En ce moment, l’atelier « famille(s)» de Saint-Merry  a du pain (bioéthique) sur la planche…

Lors de l’atelier du 3 mai, nous avons réfléchi autour de la bioéthique et voulons vous partager nos réflexions. En effet, intégrer les demandes sociétales conduit à travailler sur un discernement qui intègre ces demandes et nos convictions de croyants : c’est que nous sommes à la fois citoyens et croyants. Dans ce cas, imposer nos convictions à la société, pour que celles-ci soient traduites telles quelles dans la loi, ne nous a pas paru la voie à suivre ; nous optons largement pour la participation et l’interrogation.

Les contributions sont closes depuis le 30 avril ; maintenant les organisateurs des Etats généraux synthétisent les différentes contributions (au-delà de celles recueillies sur le site web et au-delà des soirées débats) qu’ils proposent au gouvernement et au parlement.  Que nous est-il, à nous, proposé de faire ? Nous informer encore parce que les questions posées sont complexes ; échanger pour briser les stéréotypes pour envisager la réalité dans sa diversité.

Le thème principalement abordé à l’atelier a été celui de l’euthanasie, et quelque peu celui de la PMA et de la GPA. Cette approche a été enrichie par plusieurs témoignages personnels.

 Plusieurs questions ont été posées, que nous retranscrivons pour aider à la réflexion:

  • Le droit à ou le droit de : exemple en ce qui concerne la PMA ou la GPA ; s’agit-il du droit à l’enfant ou d’abord des droits de l’enfant ? L’accueil de l’enfant n’exige-t-il pas d’abord l’amour de ceux qui le reçoivent et leur engagement pour cet enfant dans la durée ?

  • Faut-il légiférer encore, notamment en ce qui concerne la fin de vie ? La loi a instauré les soins palliatifs, l’évitement de l’acharnement thérapeutique, la co-responsabilité médecin-patient, et la possibilité de directives anticipées. Pour leur mise en œuvre, beaucoup reste à faire ; ne vaut-il pas mieux d’abord s’atteler à cela, plutôt que de résoudre ces questions par l’euthanasie ?

  • La responsabilité du corps médical, du proche, de la personne de confiance est lourde ; qui doit être en définitive responsable dans le cas d’une fin de vie ? Le corps médical seul, plus expérimenté à faire face ? Le proche, la personne de confiance pour qui il est difficile de décider la fin de vie, bien que la personne l’ait demandée (au sens pas d’acharnement thérapeutique) ?

  • L’importance de l’humanité des soignants, de ceux qui accompagnent (la famille et amis proches)

  • Mais aussi ne doit-on pas dépénaliser celui-là qui a facilité une fin de vie où la souffrance était trop vive et non endiguable par les médicaments ?

  • Le respect du choix de la personne, qui en ne s’alimentant plus, va doucement vers la mort. Laisser mourir n’est pas faire mourir.

  • La réflexion, les décisions doivent être appréhendés collégialement par les personnes en situation, chacune dans leur rôle.

  • L’écoute, le respect du plus faible, de celui qui ne peut s’exprimer, celui qui souffre, en situation souvent de passivité

  • Le primat doit-il être d’abord donné au droit individuel à bénéficier de la PMA, GPA, euthanasie… (qui parait une demande forte) ou plutôt au respect de valeurs héritées et sans cesse requestionnées (dignité de la personne, respect du plus faible, respect de la vie) qui font obstacle à la liberté des individus, mais dans le souci de faire société ? N’y-a-t-il pas des limites légitimes à poser, des limites à assumer ?

En définitive, plus que la loi, il nous semble que le respect de l’humain, l’engagement responsable et dans la durée, la recherche du discernement sont premiers, laissant de l’espace au traitement au cas par cas, sachant aussi que la loi demeure nécessaire pour cadrer.

Autres sujets abordés également le 3 mai à l’atelier « famille(s) » de Saint-Merry : 

Marguerite a rendu compte de deux séminaires en lien avec Reliance,  dont un où Hélène Bricout, professeur de théologie sacramentaire, a expliqué « comment les sacrements et la communion vivante de tous les chrétiens sont impactés par le refus de donner l’absolution à un chrétien divorcé vivant en couple »… Depuis, nous avons également rencontré les Mignonat, animateurs de Reliance.

Nous poursuivons aussi notre travail sur le genre, et sur la transmission de la foi et des valeurs.
Un texte regroupant nos réflexions devrait sortir à l’automne.
Notre atelier a du pain sur la planche…

Vous êtes invités à venir voir ou participer … au prochain atelier, le jeudi 14 juin, à Saint-Merry.

La réunion, toutes les 6 semaines environ, commence par un repas fraternel à partir de 19 h, souvent à une dizaine, puis le cercle se densifie jusqu’à 20h, et les échanges se poursuivent jusque 22 h, selon l’ordre du jour envoyé à chacun. Entre temps, l’équipe d’animation n’est pas inactive. Chacun, même les absents qui l’ont demandé,  reçoit un compte-rendu consistant et les projets ; on échange par internet  de la documentation à lire, des suggestions et la discussion reprend et se poursuit parfois dans un café…

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