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Dimanche 29 novembre. « Pratiquer avec joie la justice »

“Nous sommes tous l’ouvrage de ta main” (Is 64, 7)

Ouverture

Aujourd’hui 1er dimanche de l’Avent, de l’attente, mais pas de l’attentisme ! Et dans la joie : « PRATIQUER AVEC JOIE LA JUSTICE » ! Comme nous le propose la communauté, entrons dans cette démarche et éclairons les textes du dimanche par certains passages de l’encyclique Tous frères du pape François (cf. le petit guide proposé, sur le site). Elle est adressée à toutes les « personnes de bonne volonté », en lien avec les problèmes du monde et de « la pandémie de la Covid 19 (qui) a mis à nu nos fausses certitudes » (7).
Perdre nos certitudes pour rejoindre la marche vers la fraternité comme « un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots » (6).

Attendre et affirmer avec Isaïe « Voici que tu es descendu… Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice » ! La fraternité donne du contenu à la justice. « L’amour de l’autre pour lui-même nous amène à rechercher le meilleur pour sa vie. Ce n’est qu’en cultivant ce genre de relations que nous rendrons possibles une amitié sociale et une fraternité ouverte à tous » (94)

Jésus, selon Marc, nous interpelle : « Prenez garde, restés éveillés… Veillez donc ». Éveillés et lucides. L’encyclique nous ouvre les yeux : « L’histoire est en train de donner des signes de recul de la fraternité » (11)Attention à la culture des murs ou des déchets. « Nous sommes analphabètes en ce qui concerne … l’accompagnement et le soutien des plus fragiles » (64)Et nous sommes invités à cultiver l’espérance (55).
C’est bien ce que nous célébrons !

Guy A.

Livre du prophète Isaïe (Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7)

C’est toi, Seigneur, notre père ;
« Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ?
Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ?
Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage.
Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
les montagnes seraient ébranlées devant ta face.
Voici que tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face.
Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire,
nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice,
qui se souvient de toi en suivant tes chemins.
Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs,
et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,
et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom,
nul ne se réveille pour prendre appui sur toi.
Car tu nous as caché ton visage,
tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.
Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
nous sommes tous l’ouvrage de ta main.

Un cri, une attente

« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ». Si enfin tu arrêtais de cacher ton visage !
Nous t’attendons, Seigneur, crie le prophète. Et ce cri devient celui de nous tous, en ces jours marqués par la présence invisible du virus, quand le ciel reste muet et la terre vacille. Tu viens, tu viendras, car tu viens toujours « rencontrer celui qui pratique avec joie la justice ». 
Alors, oui, nous t’attendons, sans baisser les bras, de cette attente confiante et active, dont l’encyclique Fratelli tutti nous montre la voie.

Psaume 79

Dieu, fais-nous revenir, que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés

Berger d’Israël, écoute, toi qui conduis ton troupeau, resplendis.
Réveille ta vaillance et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé, le Fils de l’Homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 1, 3-9)

Frères, à vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet,
pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses,
toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu.
Car le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous.
Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque,
à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

Un encouragement pastoral

Voici une lettre « pastorale » de Paul à une communauté chrétienne. Quelle joie pour elle de recevoir une telle lettre ! Nous reconnaissons-nous aujourd’hui, dans cette lettre adressée il y a deux mille ans 
à une communauté qui semblait, à ses yeux, digne de reconnaissance et d’éloge quant au « témoignage au Christ fermement établi » et le don de grâce reconnu en abondance ?
Reconnaissons-nous toutes les richesses reçues, celles de la parole et de la connaissance de Dieu ? 
Veillez : « Fratelli tutti » nous rappelle tous les errements du monde et nous propose des pistes : lucidité, espérance, accueil de l’autre…
Alors, la lettre de Paul nous accompagne, nous encourage : « c’est Jésus-Christ qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout ! ». Un message proprement pastoral pour notre communauté, pour toute communauté.

Multiplication des pains et des poissons, Tabgha

Car, ne l’oublions pas : « Dieu est fidèle ».

Anne R.B. et Clément G.

Alléluia

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 13, 33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage :
en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison,
le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Confiance

J’ai été sensible au fait que Jésus, dans sa parabole, ait cité le portier, modeste serviteur, pour qu’il veille à tenir la porte ouverte si le Maître arrive sans préciser l’heure. Ce qui est petit, caché, est l’artisan d’un grand évènement : il permet la relation. (Charles)

Le Maître a fixé à chacun son travail. Serais-je à la hauteur ? C’est plutôt stressant. La veille peut devenir cauchemar. Paul me rassure : « Aucun don de grâce ne vous manque ». Alors il est bon de vivre la veille … dans la confiance. (Guy) 

Chant : Habiter le seuil de ta maison E 22-11 (texte et musique : communauté du Chemin Neuf)

Habiter le seuil de ta maison, Seigneur.
guetter le temps de ton retour,
comme un veilleur guette le jour,
rester dans l’amour de ton nom.

Veiller pour être prêt le jour où tu viendras, préparer ton retour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi !

Veiller en espérant que se lève le jour, annoncer ton retour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi !

Veiller pour accueillir la promesse donnée, témoigner de ce jour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi !

Veiller pour accomplir les œuvres de l’amour, connaître ton retour.
Viens, Seigneur, le monde a tant besoin de toi !

Prière universelle

  • Pratiquer avec joie la justice. 
    Ces temps de confinement sont aussi des temps de guerre, contre les Ouïghours, au Yémen, Brésil, Éthiopie, Arménie, Mali, à Hong Kong, et dans bien d’autres pays. Seigneur, inspire à nos dirigeants et à nous citoyens, des initiatives qui permettent, aujourd’hui, de préparer la paix.
  • Reviens Seigneur, il est grand temps, vois notre terre en désarroi, écorchée par des sillons de haine. Notre terre n’est plus humaine. Tant de gens en souffrance enchaînés par la misère et par la peur. Aide-nous à ouvrir nos yeux et à voir juste. Toi, qui cherches à nous libérer de ce qui nous déshumanise et nous fait souffrir, aide-nous à être plus présents, plus fraternels dans nos rencontres quotidiennes.
    Et si le confinement nous permettait d’entrer dans nos chemins creux, d’avoir le courage de reconnaître nos obscurités et de sortir de nous-mêmes ? Le temps est venu de veiller, dans cette espérance, dans cet amour que tu offres à tous les habitants de notre terre, chaque matin de notre vie. Reviens, Seigneur. 
  • Nous vivons une période difficile, d’incertitude, de crainte. Bien malgré nous, nous nous laissons entraîner vers un repli sur soi. En ce temps d’Avent, Seigneur aide-nous à rester éveillés et à être attentifs aux autres. 
  • L’Évangile de ce jour et l’Encyclique de François nous demandent de veiller activement, c’est-à-dire aussi de nous indigner et de résister face aux errements du monde. Les violences policières qui ont eu lieu place de la République montrent que nous avons perdu « le sens de la responsabilité fraternelle » et que « les droits humains ne sont pas les mêmes pour tout le monde ».
    Aide-nous, Seigneur, à trouver chacun dans nos vies une façon d’œuvrer concrètement pour que la dignité de l’homme soit respectée et ses droits reconnus et garantis. Ainsi pourra se déployer la créativité et l’esprit d’initiative, en faveur du bien commun. Nous t’en prions Seigneur.
  • Seigneur, comme nous savons mal attendre… Parfois nous sommes si tendus vers quelque chose que l’attente qui nous semble interminable nous enlève le goût de tout autre chose, de toute action… Parfois, nous ne voulons pas attendre et faisons preuve de précipitation ou d’immaturité. Que ta parabole nous le rappelle : sur notre maison commune, la Terre, dans notre maison commune, l’Église, nous avons à rester éveillés malgré la fatigue, à espérer malgré les incertitudes, à travailler même sans voir de résultat. Sois à la source de notre dynamisme. 
  • Seigneur, nous sommes souvent endormis, tandis que tu attends notre désir de te rejoindre. Creuse en nous le désir de ta présence et garde-nous éveillés, le cœur en joie. 
  • Dans un nouveau livre « Un temps pour changer », le pape François lance un appel à l’action : « Laisse-toi entraîner, secouer, défier ». Seigneur, quand la tentation est grande de fermer les yeux, de s’endormir, réveille notre courage pour nous mettre au service les uns des autres. 

Notre Père en araméen

Envoi

En ces temps difficiles d’attente anxieuse, la pensée se gèle. Les textes de ce jour réactivent notre pensée et transforment notre attente. Celle-ci devient une attente active, à l’image des serviteurs et du portier de l’évangile. Comment activer cette attente ?
Une piste nous est donnée : « tu viens rencontrer celui qui pratique la justice avec joie ». Recherchons le « juste » dans nos attitudes, dans notre souci des autres et retrouvons la joie. (Martine)

Notre monde 

Seigneur, je t’appelle, 
Vois notre monde désemparé.
Les captifs pris en otage, torturés.
Et tous les enchaînés 
Par la misère et par la peur.

Les émigrés contraints de quitter 
Leur terre bien-aimée,
En quête d’un pays hospitalier.

Les petits pas de leurs enfants
Trébuchent sur leur sol desséché.
Assoiffés, affamés, 
Ils appellent au secours.

Leurs clameurs
Feront-t-elles écho dans nos cœurs ?

Les malades, à l’agonie, 
Les désespérés,
Ceux qui ne crient plus,
Sont perdus,
Dans leur extrême pauvreté.

Et nous,
Confinés, dans nos sillons,
Avons-nous envie 
D’être bousculés, dérangés ?
Combien de lunaisons,
Combien de gestes de tendresse 
De notre part faudra-t-il,
Pour s’aimer comme il se doit.

Reviens, Seigneur, 
Réveille-nous.
Ouvre nos yeux, 
Fais nous sortir de nos barrières.
Abaissons nos pont-levis, 
Afin qu’advienne l’Aurore. 

Jacqueline Casaubon

Chant : Veillez et priez G 267 (paroles et musique : Raoul Mutin)

Veillez et priez dans l’attente du jour,    
Veillez et priez au secret de l’amour.
    

Partez dans le silence
aux sources des eaux claires
Et cherchez ma présence
au feu de la lumière.

Partez pour le désert
et vivez de la nuit
Au creux de la prière
vous trouverez le puits.

Et quand il se fait tard
partez pour un ailleurs
Demeurez à l’écart
et priez le Seigneur.

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