« Entrons dans la vie »

« Nous faisons aujourd’hui mémoire de nos frères et sœurs en humanité qui ne sont plus et – heureuse coïncidence du calendrier – nous célébrons la résurrection du Christ et celle qui nous est promise ». Le commentaire des textes de notre célébration du 2 novembre

2 novembre 2014
31ème dimanche du Temps Ordinaire

Année A

Commémoration de tous les fidèles défunts

Lectures de la messe du 2 novembre 2014
1ère lecture : La vie de tout homme est dans la main de Dieu (Sg 2,23; 3,1-6.9)
 2ème lecture : Passer par la mort avec le Christ pour vivre avec lui (Rm 6, 3-9)
 Evangile : Voici l’heure d’entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)

Commentaire des textes

Nous faisons aujourd’hui mémoire de nos frères et sœurs en humanité qui ne sont plus et – heureuse coïncidence du calendrier – nous célébrons la résurrection du Christ et celle qui nous est promise. Voilà qui nous oblige à penser en un même temps ces deux réalités antinomiques que sont la mort et la vie qui définissent notre condition ; à les penser en termes de passages de  la mort  à la vie, qui définissent notre vocation.
Lorsque nous avons partagé sur ces textes mardi dernier, nous avons été frappés par leur convergence en un message d’espérance qui est aussi et surtout un appel à choisir la vie dès ici et maintenant, sans nous laisser abattre par les discours et menaces mortifères du monde. C’est en ce sens que la parole de l’évangéliste nous instruit et nous libère: bonne, excellente nouvelle en effet pour nous de savoir que ce fameux « Jugement » qui a fait trembler des générations de chrétiens, trouve sa meilleure définition et prend tout son sens dans la capacité du disciple  à réfléchir cette parole, c’est-à-dire à l’intérioriser et à la traduire en actes dans ses choix personnels, des choix de résurrection, avec les risques que cela comporte. « La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux » affirme sereinement le livre de la sagesse qui ne cache pas pour autant un passage par l’épreuve. Epreuve précisée dans la lettre de Paul qui explicite le sens du baptême chrétien : une plongée dans la mort à la suite du Christ pour entrer dans sa vie par la résurrection. Rappelons que le Christ lui-même parle de sa mort prochaine comme d’un baptême qu’il doit recevoir. (Luc 12.50, Mc 10.38 ;39). Au total, ces textes nous font entrer dans le grand mouvement d’une vie qui, par des choix conscients, se renouvelle et se communique. La foi en la résurrection donne corps à notre espérance.

Ce qui n’empêche que face à la mort de nos proches et à la perspective de la nôtre nous serons toujours à la peine. Douleurs de la séparation, regrets des relations ou projets inaboutis, peurs de l’inconnu et donc, difficulté de voir dans l’évangile autre chose …qu’une vue de l’esprit. Sauf si nous confrontons cette parole à la réalité de nos chemins de vie avec leurs temps forts : joies intenses ou profondes souffrances  qui, les unes comme les autres, ont l’art de nous dépouiller de nous-mêmes et de nous ouvrir à  des dimensions de notre être jusqu’alors inexplorées ; de faire tomber nos défenses face à l’autre. C’est sans doute cela qu’a voulu exprimer dans une de ses chansons Léo Ferré : « Miracle des voyelles, il semble que la mort est la sœur de l’amour ». Les temps de deuil ne sont-ils pas en effet des moments où l’amour émerge de manière plus tangible, se dit de manière plus explicite ?
Ne serais-ce pas déjà dans notre ici bas un peu de cet au-delà ?

Alain Clément

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