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Du bon usage du vermillon

Recul du sens civique ? Crise de confiance ? Mutation de la démocratie ? À chaque élection, l’abstention progresse un peu plus. En 50 ans, elle aurait été multipliée par deux. D’autres formes d’expression civique ont au contraire le vent en poupe : on se mobilise aujourd’hui plus facilement pour des actions à court terme sur des thèmes précis, humanitaires, écologiques ou sociétaux.

Mais si la démocratie d’élection conserve dans son principe un rôle central, comment ramener les citoyens vers les urnes ? Au IVème siècle avant notre ère, la démocratie athénienne avait connu un problème semblable. Pour obliger les citoyens récalcitrants à participer à l’Assemblée du peuple, des archers traversaient la ville avec une corde enduite de vermillon puis infligeaient, à l’arrivée, une amende à quiconque était taché de rouge. Quel « vermillon » imaginer aujourd’hui contre la langueur électorale ? Rendre le vote obligatoire ? Ce serait remédier à l’ effet, non à la cause .

À l’approche des européennes, il peut être bon de rappeler qu’avant le désir d’agir, il y a la possibilité d’espérer. Montrer comment le vote de chacun peut avoir un impact sur le cours des choses, préciser les enjeux (ouverture ou repli identitaire ?…), identifier les choix possibles et leurs finalités pourrait permettre aux citoyens de se réapproprier les élections. Et à la démocratie représentative de retrouver des couleurs…. Du vermillon, par exemple !

Michel Lahaie

Billet du dimanche 21 octobre 2018

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