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« En toi, sa joie ! »

Au réchauffement de la terre, le refroidissement des âmes. Et si la cause du réchauffement était avant tout et surtout le refroidissement des âmes ? Ça tombe bien, l’Évangile de ce jour nous annonce le feu ! Le feu de l'Esprit dans nos âmes refroidies dans le désert de nos sociétés et les lourds glaciers de nos habitudes qui eux ne fondent pas.

13 décembre 2015
3ème dimanche de l’Avent
Année C

Lectures
1ère lecture : « Le Seigneur exultera pour toi et se réjouira » (So 3, 14-18a)
2ème lecture : « Le Seigneur est proche » (Ph 4, 4-7)
Évangile : « Que devons-nous faire ? » (Lc 3, 10-18)

  Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean
lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. ».
(Lc 3, 10-14)

accueil

Bienvenue à tous, et particulièrement à vous, délégués de la CIDSE venus à Paris de plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Nord pour la COP21. Bienvenue au Père Joseph Sayer qui est avec vous.
Nous allons commencer, comme nous avons l’habitude de le faire, par un temps de paroles ici autour de ce que nous appelons le carré. Ce temps a été préparé depuis lundi dernier par plusieurs d’entre nous avec aussi  Chiara et Marie Paule, en partageant sur les textes d’aujourd’hui. Puis nous monterons au chœur pour le repas eucharistique et nous terminerons notre prière de nouveau autour du carré.
Vous êtes là pour la COP21. Elle est  terminée, plus ou moins satisfaisante !
Mais tout commence ! Continuons à travailler ….
Représentants de 17 ONG catholiques de développement, dont le CCFD Terre solidaire, vous travaillez pour la solidarité internationale à travers des engagements dans les pays du Sud, des actions de plaidoyers pour la justice et le développement durable.
Ce matin, vous nous rejoigniez sur le chemin vers Noël que notre communauté a entamé depuis 2 dimanches en relevant ce que nous voyons naitre de beau et de bon dans nos vies et dans le monde. Aujourd’hui nous écouterons et célèbrerons avec vous les bonnes nouvelles dont vous êtes porteurs.
L’évangile du jour interroge : “que devons-nous faire ?” et à la suite de ce « faire », un baptême de feu est annoncé. Sophonie et Paul nous appellent à la joie.
Alors laissons-nous entraîner dans ce mouvement de joie, dans ce feu, engageons-nous ensemble sur ce chemin qui nous est proposé.

Myriam Glorieux

P1080535Commentaire à partir de l’ Évangile

Au réchauffement de la terre, le refroidissement des âmes. Et si la cause du réchauffement était avant tout et surtout le refroidissement des âmes ?
Ça tombe bien, l’Évangile de ce jour nous annonce le feu ! Le feu de l’Esprit dans nos âmes refroidies dans le désert de nos sociétés et les lourds glaciers de nos habitudes qui eux ne fondent pas. On imagine cette foule ardente ou perdue sur les rives ensoleillées du Jourdain, on les imagine faire la queue, étouffer de chaleur, s’entasser, s’écraser pour prendre son ticket de passage comme à la sécu pour faire trempette, pour faire baptême.

Et bien le baptême ne suffit pas ! Jean le devine… JB pour les intimes. JB se voit traqué par la terrible question trois fois répétée, trois fois martelée : Que devons-nous faire ?
Une question brûlante d’actualité en ces temps de barbarie : que devons-nous faire ? JB répond par un programme : partagez vos vêtements, votre nourriture, ne nous matraquez pas d’impôts, et aux militaires et policiers : Ne faites violence à personne ! C’est rassurant … surtout en État d’Urgence … Bref un modus vivendi, un vivre ensemble appréciable certes mais ça sent l’eau tiède, ça sent la morale tout ça. Mais il n’est pas dupe, il va plus loin, il ose déclarer « Moi, je vous baptise avec de l’eau mais il vient, celui qui vous baptisera dans l’Esprit et le feu.» Il devine … le JB, il intuite … le JB que l’eau, le baptême, la lessive des péchés, les rites, les consignes, les règles et les lois du vivre ensemble tout cela est sans doute nécessaire pour faire sens, pour faire société, pour faire Église peut-être … mais pour faire l’homme ? Très très insuffisant …

Avec le Christ, on change de registre. C’est la rupture ! Avec le Christ, on passe direct de l’eau au feu ! On demandait à Cocteau « Si votre maison brûlait … de toute urgence qu’emporteriez-vous ? Et le grand Cocteau répondit « J’emporterais le feu bien sûr » et que déclare Jésus ? « Je désire allumer un feu sur la terre ». Vous me direz ça ne va pas arranger le réchauffement climatique. Évidement il s’agit d’un tout autre feu, le feu qui nourrit l’âme affamée, le feu du cœur, le feu qui bouge au delà de nos peurs. Quelle grandeur, vraiment, grandeur de Jean le Baptiste quand il saisit que le Baptême qu’il a tant pratiqué n’est pas le fin du fin même si le baptême nous ouvre la voie. Le fin du fin c’est le feu de l’Esprit, le feu intérieur, ce même feu qui brûle Jésus, qui brûlera les disciples d’Emmaüs au point de les voir courir comme des fous pour annoncer et partager ce feu.
Je ne sais pas vous mais moi j’ai toujours mais toujours ce désir fou qui me prend aux tripes de partager le feu de l’Évangile. Pas vous ? « Tout ce qui n’est pas donné est perdu » murmure un proverbe indien. Tout ce qui n’est pas donné est perdu. Les disciples ont donné, ils ont tout donné. Non pas le petit vivre ensemble tiède et tranquille de sacristie mais le feu intérieur au cœur du cœur de notre foi agissante, militante et créatrice. La foi, disait Marcel Légaut, ce chrétien laïc des temps modernes, « La foi se reconnaît à sa fécondité ». Puisse notre foi féconder, innnover et inventer des actes et des gestes forts et fraternels dans ce monde en souffrance, en manque d’amour et de justice.

Dois-je vous avouer mes amis que je ne vois pas pour autant le feu de Dieu, me pardonnerez-vous ? Mais je vois des visages éclairés. Je ne vois pas la lumière de Dieu mais je vois des regards lumineux. Je ne vois pas le vent mais je vois les feuilles qui bougent et je vois des hommes et des femmes de feu, des cœurs qui bougent où Dieu se laisse saisir parfois. Vous savez mes amis que c’est à un sourd que nous devons « l’Hymne à la Joie » ? Beethoven était sourd et il entendait la joie, cette joie intime et intérieure qu’il précipitera sur une partition, cette même joie intime et intérieure que Jésus, l’artiste, sèmera dans le cœur des disciples, cette joie que Sophonie nous livre dans la lecture qui va suivre. Sophonie dit : «Le Seigneur ton Dieu est en toi, il aura en toi sa joie». Dieu aura… en toi …en toi … sa joie. Au réchauffement de la terre, le refroidissement des âmes. Laissons Dieu faire sa petite musique de joie dans les profondeurs de notre prière intime et nous vivrons, à n’en pas douter, une fécondité étonnante et débordante.

Pierre Castaner

En forme de paraphrase de la Prière eucharistique n°4.

P1080533Père très saint, nous proclamons en ce dimanche de la Joie de la Création, que tu es grand et que tu as créé le monde dans lequel nous vivons avec sagesse et par amour, alors que nous ne le respectons pas toujours: Tu as fait l’être humain à ton image, et tu lui as confié l’univers, afin qu’en te servant, toi son Créateur, il gère avec sagesse ta création en devenant attentif à ses moindres gémissements. Oui, toi tu nous invites à sauvegarder et à construire la maison commune

Et si parfois nous nous détournons de toi en mettant en cause ces biens précieux que sont l’air, l’eau, la biodiversité, le patrimoine génétique… ou tout simplement la vie, Toi  tu ne nous laisse pas tomber. Dans ce début d’ année de la miséricorde, que nous célébrons plus particulièrement aujourd’hui, nous reconnaissons que tu viens toujours en aide, Toi, le seul Seigneur et Sauveur,  à tous ceux qui cherchent au plus profond de leur cœur, pour qu’ils puissent te trouver et vivre en amitié, sans causer de dommages à personne, en agissant comme protecteurs et non comme prédateurs du monde, pour semer la beauté et non la pollution et la destruction .

Tu as multiplié les alliances avec ta création toute entière et avec chacun de nous, et tu nous as formés, par la longue cohorte des saints et des prophètes mais aussi des Lanza Del Vasto et des Gandhi, des Lebret, Folliet ou des Ellul et Charbonneau, de ces héros connus et inconnus de l’écologie, dans l’espérance du salut, pour nous et les générations futures.

.           Tu as tellement aimé notre monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu’il soit notre Sauveur. Conçu de l’Esprit Saint, né de la Vierge Marie, il a vécu notre condition d’homme en toute chose, excepté le péché, annonçant à chacun, et spécialement  aux plus pauvres, aux paumés, aux estropiés, aux boiteux que nous sommes tous, la Bonne Nou­velle du salut ; aux captifs, la délivrance ; aux affligés, la joie d’un jour nouveau.

Pour accomplir  en actes ton amour, ton Fils s’est livré lui-même à la mort, et, par sa résurrection, il a détruit la mort et renou­velé la vie.

Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes, mais à lui qui est mort et ressuscité pour nous, il a envoyé d’auprès de toi, comme premier don fait à tous, l’Esprit Saint, qui pour­suit son œuvre dans le monde  d’aujourd’hui, de façon cachée ou plus manifeste, par toutes nos actions et nos prières faites en ton nom.

Que ce même Esprit Saint, nous t’en prions, Seigneur, sanc­tifie ces offrandes : qu’elles deviennent ainsi + le corps et le sang de ton Fils dans la célébration de ce grand mystère que lui-même nous a laissé en signe de l’Alliance éternelle.

Quand l’heure fut venue où tu allais le glorifier, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout : pendant le repas qu’il partageait avec eux, il prit le pain, il le bénit, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. »

De même, il prit la coupe remplie de vin, il rendit grâce, et la donna à ses disciples en disant : « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi. »

 Anamnèse

Voilà pourquoi, Seigneur, nous faisons, avec joie, mémoire de ces engagements en faveur de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création : en rappelant que la  mort  n’a pas le dernier mot, nous offrons ce que nous avons et ce que nous sommes, pour continuer Ta présence dans le monde, en faveur d’une plus grande équité environnementale, d’une planète débarrassée de ses pollutions, alors que nous savons bien désormais que les ressources de la terre ne sont pas inépuisables

Regarde, Seigneur, cette offrande que tu as donnée toi-même à ton Église ; accorde à tous les membres de notre communauté qui vont partager ce pain et boire à cette coupe d’être vraiment rassemblés dans la paix et la bienveillance par l’Esprit Saint en un seul corps,  pour qu’ils puissent témoigner de ta sollicitude pour chacun de nous .P1080534

Et maintenant, Seigneur, rappelle-toi tous ceux avec qui nous nous présentons devant toi : le pape François, qui ne cesse de demander en ce début d’année de la miséricorde que l’on prie pour lui, notre évêque André, nos paroisses et nos communautés et tous  les membres de notre assemblée présents ou unis par la pensée, l’ensemble des croyants qui ne sont mobilisés pour cette Cop 21, la foule de tous qui cherchent à favoriser cette conversion écologique dont nous avons besoin, c’est-à-dire cette véritable révolution culturelle et spirituelle qui nous donnera d’être présents différemment au monde, dans une sobriété heureuse, dans une abondance frugale, dans un partage authentique. Souviens-toi aussi de nos amis, de nos parents, des victimes des guerres, des violences ou des désordres climatiques, qui sont morts dans la paix du Christ, et de tous les morts dont Toi seul connais la foi.

À nous qui sommes tes enfants, accorde, Père très bon, assez de courage pour continuer notre route et nos engagements en faveur d’un monde de justice et de paix, d’hospitalité  à l’égard non seulement des migrants mais de la création toute entière, en nous confiant à Marie qui a ouvert un chemin de dialogue pour tous les croyants, avec des Apôtres et de tous les saints, dans ton Royaume, où nous pourrons, avec la création tout entière enfin reconnaitre que, oui, tout est lié, tout est  fragile mais tout nous a été donné.

jean-François Petit

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