Sur le Mont des Oliviers, Jérusalem

Dimanche 24 mai. “Habiter la maison du Seigneur”


Lectures du 7e dimanche de Pâques : lectures

“J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie”

(Psaume 26)

Célébration préparée par Alexandre, Elena, Didier, Geneviève, Hélène, Marguerite, Michel, Myriam 

Mot d’accueil

Nous nous sommes invités les uns chez les autres pour préparer la célébration de ce dimanche. Sans bouger, chacun a pu pénétrer dans un petit morceau de la maison de l’autre. Et de cet espace virtuel partagé, la « maison » a émergé comme fil conducteur du parcours ici proposé.
La « maison » est devenue notre principal lieu de vie pendant le confinement.
Espace physique qui nous a enfermés et re-liés en interne.
Avec des fenêtres numériques qui nous ont permis de rentrer dans les maisons des autres.
Une nouvelle expérience de « limite » : mobilité limitée qui nous a fait créer de nouvelles formes de lien, de rencontre et de communion.
La « maison » relie aussi les textes de ce dimanche.
La maison-espace physique, dans les Actes des Apôtres.
La maison du Seigneur, dans le Psaume.
La maison-monde, dans la Lettre de Pierre et dans l’Evangile de Jean.
La maison – lieu d’appartenance dans l’Evangile de Jean.
La « maison » apparaît ainsi dans les textes avec des fonctions multiples : incarnation concrète du réel, expérience spirituelle, lieu de mise en lien… 
Laissons les textes rentrer « chez nous », laissons-les résonner avec l’expérience que chacun de nous a vécue dans sa maison pendant le confinement.

Et laissons-les aussi résonner avec la Création toute entière pensée comme « maison ». Car ce dimanche clôture la « Semaine Laudato Si’ », semaine pour célébrer le 5ème anniversaire de cette encyclique qui nous invite à habiter le monde comme une « maison commune » : une maison où tous les êtres vivants, humains et non humains, auront une place et seront en communion les uns avec les autres. 
Entre la maison individuelle – lieu de plus grande intimité – et la maison planète – lieu d’universalité – il y a eu la maison partagée au travers des 6×6 proposés pour nous préparer à célébrer ensemble ce dimanche. Des échos de leurs échanges seront également intégrés dans la réflexion ici proposée. « Je voudrais habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie », ma maison, ta maison, notre maison…

Elena Lasida

Actes des Apôtres 1, 12-14

« Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel,
retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche.”
“Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière,
avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.”

Psaume 26

écouter le psaume

Le Seigneur est ma lumière et mon salut
De qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie
Devant qui tremblerais-je ?

Première lettre de saint Pierre apôtre (1 P 4, 13-16)

« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous. »

Évangile selon saint Jean 17, 1b-11a

“La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.”

Chant : À ce monde que tu fais (T 146-1)

Écouter le chant

À ce monde que tu fais chaque jour avec tendresse
Donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau.
À ce monde où tu voudrais plus de joie, moins de détresse,
Donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau.
À ce monde qui renaît s’il a foi en ta promesse,
Donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau.

Le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, Bernini, basilique Saint-Pierre

Viennent les cieux nouveaux et la nouvelle terre 
Que ta bonté nous donnera
Viennent les cieux nouveaux et la nouvelle terre 
Où la justice habitera.

Sur les hommes qu’il t’a plu de créer à ton image
Envoie ton Esprit, un Esprit nouveau.
Sur les hommes que l’on tue pour leur peau ou leur visage
Envoie ton Esprit, un Esprit nouveau.
Sur les hommes qui n’ont plus qu’à se taire sous l’outrage
Envoie ton Esprit, un Esprit nouveau.

À l’Église pour la paix et l’annonce de ton règne
Donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau.
À l’Église qui connaît les épreuves du calvaire
Donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau.
À l’Église qui se tait au message des prophètes,
Donne un cœur de chair, donne un cœur nouveau.

Sur tous ceux que tu choisis pour défendre l’Évangile
Envoie ton Esprit, un Esprit nouveau.
Sur tous ceux qui ont repris l’aventure des disciples
Envoie ton Esprit, un Esprit nouveau.
Sur tous ceux qui ont appris la grandeur de ton service
Envoie ton Esprit, un Esprit nouveau.

Le nom de Jésus

Dans la Bible, le Nom de Dieu est imprononçable. Lors de la lecture des textes, on substitue toujours au tétragramme le mot Seigneur, plus impersonnel. Lorsqu’un rouleau de la Torah est exposé au public, on veille à ce que le nom de Dieu ne figure pas dans le passage visible. C’est même l’objet de l’une des paroles du décalogue : tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu.
Dans l’évangile de ce jour, Jésus dit pourtant : J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ce nom, c’est le sien. En sa personne, parce qu’il est vrai Dieu et vrai homme, Jésus porte et manifeste le Nom de Dieu.
Dieu Sauve. Voilà ce que Jésus manifeste par son nom, voilà ce qu’il révèle de l’identité de Dieu et de ce qu’il opère dans l’humanité. 
Il nous reste à comprendre de quoi Dieu nous sauve-t-il et comment ? 
Le livre de la Genèse décrit le drame de l’humanité comme une séparation d’avec Dieu, une rupture dans la relation parfaite qu’Il a voulu entre l’homme et Lui. Après la chute, l’homme se met à errer loin de son créateur et peu à peu la violence envahit l’humanité. La connaissance de Dieu lui-même se perd et l’on se tourne vers les idoles.
Tout l’histoire biblique raconte la manière dont Dieu se réconcilie l’humanité. Comment il revient inlassablement vers elle malgré son cœur inconstant.
Le salut, dans toute la révélation biblique, c’est la manière dont Dieu retisse le lien rompu entre l’homme et Lui. 
Saint Augustin, dans ses Confessions, formulait cela dans cette très belle phrase : « Tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».
Le salut consiste ainsi pour l’humanité à retrouver en cette relation parfaite avec le Père, à demeurer en Lui. La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Comment faire ?
C’est ce que le Christ révèle : Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Parce que le Christ partage notre humanité il réalise en lui et pour tous ce qu’aucun autre homme ne pouvait faire : s’unir au Père dans une relation parfaite qui n’est pas limitée à une relation intérieure, mais qui unit en Dieu jusqu’à la chair elle-même : tout ce qui est à moi est à toi
Jésus manifeste le nom de Dieu car il réalise en lui-même l’aspiration profonde de l’humanité errante : la réconciliation entre l’homme et son créateur dans toutes les dimensions de la création, physiques et spirituelles. 
Dans le Christ, Dieu fait de l’humanité sa demeure, il transfigure définitivement toute sa création pour lui redonner la capacité d’accueillir la lumière pour laquelle elle est faite. 
L’eucharistie dominicale est ainsi le moyen par lequel cette union se réalise, dimanche après dimanche, comme l’actualisation en chacun de cette réconciliation, l’accueil réel du corps transfiguré du Christ qui fait concrètement de nous sa demeure.
Vivre en chrétien c’est vivre de cette matérialité du salut dans le Christ, c’est vivre de la présence de Dieu en chacun de nous, non pas en espérance mais dans une réalité déjà accomplie que nous devons accueillir chaque jour davantage tant elle dépasse ce que nous pouvons en comprendre.
Que la reprise des eucharisties dominicales nous donne d’entrer toujours plus profondément dans ce mystère, et de vivre de cette réconciliation car c’est cela l’objet de la bonne nouvelle. 

P. Alexandre Denis

Proposition de petits groupes de 6

Pour chacun de nous, qu’est-ce que « habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie » ?
Vous pouvez déposer une synthèse de votre partage dans la zone de commentaires du site entre les jeudis 22 et 29 mai.

Christ, vrai cep, 16e siècle, icône grecque

Prières

  • Tu as choisi chacun de nous comme demeure, Seigneur ! Que nous sachions découvrir ta présence qui se donne en nous comme en ceux que nous rencontrons. (Michel)
  • Nous te prions Seigneur pour les sans-abris, pour ceux qui arrivent de loin, fuyant leur pays, et pour tous ceux qui sont dans la rue. Que les associations et les responsables politiques leur procurent un logement convenable, une maison, où ils puissent demeurer dans la paix. (Geneviève P-M)
  • Pour les Rohyngas, persécutés en Birmanie, chassés du Bangladesh, nous te supplions Seigneur ! Ils sont sur le point d’être envoyés et enfermés sur une île isolée de tout, destinée à disparaître sous les inondations. Toi qui accueilles chaque humain dans ta maison, inspire aux autorités internationales une solution pour qu’ils puissent enfin demeurer dans la paix. (Geneviève)
  • Pour que les témoins d’aujourd’hui soient pour leurs contemporains des signes lisibles de l’amour-charité, il faut que, plantés en pleine terre des hommes, ils traduisent en gestes d’hommes modernes l’amour éternel de Jésus. (prière de Michel Quoist, envoyée par Henri S.)
  • Le confinement nous a fait prendre conscience que notre « demeure » est faite aussi d’immatériel et d’invisible. Les termes de « présence réelle » ont pris un sens très fort…   Jésus, c’est toi qui nous as appris le premier que « le temps viendra où les adorateurs du vrai Dieu l’adoreront en esprit et en vérité » sans l’enfermer sur terre dans des lieux et par des moyens matériels. Ton Eglise affirme que ta demeure n’est pas dans un seul lieu, fût-il sacré. Nous t’en prions : apprends-nous toi-même la mesure de la demeure de Dieu ; apprends-nous à user à ton exemple de cette liberté qui est la nôtre. (Marguerite)
  • « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père » as-tu dit… Apprends-nous, apprends à ton Église à accueillir tous les hommes de bonne volonté ou à aller dans leurs demeures, à ton exemple. Que le souffle de Dieu élargisse et ouvre les murs. (Marguerite)
  • Demeure en nous Seigneur… Frappe à notre porte, surtout lorsque nous nous opposons à quelqu’un. Aide-nous à voir en l’autre aussi ta demeure. Ainsi est la communion. (Marguerite)

Chant : Habiter le seuil de ta maison (Chemin Neuf)

écouter le chant
Habiter le seuil de ta maison, Seigneur.
Guetter le temps de ton retour,
Comme un veilleur guette le jour,
Rester dans l’amour de ton nom.


Veiller pour être prêt le jour ou tu viendras,
préparer ton retour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi.

Veiller pour accueillir la promesse donnée,
témoigner de ce jour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi.

Veiller en espérant que se lève le jour
annoncer ton retour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi.

Veiller pour accomplir les oeuvres de l’amour.
connaître ton retour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi.

Mot de la fin

La « maison » protège…
La « maison » expose…
Elle permet de s’isoler et de rentrer au plus profond de soi même
Mais elle permet aussi de s’ouvrir et d’accueillir chez soi le monde extérieur
Lieu où l’on se « dé-lie »
Lieu où l’on se « re-lie »
Que nos maisons deviennent « maison du Seigneur »,
espace de liberté intérieure et lieu de visitation avec les autres.

Elena Lasida

Prière “Laudato si”

Le pape François a invité tous les catholiques du monde à célébrer le 5ème anniversaire de son encyclique “LAUDATO SI” pour la préservation de la Terre, notre maison commune. Dans un esprit de solidarité, pendant une semaine, les catholiques ont réfléchi et prié pour préparer un avenir plus juste et plus durable. Aujourd’hui 24 mai termine cette semaine par une journée mondiale de prière à laquelle nous nous joignons. 

DIEU tu es notre créateur ; il nous est bon de nous souvenir que tu as créé toutes choses visibles et invisibles. 
Il nous est bon de nous souvenir que tu nous les as confiées et que nous participons avec toi à cette garde du monde. 
Renouvelle en nous la joie et la conscience de cette responsabilité. 
La terre est à toi et tout ce qu’elle contient. 
Donne-nous de la servir, de la faire fructifier pour le bien de tous. 
Donne-nous de poser sur elle, avec toi, un regard de paix, d’espérance et d’amour. 
A M E N.

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7 commentaires

  • Habiter la maison du Seigneur tous les jours de notre vie
    Echos du 8×8 ! avec : Myriam, Elena, Lucie, Camille, Bernard, Nicolas, Tristan, Maïté

    « Etre présent » « demeurer ». Ces notions ont été évoquées de différentes manières pour parler de « habiter », avec aussi un lien à la Terre, notre planète :
    – habiter son corps. C’est une préoccupation très contemporaine, on oublie trop souvent qu’on est « corps », prendre conscience que ‘nous sommes,’ comment on est soi-même, et ça rejoint aussi le collectif de la « maison commune » de Laudato si’
    – être à l’écoute de soi, de son corps, de ce qui nous entoure, c’est aussi percevoir par tous les sens, y compris ce qui n’est pas directement visible.
    – se rendre présent à ce qui se présente à vivre, s’arrêter. Il y a un côté un peu passif. Rejoint le mot « demeurer ». Le Père demeure en moi, il m’habite. C’est une responsabilité énorme, être comme « enceinte » , c’est impressionnant.
    – Nous demeurons en Dieu, on demeure tou.te.s en Dieu et Dieu demeure en nous. Habiter la maison de Dieu, c’est habiter sa Parole, une parole à mettre en œuvre avec les autres. Habiter la maison de Dieu, c’est aussi habiter notre planète : il y a une hospitalité que Dieu nous offre. Quand on est accueilli par quelqu’un.e, on ne détruit pas sa maison.
    – Pour pouvoir habiter quelque part, il faut que l’on soit vivant, qu’on y mette quelque chose d’important de soi, quelque chose de notre vie.Être vivant, c’est faire mais aussi recevoir.
    Habiter, c’est ce qui permet aussi de partir, il faut qu’on puisse être pour partir.
    – Lien à Laudato si’ : nous sommes dans la maison du Seigneur, la Création. Mais être dans . une maison – et l’habiter, c’est différent. Je peux être dans une maison comme un meuble. Il y a une présence à laquelle je dois m’efforcer, être totalement conscient d’habiter cette maison, être dans le respect pour la Création.

    Nous avons parlé aussi de « la maison », de la « maison de Dieu », de la « maison commune »
    – L’idée de maison renvoie à une notion d’espace : il y a deux mots en grec, topos et chora (espace physique / espace existentiel). La maison c’est très concret, physique. Et en même temps existentiel, c’est quelque chose qui génère, engendre, laisse une trace, une marque. Il y a une double dimension d’habiter la maison du Seigneur : c’est très concret, ça passe par les autres, et en même temps c’est existentiel, il y a quelque chose qui nous marque, nous donne du souffle.
    À un niveau plus personnel, il y a des maisons qui marquent. Quitter la maison des parents.
    – L’église bâtiment participe de la maison du Seigneur mais ce qui importe, c’est ce que l’on va y vivre ensemble.
    Le bâtiment église est à mettre dans le même ensemble que la nature. On nous pose parfois la question de l’église désaffectée ; mais ce n’est pas l’état de l’église qui importe c’est ce qu’on y vit.
    – C’est l’homme qui est sacré, Dieu n’est nulle part ailleurs qu’en l’homme, ou plus exactement dans tout le vivant. Prendre le temps de le reconnaître, l’accueillir, s’y arrêter.
    – La maison a un côté rassurant : se retrouver avec Dieu, se sentir avec quelqu’un, guidé, et dans un lieu personnalisé comme la relation personnelle que l’on a avec Dieu.
    – On peut avoir une ambivalence par rapport à la maison : quatre murs pour s’isoler, mais aussi un lieu où l’on s’expose, qu’on ouvre aux ami.e.s : ouverture-fermeture.
    – Dans d’autres pays, on vit davantage dehors : il n’y a pas de séparation entre l’espace privé et l’espace public. Habiter la maison commune c’est commencer par se penser comme une partie intégrante d’un tout et moins s’enfermer dans des espaces délimités.
    – Entre maison et demeure, la différence est la relation d’être : quand on demeure, on est présent à quelque chose dans la durée, c’est un espace humain ; une façon dont on est avec, dedans.
    – La maison renvoie tout de suite à la propriété pourtant la maison de Dieu n’est pas notre propriété, elle n’est pas un espace physique. Habiter c’est être présent.e, ce n’est pas une relation de propriété : il faut retrouver le sens d’être hôte, accueilli.e.

  • “Habiter la maison du Seigneur, habiter notre Terre: aujourd’hui chacun désire sa petite maison individuelle avec jardin; on perd la dimension collective, il nous faudrait réfléchir à une autre forme de vivre ensemble. Prendre à bras le corps cette responsabilité qui nous a été confiée d’habiter la Terre”.

    “Une maison, ça doit respirer, avoir des portes et des fenêtres ouvertes à l’étranger, à l’inconnu, sinon nous sommes dans une relation qui nous enferme avec nous-mêmes ou avec Dieu. En même temps, c’est lorsque j’ai cette relation profonde avec Dieu, au cœur de l’intime, que j’ai l’impression de “demeurer” en Dieu. Mais il me semble que c’est dans la relation à l’autre, le proche ou l’étranger, que cette relation privilégiée est mise à l’épreuve et parfois mise à mal”
    .
    “Habiter la maison du Seigneur”, c’est habiter sa propre maison, sa propre vie. L’autre aussi est habité.
    Chacun a son expérience de la demeure de Dieu, projet qui est parfois perçu comme non partageable (entre les générations par exemple).

    N’aurions-nous pas chacun une expérience unique de la “demeure de Dieu” comme si nous étions chacun une pièce différente de la même maison du Seigneur ?

    Habiter la maison du Seigneur, c’est me laisser traverser par l’amour infini de Dieu qui me fait aimer l’autre que je rencontre. Apprendre à faire le vide, à laisser suffisamment de place à la demeure de Dieu en moi

    Echo de notre 5X5: Gisèle, Nicole, Bernadette, Aldo-José, Michel

  • 6 x 6 de dimanche : Françoise, Alexandra, Marguerite, Marie-José, Jean-Luc et Pierre

    La maison du Seigneur : comment la dire ? comment l’habiter ?
    Un « lieu » toutes portes ouvertes où chacun peut entrer et d’où chacun peut sortir librement. On pense à la phrase de saint Augustin : « Beaucoup semblent dehors qui sont dedans et beaucoup semblent dedans qui sont dehors ». Un « lieu » où nul ne peut se comporter en propriétaire, dont nul n’est le maître sinon le Seigneur… En outre, « il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père », maison si vaste, comme son mystère, qu’il y a de la place pour tout le monde.
    En fait ce « lieu » est davantage une assemblée fraternelle qu’une construction, une assemblée où Jésus est là, puisqu’il a dit « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». C’est une communauté de croyants qui cheminent dans la recherche des visages de Dieu dans le monde, dans la compréhension de l’Évangile et dans la libre expression de sa prière.
    Demeurer mais avec le risque d’être bousculés par l’Esprit ?

  • écho du 6×6 avec Gisèle, Nicole, Bernadette, Aldo José, Michel

    “Habiter la maison du Seigneur, habiter notre Terre: aujourd’hui chacun désire sa petite maison individuelle avec jardin ; on perd la dimension collective, il nous faudrait réfléchir à une autre forme de vivre ensemble. Prendre à bras le corps cette responsabilité qui nous a été confiée d’habiter  la Terre”.

    “Une maison, ça doit respirer, avoir des portes et des fenêtres ouvertes à l’étranger, à l’inconnu, sinon nous sommes dans une relation qui nous enferme avec nous-mêmes ou avec Dieu. En même temps, c’est lorsque j’ai cette relation profonde avec Dieu, au cœur de l’intime, que j’ai l’impression de “demeurer” en Dieu. Mais il me semble que c’est dans la relation à l’autre, le proche ou l’étranger, que cette relation privilégiée  est mise à l’épreuve et parfois mise à mal”
    .
    “Habiter la maison du Seigneur”, c’est habiter sa propre maison, sa propre vie. L’autre aussi est habité.
    Chacun a son expérience de la demeure de Dieu, projet qui est parfois perçu comme non partageable (entre les générations par exemple).

    N’aurions-nous pas chacun une expérience unique de la “demeure de Dieu” comme si nous étions chacun une pièce différente de la même maison du Seigneur ?

    Habiter la maison du Seigneur, c’est me laisser traverser par l’amour infini de Dieu qui me fait aimer l’autre que je rencontre.  Apprendre à faire le vide, à laisser suffisamment de place à la demeure de Dieu en moi.

  • Un partage en 6 x 6 autour du thème « habiter la maison du Seigneur » entre André, Anne, Bruno, Gerardo, Laurent, Marie-Jo, Marie-Laurence dimanche 24 à 10 hres30.

    Tonalité : habiter la maison du Seigneur, c’est à la fois habiter solidairement notre terre et à la fois prendre le recul, prendre le temps pour y vivre au mieux, en lien avec le Seigneur.

    Habiter une maison, c’est très important de s’ancrer, de s’installer là où l’on ne sera pas délogé ; avec le confinement, on apprécie d’être chez soi (quid de ceux qui sont à la rue ; c’est leur maison ?).
    La maison n’est pas close ; les portes et fenêtres sont ouvertes. La ville nous est essentielle avec l’agitation, les cris des enfants, le bruit, même si le confinement nous a rendu le silence, les cris des oiseaux (un brin de nostalgie). Paradoxe, la vie nous bouscule tout le temps.

    La maison du Seigneur, c’est la solidarité avec les humains ; c’est la maison commune à préserver et transmettre comme nous y invites laudato si.

    La maison du Seigneur, c’est aussi prendre soin de la maison, prendre le temps d’être présent à soi, de s’écouter au profond de soi, pour générer calme et sérénité, prendre le temps du partage, une maison intérieure, où aux cotés des actes quotidiens d’engagement, je rends vivant le message de Jésus.

    Comment changer, rénover ma maison pour qu’elle soit pleinement aussi maison du Seigneur ? comment prendre soin au mieux de la maison commune ?
    De là, nos échanges ont été nombreux sur les injustices, sur nos propositions concrètes pour préserver « l’environnement », sur nos façons différentes et partiellement contradictoires d’y parvenir, renvoyant vers une relecture en acte de laudato si.

  • Partage du 6/6 pour le dimanche 24 mai auquel ont participé :Yvonne, Solange, Catherine, Jean-Louis, Thiébault, Didier, Geneviève.

    A partir de la question :
    Pour chacun de nous, qu’est-ce que « habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie »

    La maison du Seigneur est un lieu aimant où je peux refaire mon unité par rapport aux cloisonnements de ma vie. J’ai parfois du mal à y entrer et je me laisse happer par mes plaisirs, ma peur ou mes caprices, alors je me sens tout petit. Mais quand j’arrive à y être, je suis moi-même et je suis bien avec moi-même… d’où l’intérêt d’être ensemble en Eglise pour s’aider mutuellement et arrêter de négocier avec soi-même, pour arrêter de se divertir de l’essentiel.
    Des gens m’ont aidé à vivre, ils m’ont donné une demeure où je peux me retrouver.

    J’avais travaillé à l’Arc-en-ciel sur les paroles de liberté dans la bible et j’ai compris que j’avais reçu en cadeau une foi de charbonnier, comme un don. Je rencontre dans ma vie des ennemis puissants et dans cette maison je suis sûre d’exister, d’être aimée avec mes erreurs. Cela apporte une grande force et beaucoup d’espoir de savoir que Dieu nous y aime dans notre unicité. Car il habite le plus intime de nous-même. C’est là qu’est ma maison.

    Je suis frappée par le terme de maison dans ce psaume, lieu très positif où l’on est à sa place pour pouvoir se poser en paix. On y est dans le présent, on n’y rumine pas le passé, pas plus qu’on ne s’y fait du souci pour l’avenir. Cette maison est un havre pour recharger ses batteries.

    Il y a deux choses :
    Un sentiment de communion avec Dieu de cœur à cœur.
    Et c’est aussi un lieu où l’on peut être en communauté avec ses frères et sœurs.

    Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père : respect de nos frères et des autres traditions, c’est un lieu ouvert en toute tolérance pour nos frères. On peut y être justes et vrais, ne pas se sentir être le centre du monde, car le centre c’est Dieu, pour vivres les valeurs communiquées par le Christ : y demeurer en son nom, pas en mon nom.

    Demeurez en moi comme je demeure en vous.
    Oui, on peut se retrouver avec l’autre dans la maison de Dieu, « créer en soi une grande et vaste plaine » et pourtant intime. J’ai relu cette phrase de Etty Hillesum : « Habiter la maison de Dieu, c’est lui faire un vaste espace en soi et dans les autres. » Intimité et grand large.

    Jésus est toujours avec moi, même au moment où je me détourne de Lui.
    « Je suis avec vous tous les jours. » Tout est grâce !

    « Tous les jours de ma vie » cette deuxième partie de la phrase est très importante.
    Devenir cette maison, ça me constitue. Vivre différents aspects de cette maison, même quand on a l’impression de ne pas y être. C’est la question du péché.
    Dans la langue hébraïque, il n’y a pas le bien et le mal, mais l’accompli et le non encore accompli.
    Habiter ici-bas le paradis, un havre de paix.

    On trouve les outils dans cette maison pour creuser en soi, et les autres peuvent nous apprendre à les manier… Jésus est le chemin. Il nous vient à travers les autres.

    Lorsqu’on bâtit, il faut un plan, une idée, et il ne s’agit pas pour autant de construire une tour de Babel. Il faut construire la maison commune suivant le plan de Dieu, le but final est l’amour donné.

    Nous devenons dépositaires, sans plan à suivre.
    Dieu vient s’y manifester si nous y sommes en état de réception.
    La maison du Seigneur, c’est aussi sa maison à lui, c’est lui qui a créé ce paradis où nous sommes tous invités dans notre unicité. Il faut y accueillir mon propre péché et ne pas juger celui des autres.
    « Même au milieu de l’horreur du camps, il y a une fleur »
    Même dans l’homme plein de haine, trouver quelque chose de divin.

    Nous sommes co-locataires mais aussi co-bâtisseurs.
    Lieu de nos valeurs et de leur mise en actes.
    Chacun y apporte sa pierre.

    Nous avons pénétré un bout des maisons de chacun durant ce confinement, grâce à nos réunions zoom. Virtuellement par la vue et surtout réellement par le cœur, dans la confiance tellement porteuse de ces partages.

  • Nous étions 4 personnes (Solange, Thiébaut, Didier et Yvonne) à ce partage à partir du texte de Jean 17 et nous avons échangé sur 4 points : “le Nom, la liberté, la joie et le monde.
    Le NOM de Jésus apparaît sous le terme de Nazaréen lorsqu’il s’agit de l’homme né à Nazareth en Galilée, par contre le mot Naroréen, lui, est plutôt appliqué par ses accusateurs, se moquant de lui et il est inscrit sur la pancarte clouée sur la croix :”Jésus le Nazoréen, roi des juifs”. Cette double appellation pourrait donc faire allusion à la double dimension de Jésus : humaine et divine à la fois. Lorsque Dieu créa le monde, il le nomma, en cela lui donna vie et il dit que cela était bon. De même Moïse, au buisson ardent, demande à Dieu de se nommer et celui-ci répond : “Je suis celui qui est”. L’importance du nom est encore soulignée quand nous disons le Notre Père : “que Ton nom soit sanctifié”, et nous nous signons “au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit”. Ce lien indissoluble montre bien que Dieu est un être de relation. Le fait de donner un nom est signe de naissance à la vie, comme lorsqu’un enfant prend place dans la communauté humaine. Chaque homme est ainsi désigné et unique.
    Revenons à Jésus qui “a gardé les disciples dans la fidélité au nom de Dieu” c’est-à-dire dans la fidélité aux valeurs qu’il représente : vérité, justice, bienveillance, en un mot l’Amour qui doit être partagé entre frères. Dans ce sens les chrétiens du 21e siècle ont besoin d’évoluer et de s’ouvrir davantage aux autres : élargissons donc notre vision.
    Dans un 2e temps (au verset 11) se pose la question de la LIBERTÉ, notamment celle de Judas au moment où il va livrer Jésus. Est-ce une trahison ? Était-il obligé de le faire arrêter ?
    On peut penser qu’il ne s’agit pas de nier la liberté de Judas, mais que dans l’évangile de Jean, écrit 90 ans après la mort et la résurrection du Christ, c’est plutôt une relecture a posteriori des évènements, c’est une lecture théologique. Nous avons tous connaissance de la trahison d’amis… Cela fait partie de la condition humaine !!
    Enfin, au verset 13, nous abordons la question de la JOIE. Il serait souhaitable qu’aujourd’hui les chrétiens manifestent plus cette joie profonde, non une fausse joie dans le déni des problèmes, mais une joie en plénitude, reflet de la communion profonde entre Jésus, son Père et le Saint Esprit. Cela n’est pas sans nous rappeler les Béatitudes !
    Enfin arrêtons-nous sur le mot MONDE, qui désigne trois choses chez Jean :
    – Le monde géographique
    – Le monde créé par Dieu
    – Le monde hostile à Jésus dans le sens des “mondanités”, comme dit le pape François, les apparences reflétant nos vanités, notre goût pour le pouvoir, l’argent, les honneurs etc., parfois sous l’apparence trompeuse du bien, présentées habilement par le Grand Diviseur. Danger visant à briser l’unité avec son créateur, avec soi-même et avec les autres. Le chemin à prendre alors est celui de la réconciliation avec tous dans un total Amour qui nous permettra de retrouver le Paradis perdu et de vivre dans la plénitude du Nom de Dieu.
    Ce texte, très riche, est en fait le discours du Jeudi Saint, le testament de Jésus.

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