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Du lumbago… à la gratuité

Port d’une lourde charge dans un contexte d’évolution d’arthrose… et je me retrouve littéralement cloué au lit deux semaines avec un lumbago aigu et rebelle : expérience directe, très physique, de mon corps et de ma dépendance, surtout quand je tombe sans pouvoir me relever seul. Un seul disque en cause, sur les 33 vertèbres, quelques muscles parmi les quelques centaines… Je réalise mieux que tout le reste marche et que j’y pense non-seulement rarement mais difficilement. Je réalise aussi plus profondément que les médicaments aident mais que l’essentiel de la vraie réparation progressive, c’est mon corps qui le fait souvent lui-même, grâce à des centaines de millions d’années d’évolution de la vie qui a sélectionné ces mécanismes subtils d’autoréparation.

Arrive un bon moment d’amitié, et sur un sujet qui me passionne, et je ne sens presque plus mes douleurs pendant quelques heures… Drôle, non ? Nos cerveaux fabriquent chimiquement leurs propres antidouleurs… Émerveillement.

Je repense aux livres de Christoph Théobald qui insistent sur la gratuité, inconditionnelle, de ce que nous héritons de la nature, de la vie, de l’humanité. J’ai du mal à rentrer dans l’accueil intime de cette gratuité, mais je la comprends mieux aujourd’hui, physiquement. Etre obligé (!) de ralentir m’a rendu disponible à cette vie donnée.

Un émerveillement paisible, malgré les résistances, devient possible : derrière les vertèbres à assouplir…, c’est aussi l’amitié que je reçois que je me sens invité à accueillir avec émotion, que je me sens invité à vivre, apaisé. Approfondissement d’une sérénité à découvrir. Un travail de petites libérations progressives que j’ai envie de poursuivre…

Michel Ray

Billet du dimanche 3 juin 2018

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