Eglise de France ou Eglise en France ?

En pleine coupe du monde de football, Église de France ou Église en France, ce n’est pas le débat du siècle. Et pourtant... La chronique de Jean-François Petit
Saint-Merry, 5 juin 2014
Saint-Merry, 5 juin 2014

En pleine coupe du monde de football, Église de France ou Église en France, ce n’est pas le débat du siècle… Et pourtant, lors de soirée du 5 juin sur l’avenir de l’Eglise, Pietro a attiré notre attention sur le sujet. L’expression Église de France porte effectivement le risque de cléricalisme. Elle ne semble pas bien rendre compte de la diversité et la richesse des pratiques ecclésiales en France… Et pourtant, il y a de bonnes raisons de la maintenir. Un peu d’histoire : pendant des décennies, une pression a été faite pour que nous parlions de l’Église en France. Pourquoi ? Soi-disant pour manifester notre communion avec Rome, pour éviter tout relent de gallicanisme, etc. L’important était de signifier le lien direct des diocèses avec le Siège de Saint Pierre. Dont acte. Résultat des courses : une dérégulation massive. Facile de dire qu’on a le soutien de Rome (ce qui souvent resterait à vérifier) plutôt que d’avoir le souci de l’unité dans un diocèse. Facile de dire qu’il est important d’être en phase avec le magistère romain alors que les instances locales mériteraient d’être fortifiées.

L’avez-vous remarqué ? Le pape François semble vouloir valoriser les conférences épiscopales. Heureuse orientation ! Elle favoriserait une plus grande concertation, un vrai travail dans des commissions, une plus grande insertion dans les débats publics… et non « chacun fait ce qui lui plaît ». Le travail dans les dicastères ne peut pas prendre en compte toutes les spécificités locales. Une administration aussi réduite n’a pas le pouvoir d’impulser des dynamismes fondamentaux, qui doivent partir des communautés… et un peu de l’Esprit Saint. Certes, il n’est pas bon de faire comme si le ministère de Pierre n’existait pas, à un moment où le pape François, en parfaite continuité avec Benoit XVI, veut le rendre plus ouvert à l’œcuménisme. Mais il n’est pas bon non plus de vouloir contourner systématiquement les provinces ecclésiastiques, les instances collégiales, etc. dont l’Église de France a besoin, surtout pour ses réalités les plus fragiles ou ses périphéries. Alors, Église en France ou Église de France ? Le débat est ouvert !

 

Jean-François Petit

1 Commentaire

  • J’ignorais que la forme « Église en France » avait été préférée à « Église de France » pour éviter tout relent de gallicanisme et renforcer le magistère romain. Reste que pour moi « Église en France » ouvre le débat à l’avenir commun de toutes les communautés chrétiennes y compris donc celles de nos frères protestants qu’une déclaration romaine avait naguère laissés à la porte de »l’Église » (catholique romaine, traduisons: « universelle -romaine », ce qui frise l’oxymore). On pourrait aussi s’interroger sur la différence entre « Islam de France » et « Islam en France » . Comme quoi 2 petites prépositions (catégorie grammaticale un peu fourre-tout) peuvent ouvrir une véritable « dispute » qui n’a rien de byzantine.

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