Djihad ?

7h du matin, un SMS me réveille : « Maman ne t’inquiète pas, l’attentat de cette nuit était

loin de chez moi ; j’ai entendu l’explosion mais je ne suis pas en danger ». Ma fille qui vit

à Beyrouth me rassure. Encore une fois. Quelle serait ma réaction s’il lui arrivait quelque chose ?

Comment a pu réagir la mère d’Hervé Gourdel, l’otage français assassiné en Algérie ? Comment ne pas être envahi par la révolte et aussi par la haine ? Et si l’un de nos enfants, l’un de nos proches, était victime d’un attentat à Paris ? Ne serions nous pas débordés par la soif de vengeance ? La pulsion de destruction et même de cruauté n’est elle pas aussi en moi ?

Dieu es-tu là quand les fanatiques décapitent leurs otages ? Es-tu là quand ils égorgent les enfants ? Es-tu là quand ils violent les femmes et les vendent sur le marché ?

Djihad, en arabe, m’explique ma fille, cela signifie d’abord l’effort de conversion vers Dieu, le combat intérieur. C’est le grand djihad. Puis ce mot, le petit djihad alors, a désigné le combat extérieur, la guerre sainte pour convertir le monde à l’Islam. Pas le terrorisme, en aucun cas.

J’aimerais devenir une fidèle de la lutte intérieure contre la haine. Pourchasser en moi tout ce qui relève du vœu que l’autre n’existe pas. Si chacun de nous pouvait entrer dans le « grand djihad » qui est, selon moi, l’équivalent du combat de l’amour !

G.M.P.

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