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Dimanche 8 novembre. “Veillez !”

« Voici l’époux ! Venez à sa rencontre. » (Matthieu 25)

Accueil : la Parole comme une lumière

Alors qu’Isabelle vient de nous quitter, les textes de ce dimanche surgissent comme une lumière. Ils nous parlent de l’espérance : la mort n’est pas une fin en soi, nous devons vivre dans l’espérance, car Dieu nous emmènera avec lui, comme il a ressuscité Jésus, nous dit Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens.
Encore faut-il ne pas se laisser surprendre ! Comme ces jeunes filles insouciantes qui, invitées à une noce, y arrivent en retard pour avoir oublié l’huile de leur lampe et trouvent les portes fermées.
Il faut rester à l’écoute de Dieu pour ne pas manquer son appel, être prêt au moment de sa venue ce qui suppose d’être disponible, ouvert à l’accueil. « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
Mais il arrive que Dieu nous semble lointain, d’où ce cri du psaume 62 : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube », mais heureusement vient la réponse du Livre de la Sagesse : « Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas ; il la trouvera assise à sa porte. »
Au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Bruno de Benoist

Psaume 62

écouter le psaume

Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

Dans la nuit, je me souviens de toi
et je reste des heures à te parler.
Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.

Première lettre de Saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (4, 13-18)

Frères,
nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ;
il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ;
de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.
Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci :
nous les vivants, nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur,
nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.
Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine,
le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ
ressusciteront d’abord.
Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là,
nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur.
Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.
Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire.

Acclamation de l’Évangile

Écouter l’Alléluia de Schütz

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (25, 1-13)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    « Le royaume des Cieux sera comparable
à dix jeunes filles invitées à des noces,
qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
    Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
    les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
    tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
    Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
    Au milieu de la nuit, il y eut un cri :
‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’
    Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
    Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes :
‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’
    Les prévoyantes leur répondirent :
‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous,
allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’

Vierges, voûte de la cathédrale, Albi

Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva.
Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces,
et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent :
‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’
Il leur répondit :
‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Une veille active aujourd’hui

Cet évangile se situe aux chapitres 24 et 25 de Matthieu, juste avant le récit de la passion du Christ qui commence en Mt 26,1 : « Plus que deux jours, et ce sera la Pâque, qui verra le Fils de l’homme livré à la croix ». Il s’agit donc d’un contexte eschatologique. Exemple en Mt 24, 11-14 : « Les faux prophètes se multiplieront, ils en tromperont plus d’un. L’empire du faux s’étendra ; nombreux ceux qui aiment et qui aimeront moins. Mais sera libéré celui qui aura résisté jusqu’à la fin. Puis, l’Évangile du Règne sera proclamé en tout lieu habité. Et les nations devront se prononcer. Alors, ce sera la fin ».

« Veillez », nous dit le Christ. Qu’avons-nous échangé sur cette veille lors de la préparation de cette liturgie en équipe pastorale ?

Une veille aimante très active, qui manifeste un désir très fort (« Mon âme a soif de toi … ton amour vaut mieux que la vie… », nous dit le psaume du jour, la capacité d’accueillir l’imprévisible, « … car le jour et l’heure, vous ne les connaissez pas ». Une veille dans l’espérance : « il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance… », nous dit Paul dans son épître du jour.
Une veille active aujourd’hui : la parabole des talents et les assises du jugement dernier (« J’ai eu faim et vous m’avez nourri… ») suivent immédiatement ce texte au chapitre 25.
Une veille tendue vers la rencontre : « Voici l’époux ! Allez à sa rencontre. »
Une veille qui nous met face à nos choix, comme pour l’homme qui construit sa maison (Mt 7,24-27) : choix de l’homme sage qui la construit sur le roc, … ou celui de « l’insensé » qui la construit sur le sable ? Un choix « d’entendre ses paroles (celles de Jésus) et de les mettre en pratique » ou un choix de « les entendre sans les mettre en pratique » ? Le choix, ici, des jeunes filles « sages » de prendre assez d’huile pour veiller ou celui des « insensées » de ne pas en prendre assez ?
C’est donc une veille dans la sagesse à laquelle cet évangile nous invite. « Penser à elle (cette sagesse) est la perfection du discernement, et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci…. Dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre » (texte du jour Sg 6,12-16).
Rencontre qui nécessite donc, dans nos vies de tous les jours, tant notre « écoute-discernement-mise-en-pratique » des paroles du Christ que notre « veille-attention » aux autres (« j’étais malade, vous avez veillé sur moi » Mt 25,36), rencontres qui nous mènent tout droit à la rencontre de l’Époux à la fin des temps, rencontre rappelée par Paul dans son épître du jour, « Ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. »

Jean-Philippe Browaeys

Chant : « Le Seigneur passe » (texte : CFC – musique : Jacques Berthier)

écouter le chant (abbaye d’En Calcat)

Le Seigneur passe … Ouvriras-tu quand frappe l’inconnu ?
Peux-tu laisser mourir la voix qui réclame ta foi ?
Le Seigneur passe … Entendras-tu l’Esprit de Jésus-Christ ?
Il creuse en toi la pauvreté pour t’apprendre à prier.

Le Seigneur passe … Éteindras-tu l’amour qui purifie ?
Veux-tu le fuir et refuser d’être l’or au creuset ?
Le Seigneur passe … Entreras-tu dans son eucharistie ?
Rappelle-toi que dans son corps il accueille ta mort.

Le Seigneur passe … Oseras-tu lancer ton cri de joie ?
Christ est vivant, ressuscité. Qui voudra l’héberger ?
Le Seigneur passe … Attendras-tu un autre rendez-vous ?
Pourquoi tarder ? Prends avec lui le chemin de la vie.

Credo

Écrit en 2017 par un groupe de parents préparant leur enfant au baptême, accompagnés par Isabelle et Philippe Pépin

Nous croyons en Dieu,
Il est présent dans nos éclats de joie
mais aussi dans nos moments de détresse.
C’est Lui, le créateur, qui donne la force de vie.
Nous croyons en Jésus, son fils,
qui a partagé notre condition humaine,
II nous a enseigné par sa vie et sa parole un message d’amour et d’unité,
à voir l’autre comme un frère.
Il est au milieu de nous dans l’eucharistie
et lorsque deux ou trois sont réunis en son nom.
Par sa résurrection, il nous invite à traverser nos morts quotidiennes
et nous précède dans une vie nouvelle.
Nous croyons en l’Esprit qui souffle sur toute la terre,
Il nous apprend à croire en accueillant le doute.
Il nous pousse à vivre le message du Christ de paix
et de fraternité avec tous les hommes de bonne volonté.
Nous croyons dans l’Église universelle,
Elle dépasse les frontières des églises visibles.
Elle puise sa force dans la diversité des membres
qui la composent.
Nous croyons que le Royaume que Dieu a créé
se vit ici et maintenant.
La pierre que chacun de nous y apporte est essentielle.

Lecture du Livre de la Sagesse 6, 12-16

La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas.
Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment,
elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première.
Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas :
il la trouvera assise à sa porte.
Penser à elle est la perfection du discernement,
et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci.
Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ;
au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ;
dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre.

Chant : Fais paraître ton jour Y53 (Rimaud – Berthier)

écouter le chant

Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce,
Fais paraître ton jour : que l’homme soit sauvé !

Par la croix du Fils de Dieu, signe levé qui rassemble les nations,
Par le corps de Jésus-Christ dans nos prisons, innocent et torturé,
Sur les terres désolées, terres d’exil, sans printemps, sans amandier.

Par la croix du Bien-Aimé, fleuve de paix où s’abreuve toute vie,
Par le corps de Jésus-Christ, hurlant nos peurs dans la nuit des hôpitaux,
Sur le monde que tu fis, pour qu’il soit beau, et nous parle de ton nom.

Par la croix du Serviteur, porche royal où s’avancent les pécheurs,
Par le corps de Jésus-Christ, nu, outragé, sous le rire des bourreaux,
Sur les foules sans berger et sans espoir qui ne vont qu’à perdre cœur.

Allélu, Alléluia, Alléluia, Allélu, Alléluia (ter) !

Le portail des vierges folles et des vierges sages de Strasbourg

Dans l’ébrasement de droite, figurent trois vierges sages tenant fièrement leur lampe et à leur côté, près du piedroit du portail, se tient le Christ qui les bénit. En face d’elles, à gauche – du mauvais côté forcément – les vierges folles baissent la tête de dépit. Sauf une qui s’agite devant un jeune homme situé tout à gauche, magnifiquement vêtu à la dernière mode, une couronne sur la tête et tenant une pomme en souriant. La vraie identité de ce personnage se lit dans son dos : crapauds, serpents et reptiles divers le désignent comme le Tentateur. Sa présence dans ce fameux portail droit de la façade occidentale de la cathédrale de Strasbourg donne un sens plus moral à la parabole des vierges folles et des vierges sages. Pour les fidèles qui passaient par ce portail, le message était clair : il faut faire le bon choix, rejeter le Mal et choisir le Bien d’autant plus qu’il y va du salut éternel ; en effet, comme dans l’évangile de Matthieu, les personnages de la parabole sont placés dans la perspective du Jugement dernier qui est représenté dans le tympan et les voussures du portail. 
Le thème des vierges folles et des vierges sages apparaît dès le IVesiècle dans l’iconographie chrétienne mais c’est seulement dans le monde germanique à la fin du XIIIesiècle qu’il acquiert un caractère monumental, en plaçant les statues en ronde bosse des vierges dans les ébrasements des portails, là où habituellement, en France notamment, sont figurés les apôtres, les saints, les personnages de l’Ancien Testament ou des épisodes de l’Histoire sainte comme l’Annonciation. Il s’agit bien d’inciter tous les chrétiens jusqu’au laïc le plus modeste, à se conformer à la Loi divine édictée par l’Église.

Pierre Sesmat

    1. Jean-luc LECAT-DESCHAMPS says:

      Oui, comment allons-nous nous retrouver pour partager la parole et cheminer ensemble au cours de ce nouveau confinement ?
      préparation ensemble ? Rencontre de partage
      par zoom ? Comment inventons-nous de nous rejoindre ? De nous nourrir ?
      Jean-Luc

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