Quand on est « confiné » chez soi, on peut, en plus des tâches domestiques, écouter la radio, regarder la télé… On peut téléphoner, dessiner, peindre, cuisiner, dormir, rêver, que sais-je ?… On peut aussi écrire, ce que je fais pour cette chronique, comme d’autres saint-merriens et saintes-merriennes. Tout le monde le peut. Il ne faut pas hésiter. Il faut se lancer. 

Elena Ferrante, l’auteure des quatre romans qui composent en 2000 pages la saga de « L’amie prodigieuse », a publié l’année dernière L’Invenzione occasionale, traduit en français par Elsa Damien sous le titre Chroniques du hasard, aux éditions Gallimard. C’est le recueil des 51 chroniques hebdomadaires qu’elle a publiées au long de l’année 2018 dans The Guardian, à la demande du journal. Le livre, illustré de 52 merveilleuses illustrations d’Andrea Ucini, tout en délicatesse et comme baignées d’une lumière toscane, est un véritable livre d’art, à petit prix (16, 50 euros), un beau cadeau pour vos amis quand vous aurez pu retrouver le chemin de votre libraire.

En attendant ce jour béni, je reviens à ma suggestion première : écrire, et j’ouvre le livre d’Elena Ferrante à la page 65 :

Si vous éprouvez le besoin d’écrire, il faut absolument le faire. Ne vous fiez pas aux propos des autres, tels que : « Je te le dis pour ton bien, ne perds pas ton temps avec ça. » L’art de décourager avec des paroles affectueuses est des plus répandus. Ne croyez pas non plus ceux qui vous disent : « Tu es jeune, tu n’as pas beaucoup d’expérience, tu ferais mieux d’attendre. » On ne remet pas l’écriture au jour où on aura assez vécu et assez lu, où on aura un bureau à soi, avec un jardin en terrasse donnant sur la mer, où on aura été exposé à des expériences extrêmes, où on vivra dans une ville stimulante ou bien retiré dans un refuge montagnard, où on aura eu des enfants et où on aura beaucoup voyagé. On peut certainement attendre pour publier, ça oui, et on peut même décider de ne pas publier du tout. Mais écrire ne doit absolument pas être subordonné à un « après que » (…)

Jean Verrier

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