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Dimanche 6 septembre. « Veilleur, responsable, médiateur du pardon »

« Celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi » (Rm 13, 8-10)

Psaume 94 (95) 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

Comme un guetteur d’humanité,
Debout, au seuil de ses frontières,
Chercher dans les nuits de la terre,
Les mots de vie qui sont signés
Par notre Dieu d’humanité.

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !
Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.
Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

Lecture du livre du prophète Ézékiel (Ez 33, 7-9)

La parole du Seigneur me fut adressée :
    « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël.
Lorsque tu entendras une parole de ma bouche,
tu les avertiras de ma part.
    Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir’, et que tu ne l’avertisses pas,
si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise,
lui, le méchant, mourra de son péché,
mais à toi, je demanderai compte de son sang.
    Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite,
et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »

ÉVANGILE selon saint Matthieu (Mt 18, 15-20)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
    « Si ton frère a commis un péché contre toi,
va lui faire des reproches seul à seul.
S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
    S’il ne t’écoute pas,
prends en plus avec toi une ou deux personnes
afin que toute l’affaire soit réglée
sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter,
dis-le à l’assemblée de l’Église ;
s’il refuse encore d’écouter l’Église,
considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis :
tout ce que vous aurez lié sur la terre
sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre
sera délié dans le ciel.
Et pareillement, amen, je vous le dis,
si deux d’entre vous sur la terre
se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
je suis là, au milieu d’eux. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 13, 8-10)

Frères,
n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel,
car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi.
La Loi dit :
Tu ne commettras pas d’adultère,
tu ne commettras pas de meurtre,
tu ne commettras pas de vol,
tu ne convoiteras pas.

Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
L’amour ne fait rien de mal au prochain.
Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour.

Veilleur, responsable, médiateur du pardon

Nous venons d’entendre 3 textes, l’un d’Ézéchiel, un autre de Matthieu et un troisième, de Paul. Pour en tirer des enseignements, notre groupe de préparation a choisi de focaliser notre réflexion sur les 4 mots inscrits sur le lutrin : Veilleur, responsable, médiateur du pardon.

Veilleur
Le Seigneur dit à Ézéchiel « je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël ». Cette attitude de guetteur, de veilleur est aussi celle que Jésus adresse à ses disciples « si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches ; il en sera de même pour la communauté appelée à intervenir ».
Alors guetteur, veilleur, mais pas seulement en retrait comme le chasseur qui recherche son gibier, voire le lanceur d’alerte qui dénonce un système caché et inacceptable; dans ces situations, ils attendent que « l’autre » vienne à eux ; or dans ces 2 textes, ils sont des veilleurs actifs, impliqués, qui vont vers l’autre pour enclencher une action qui se veut efficace, bénéfique pour rétablir la Vie (abandonner une conduite mauvaise, engager une réconciliation avec un frère). 
Mais l’initiative initiale vient du Seigneur qui mandate ; il envoie Ézéchiel, il sollicite son engagement pour porter la parole du Seigneur au pécheur, au criminel traduit Chouraqui. Tout comme Jésus sollicite chacun de ses disciples pour aller vers le frère qui lui a fait du mal, qui a péché contre lui. Ce sont deux cas de figure apparemment différents : Ézéchiel porte la parole du Seigneur au méchant, alors que dans Matthieu le disciple blessé irait, pour son bien à lui, vers qui l’a blessé. Différents, et bien non, dans l’un et l’autre cas ils sont allés à la rencontre de celui qui a causé du tort à ses frères, et par là même à Dieu.
Est-ce à dire qu’il y a exigence à chercher à se réconcilier quand quelqu’un a très mal agi envers nous, à oser engager cette démarche difficile et non « laisser courir », « faire comme s’il ne s’était rien passé » ? Et ce, non pour notre propre confort, mais bien pour relier l’un et l’autre à l’abondance durable de la vie, en fait à Dieu, origine de cette vie abondante. 
À cet « autre » certes d’entendre un appel, qu’il a liberté de réfuter, au risque de « mourir ». Ce risque de mort manifeste la responsabilité du médiateur qu’est Ézéchiel. 

Responsable
Avez-vous remarqué la ténacité avec laquelle, dans l’évangile, le disciple blessé repart au contact de qui l’a meurtri : il y va d’abord seul puis s’il n’est pas écouté, avec une ou deux personnes, puis si cela ne fonctionne pas, la démarche est engagée avec l’appui de la communauté toute entière. 
Proposition peu habituelle en ce qui nous concerne, que d’associer toute la communauté. Il est vrai que le texte de Matthieu est écrit dans les années 70, alors que la pratique des premières communautés chrétiennes était de traiter collectivement du péché d’un membre en vue de sa réintégration dans la communauté ou de son rejet de l’Église, s’il ne fait pas retour. 
Revenons à Ézéchiel ; le Seigneur lui dit sans ambiguïté « si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui le méchant mourra de son péché, mais à toi je demanderais compte de son sang » ; sachant que le sang dans l’Ancien Testament, c’est la vie de la personne. Lourde responsabilité donc pour le prophète qui n’aurait pas insisté auprès du pécheur pour qu’il se détourne de sa conduite criminelle !
Lourde responsabilité du disciple de l’évangile, conscient de l’importance de cette réconciliation, puisqu’il va chercher d’autres personnes et même toute la communauté pour convaincre le pécheur de faire retour. Une responsabilité qui a de fortes conséquences là encore : « ce que vous aurez lié sur la terre, sera lié dans le ciel et ce que vous aurez délié sur la terre, le sera dans le ciel. »
Mais une responsabilité accompagnée par Jésus : « quand 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Une parole semble-t-il citée seulement dans Matthieu et pour cette circonstance.

Médiateur du pardon
Comment ne pas lier cette réconciliation, avec le pardon. D’ailleurs, le texte de Matthieu que nous avons entendu est suivi par une intervention de Pierre s’adressant à Jésus : « combien de fois dois-je pardonner à mon frère » et Jésus de répondre « jusqu’à 77 fois 7 fois ». 
Nous nous sommes interrogés, lors de la préparation, sur le sens du pardon. Ce n’est pas d’abord le souci du pardon qui est sur le devant de la scène, mais celui de la vie du criminel. Le Seigneur dans Ézéchiel a souci que ce dernier vive au-delà de son acte, s’il accepte de reconnaître sa faute, tout comme cela est exprimé dans l’évangile (« s’il t’écoute, tu as gagné ton frère »).
Pour parvenir à ce résultat, Ézéchiel, comme le frère blessé, sont allés vers, ce qui suppose la conviction que le « pécheur » ne se réduit pas à sa faute, que l’on peut cheminer ensemble vers un retournement. Mieux, les frères évoqués dans l’évangile, osent avoir foi dans celui qui a fauté, lui permettant le repentir ; ils s’emploient à lui faire confiance, à l’accueillir dans ce qu’il est, et donc à lui pardonner ; mais au-delà de leur pardon, Ils sont aussi les médiateurs du pardon de Dieu.
Et puis, Paul dans le court passage que nous avons lu, nous encourage à cette dynamique de l’écoute bienveillante et du pardon ; il insiste sur l’amour des autres comme permettant le plein accomplissement de la Loi. Et 2 versets plus loin, il dit : « écartons les œuvres des ténèbres, revêtons les habits de lumière, marchons bellement ».
Nous vous proposons suite à cette expression du pardon et de la dynamique de l’amour ,de réciter 2 fois ensemble les deux phrases du Notre Père :Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.

André Letowski 

Chant : Ne rentrez pas chez vous comme avant

Ne rentrez pas chez vous comme avant,
Ne vivez pas chez vous comme avant,
Changez vos cœurs, chassez vos peurs,
Vivez en hommes nouveaux.

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