Effondrement ou mutation ?

L’effondrement, c’est celui des pratiques religieuses depuis le milieu des années 60. Estimée à 25%, la pratique dominicale est tombée aujourd’hui à 2% , selon un sondage IPSOS publié dans La Croix (12/1/2017). Un décrochage massif analysé dans le livre de Guillaume Cuchet Comment le monde a cessé d’être chrétien. L’auteur passe d’abord en revue les mutations sociales et culturelles qui ont favorisé cet effondrement : déclin du monde rural, hausse de l’instruction, évolution des modes d’autorité. Selon lui, une mauvaise interprétation de Vatican II a déclenché, sans la provoquer, cette rupture. La sortie de la culture du devoir et de l’obligation aurait brouillé les repères de nombreux fidèles : plus de messe obligatoire, de péché mortel, d’enfer, de fins dernières…

Mais cet effondrement présenté à grand renfort de courbes et de statistiques, n’est-ce pas avant tout celui d’un catholicisme venu d’un monde rural multiséculaire où la « pastorale de la peur » alimentait une pratique de tradition ?

Avec le passage d’une Église d’autorité à une Église d’appel , ne serait-ce pas plus juste de parler de mutation  ? Si des églises ferment, des formes communautaires nouvelles apparaissent (pas seulement à Saint-Merry !) pour reformuler, revitaliser l’espérance chrétienne et « poursuivre avec l’homme ACTUEL ce dialogue commencé par Dieu dans le Christ. » (Jean-Paul II)

Michel Lahaie

Billet du dimanche 1er juillet 2018

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