JEAN 14, 15-21

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Un autre Défenseur 

On connaît généralement le Défenseur des droits. Son rôle est d’alerter quand les libertés fondamentales sont en danger et de stimuler les débats publics qui s’imposent. Notamment en ce moment sur la prolongation des mesures liées à l’état d’urgence sanitaire. 
Mais croit-on que l’Esprit Saint, le Christ lui-même, soit notre Défenseur ? Serions-nous en danger ? Si oui, de quoi ? Face à qui ? La vie chrétienne est loin d’être un « long fleuve tranquille ». Les premières communautés, y compris celle de saint Jean, ont pu expérimenter bien des difficultés. Dans notre vie personnelle et communautaire, n’affrontons-nous pas aussi des turbulences ? Le mauvais vent de la discorde interne ou de la relégation du christianisme dans la société ? 
L’Évangile nous permet ici de voir l’impossible : un Dieu qui se fait proche des humains, qui ne les abandonne pas. Mieux : qui donne des ressources pour affronter ce qui heurte les convictions profondes de foi. Cette promesse de l’Esprit Saint – du Paraclet, lit-on dans certaines versions de l’Évangile- encourage à une attitude active, résolue de recherche de la vérité. 
Celle-ci est donnée dans la reconnaissance de la condition de disciples. Elle est commune à tous. Il s’agit bien de promouvoir la foi comme un acte et non comme une idée. C’est donc dans l’écoute de la Parole de Dieu, dont l’Eglise a la responsabilité de l’annonce, qu’on peut faire face aux défis qui, parfois, assaillent la vie des gens. 
En cette sortie du confinement, ils sont nombreux : l’incertitude de l’avenir, le changement de modèle sociétal et la facture grandissante des inégalités. Les chrétiens sont eux aussi touchés de plein fouet. Mais ils savent qu’ils peuvent compter sur Dieu. Avec lui, un monde nouveau commence.

Jean-François Petit

James Coleman, Unsplash

Prières reçues (groupes Carême et personnes de la Communauté)

Seigneur de tendresse
Nous te rendons grâce pour la confiance avec laquelle nous avons échangé sur la prière pendant notre rencontre de Carême, rencontre que nous souhaitons poursuivre car c’est un moment privilégié pour faire Communauté. (Agnès)
Seigneur de tendresse
Période troublée lourde de menaces, période d’incertitude et de confinement, Seigneur, envoie-nous ton Esprit, pour que nous ne cessions d’avancer en eau profonde dans les profondeurs de notre être et que nous sachions transcender la peur en espérance. Seigneur, envoie-nous ton esprit de vérité, pour que nous avancions toujours et encore vers le large, vers un horizon commun, vers une réconciliation avec la nature, vers un foisonnement d’imagination créatrice et solidaire. Seigneur, envoie-nous ton esprit de vérité, et donne-nous la force de nous engager pour prendre notre part à la construction du monde de demain. (Odile)
Seigneur de tendresse, 
Le monde est en mouvement. La pandémie nous oblige à modifier notre comportement. Notre relation avec les autres est transformée par le confinement, mais d’autres apparaissent de façon inattendue grâce à la solidarité. Soyons des passeurs de l’Esprit, qu’il nous aide à inventer sans cesse nos relations au monde qui vient. (Danièle)
Seigneur de tendresse,
« Esprit-Saint, comment Te nommer, Toi qui n’as pas de visage, Toi qui n’es ni le Père ni le Fils mais leur amour. Les mots dont on Te désigne sont ceux qui m’ont toujours séduit : Esprit de vérité, Esprit d’amour. Toi qui les unis en Toi, donne-moi de chercher à les unir en moi. »
Seigneur apaise nos craintes et rend-nous audacieux pour que nous devenions des passeurs d’Espérance. (Isabelle, suite à un texte de Jean Guitton)
Seigneur de tendresse, 
Eucharistos pour tous les jeunes, adultes, anciens qui innovent, créent, seuls ou en associations, pour aider, soutenir, accompagner leurs proches, leurs voisins et des inconnus confinés comme eux. Initiatives nombreuses, chaleureuses ; l’un fait les courses d’un couple âgé, l’autre a acheté une machine à coudre pour confectionner des masques, une autre, ma voisine, cuisine une centaine de repas pour soignants et malades, reliée à des bénévoles qui recherchent des denrées et à d’autres qui les livrent dans des hôpitaux de la région. Et tant d’autres qui nous émerveillent. Le Pape François les appelle « les saints de la porte d’à côté ». Ainsi mettent-ils leur intelligence, leurs bras et surtout leur cœur fraternellement aux services de leurs prochains. Loué sois-tu ! Seigneur de Tendresse. (Geneviève)
Seigneur de tendresse, 
Il y a plus de quarante ans, le cardinal Marty envoyait à Paris-Centre « des prêtres diocésains… et des laïcs » en mission de « poursuivre un travail de recherche (déjà engagé) et (de) prendre les initiatives nécessaires pour réaliser là un vrai service pastoral, original et adapté », fondant ainsi le Centre Pastoral Saint-Merry. Cette mission semble aujourd’hui compromise, obscurcissant le cœur de nombreux fidèles de notre communauté. Aide-les, Seigneur, à surmonter cette épreuve et à poursuivre leur vie de foi dans la communion avec l’Église universelle. (Jean-Philippe)
Et, Seigneur de tendresse, 
Nous te prions pour et avec Laure, Sabine et Geneviève.

Pour finir

« Et il y eut dans cette ville beaucoup de joie »
« …et ils reçurent l’Esprit Saint »
« Toute la Terre chante pour toi, elle chante pour ton nom
« De là, cette joie qu’il nous donne »
« Mais faites-le avec douceur et respect »
« Je ne vous laisserai pas orphelins »
…Prenons soin de nous, prenons soin du monde.

Chant : SOUFFLE IMPRÉVISIBLE (paroles : Claude Bernard – musique : Jo Akepsimas)

Recevoir l’Esprit saint pour être ouverts à l’imprévisible, à la voix qui nous réveille, au vent que rien n’arrête, au ciel de nos rencontres, à la paix qui nous libère afin d’être des signes pour ce monde, aujourd’hui.

écouter le chant

Voix qui nous rassemble, Esprit de Dieu
Cri d’une espérance, Esprit de Dieu
Voix qui nous réveille, Esprit de Dieu
Clame la Nouvelle, Esprit de Dieu

Esprit de vérité, brise du Seigneur
Esprit de liberté, souffle dans nos cœurs

Paix de la colombe, Esprit de Dieu
Ciel de nos rencontres, Esprit de Dieu
Paix qui nous libère, Esprit de Dieu
Change notre terre, Esprit de Dieu

Joie donnée aux hommes, Esprit de Dieu
Fête du Royaume, Esprit de Dieu
Joie de l’Évangile, Esprit de Dieu
Fais de nous des signes, Esprit de Dieu

Vie de l’Esprit

La pentecôte approche et les textes de ce jour nous invitent à approfondir notre relation à l’Esprit Saint. La lecture du livre des actes est surprenante : Pierre et Jean prient pour que des samaritains déjà baptisés reçoivent l’Esprit Saint. En effet, l’esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Ce texte trouve un écho deux chapitres plus loin lorsque Pierre, face au centurion Corneille dira : Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? D’un côté Il semble falloir attendre l’intervention des apôtres pour recevoir l’Esprit, de l’autre il précède leur arrivée. Mais n’a-t-on pas appris pourtant que c’est le baptême qui confère l’onction du Saint Esprit ?
Jésus nous dit dans l’Évangile : Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur qui sera toujours avec vous : L’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir car il ne le voit pas et ne le connait pas. C’est sans doute une des clés de compréhension de la vie sacramentelle : quoi qu’il arrive, c’est toujours le Christ qui envoie l’Esprit. « Quand Pierre baptise, c’est le Christ qui baptise ; quand Judas baptise, c’est le Christ qui baptise » dit l’adage. 
Ce qui nous est dit dans ces textes c’est avant tout que la vie de l’Esprit déborde la vie sacramentelle. On pourrait dire qu’elle rayonne en amont et en aval du sacrement lui-même. L’Église a toujours considéré que les catéchumènes faisaient déjà partie de la communauté chrétienne, ou que le pénitent vivait déjà de la miséricorde en allant recevoir le sacrement de la réconciliation.
La vie sacramentelle est-elle alors accessoire ? Non, car ce qui est commun à tous ces textes c’est bien la présence de l’acte baptismal opéré par les apôtres. La mission apostolique peut ainsi se comprendre comme un acte de discernement de la vie charismatique se déployant chez ceux qu’ils rencontrent afin de la confirmer par l’action du sacrement.
Les deux signes principaux de cette vie de l’Esprit sont donnés par le Christ lui-même dans l’évangile : l’aimer et garder ses commandements. Le Christ n’attend pas le sacrement pour donner la grâce, mais le sacrement objective et manifeste la vie intérieure, personnelle en associant toute la communauté à la joie de la grâce reçue.
C’est pour cela que lors de la vigile pascale nous célébrons les baptêmes dans une grande fête, ou qu’à la pentecôte les confirmations sont solennisées : toute la communauté se rassemble autour de ceux qui vivent déjà de la vie de l’Esprit. La vie sacramentelle ne se comprend pas dans l’acte isolé d’un ministre de l’Église. Elle construit la communauté et c’est en elle qu’elle prend son sens. Le baptisé ne reçoit jamais le sacrement « pour lui-seul » : il entre au contraire dans une communion qui fortifie en lui le désir d’aimer le prochain. 
C’est le sens des paroles de Jésus : garder ses commandements c’est vivre le double commandement d’aimer Dieu et d’aimer son prochain.
C’est la grâce que reçoit l’Église, pour le monde.

P. Alexandre Denis

Célébration préparée par Alain, Bernard, Danièle, Isabelle, Jean-François, Mireille, Philippe.

  1. André Letowski says:

    Dans notre groupe carême, nous avons partagé deux questions : « avance au large, ose aller vers l’eau profonde… », eh bien nous y sommes ! et la 2e question, qui est liée, « être témoin », particulièrement dans cette période où nous sommes invités à aller au large. À la suite de la lettre de Pierre « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. », voici quelques extraits de nos deux rencontres.
    « Le témoin : non pas quelqu’un de supérieur parce qu’il sait (le moi trop présent), parce qu’il a un message à exprimer (une Vérité ?) qui le rend important, mais quelqu’un d’humble, à l’écoute des autres dans leur vécu concret, quels qu’ils soient ; en fait une réciprocité où chacun apporte, accompagne et est accompagné. »
    « L’autre, un trésor, qui me fait avancer ; bienveillance à son égard ; se préoccuper d’abord de ce qui le fait vivre, une attitude qui conduit à la confiance pour partager, condition incontournable pour être témoin. »
    Témoin de quoi ?
    « Attirer les autres pour prendre les poissons dans la nasse (je vous ferai pêcheur d’hommes) ? Certainement pas. Les valeurs que je vis et partage témoignent de mes convictions, de ma foi. Et ce, au-delà des doctrines, des principes abstraits. Mais peut-être aussi dire ma relation à Jésus-Christ, l’intimité que je vis, le sens de son message, quand l’opportunité est donnée. »
    Alors en ces temps difficiles, comment être témoin ?
    « Il me semble qu’une des premières conditions est de ne pas nous disjoindre les uns des autres, à commencer par appliquer à la lettre le statut de citoyens que nous sommes »
    « Et aussi, témoins au sein de notre communauté de St-Merry : le témoignage de la fraternité avant tout, ce qui n’est pas toujours évident ; on se cogne avec ce que l’on est ; on a du mal à trouver une modalité de gouvernance satisfaisante ; il y a des prises de pouvoir souvent déguisées ; mais il y a aussi ces temps de partages, d’écoutes bienveillantes, les repas du dimanche, des baisers de paix échangés si chaleureux, des communions au même pain et vin et beaucoup de personnes formidables. Être témoin, est-ce que ce n’est pas aussi un travail d’éclairage (tant profane au sens philosophique, sociologique, politique… que spirituel dans la lecture de théologiens et autres), de méditation, de partage en communauté pour être armé pour dire ; en sachant que l’Esprit-Saint peut nous souffler ce que nous n’aurions pas osé dire, au risque de. »

  2. Anne-Marie Cellié says:

    Après échanges autour de nos doutes et du Credo que nous pourrions prendre à notre compte, la réflexion de François Corpet nous a bien plu, dont voici un extrait :
     » La vie se prolonge après la mort, non pas au ciel au purgatoire ou en enfer, mais dans le souvenir qu’on laisse chez les vivants.  »
    Mourir, et après ? J’ai beaucoup de mal à dire avec sincérité le Credo et entre autres les deux dernières affirmations: Je crois … à la résurrection des morts, à la vie éternelle. Ma réflexion sur ces sujets a été très marquée par la lecture d’un livre de Pohier (Dieu Fractures ?) et de « la vie de Jésus » de Renan. Pour Poyet, la vie se prolonge après la mort, non pas au ciel au purgatoire ou en enfer, mais dans le souvenir qu’on laisse chez les vivants qui n’a qu’un temps et cela me convient tout à fait. On n’a plus à se soucier de ce qui arrive à notre petite personne (à notre âme ?), nous continuons à vivre tant que quelqu’un se souvient de nous en bien (le paradis) ou en mal (l’enfer). Sinon nous entrons dans l’oubli, dans le néant. Dans cette même ligne de pensée, Jésus est bien ressuscité car son souvenir agissant est toujours présent parmi les hommes d’aujourd’hui. Que penser des constructions intellectuelles relatives à la vie éternelle ? Dans l’éternité serais-je à jamais bigame, moi qui ai connu deux mariages heureux ? Ou ignorerais-je tous mes proches pour me satisfaire de la contemplation de Dieu ? Tant qu’à faire je préfèrerais la notion, qui doit sans doute se rapprocher du shéol, où nous devenons des ombres dépourvues de la faculté de vivre et d’entrer en relation .Pendant des millénaires l’homme a cru au paradis et à l’enfer : il fallait bien que les bons soient récompensés et les méchants punis s’ils ne l’ont pas été au cours de leur vie terrestre, mais une telle vision a quelque chose d’un peu enfantin et ne correspond pas à la réalité terrestre que nous vivons.
    Au bout du compte je crois fermement que lorsque la vie s’arrête, nous n’existons plus du tout, adieu les flammes de l’enfer, la vision de Dieu, les houris du paradis d’Allah. Pour autant que je le sache les philosophies d’Asie voient la fin dans l’anéantissement de la personne dans le nirvana, après une série de réincarnations qui font sourire les occidentaux. Et si elles étaient plus dans le vrai que les constructions des religions du Livre ? Si la mort est un point final, pourquoi la craindrais-je si elle n’a pas de conséquences funestes sur les survivants. On arrive à la dernière page du livre de la vie, point final. On n’a rien à craindre et on dit alors adieu aux misères de la vieillesse et de la souffrance. Les proches doivent apprendre à vivre sans nous, que nous soyons simple père de famille ou pièce, maîtresse ou non, d’une organisation charitable, d’une entreprise ou d’un pays. Le suicide peut alors être un acte responsable qui permet d’éviter la souffrance et le mal de vivre et décharge les proches, et la société, d’une charge trop lourde pour eux. Ce n’est pas un acte de désespoir ni une fuite en avant. Quand arrive le temps de mourir, il faut mieux regarder en arrière pour apprécier le bien et le mal qu’on a vécu, plutôt que de spéculer sur l’après qui reste totalement inconnaissable. (François Corpet, 8 avril 2019)

  3. Jacqueline Barbin says:

    “Présence et/ou Absence de Dieu” d’après Jn 14 à 16, une session -septembre 2007 à l’Arc-en-Ciel- avec Jean-Marie MARTIN. Cette session a fait l’objet d’une transcription et d’un livret de 160 pages : c’est magnifique. Je ne sais pas comment le CPHB pourrait en profiter… Jean-Marie Martin avait abordé le thème tétramorphe dans le chapitre 14 qui dit la présence de Dieu sous la quadruple forme : Agapê ; garde de la Parole ; prière ; don et accueil de l’Esprit (l’Esprit de vérité). Jean-Marie avait attiré notre attention sur l’écriture sémitique et hendiadique de Jn 14, 15-17, chacun des termes disant la même chose. C’est un hendiadys.
    À la fin de cette session d’une semaine, Jean-Marie MARTIN nous avait dit : Nous sommes jetés en avant de notre avoir à être qui est de connaître Dieu comme il nous connaît. Nous sommes jetés en avant, ce qui ouvre cette autre dimension qui est une dimension d’expérience, mai, dans son titre propre, une expérience d’attente. Nous l’appelons, par exemple, l’espérance, qui est toujours liée surtout dans le vocabulaire paulinien, avec la notion de patience (hypomoné), endurer, patienter, attendre. C’est l’ouverture d’un attendre. Alors de même que la foi n’est pas l’écoute adéquate à son objet, de même l’espérance, au sens théologal du terme, est une attente sans objet : attendre je ne sais quoi. “Tu ne sais.” C’est un attendre pur, une dimension d’un attendre pur. La foi est l’affirmation d’un “je ne sais”…

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