Tu es bon et plein d’amour

Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.

Celui qui a des oreilles,
qu’il entende !

Dimanche, 23 juillet 2017

PREMIÈRE LECTURE
« Après la faute tu accordes la conversion » (Sg 12, 13.16-19)
PSAUME
(Ps 85 (86), 5-6, 9ab.10, 15-16ab)
DEUXIÈME LECTURE
« L’Esprit lui-même intercède
par des gémissements inexprimables » (Rm 8, 26-27)
ÉVANGILE
« Laissez-les pousser ensemble
jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-43)

Commentaire de l’Evangile : Matthieu XIII 24-30

 

Dimanche dernier c’était un semeur
qui répandait ses graines n’importe où…
aujourd’hui il s’agit peut-être d’agriculture bio,
puisque les herbicides sont proscrits !

Matthieu est le seul des quatre évangélistes
à nous rapporter cette étrange parabole,
mais il ne s’agit pas d’agronomie.
En réalité, Matthieu s’attaque à un problème énorme,
celui de notre attitude devant le mal.

Il ne sera possible que d’esquisser quelques pistes de réflexion.
Faudrait-il alors comprendre
que nous n’avons qu’à laisser tranquillement le mal,
sous toutes ses formes, s’épanouir et opérer librement ses ravages,
en attendant qu’à la fin du monde
le Fils de l’homme vienne y mettre bon ordre.
C’est un peu plus compliqué !

Alors, je propose de nous interroger à partir de deux constats :

1. Dieu seul est juge du bien et du mal.
En la matière, nous sommes largement incompétents.
Cependant, pour vivre en société, nous ne pouvons pas faire autrement
que de nous y essayer et il faut bien convenir que nous pataugeons allégrement.
Qu’il suffise de constater les diversités des appréciations
qui ont été portées sur certains comportements au cours de l’histoire.
Ou encore ce qui est radicalement jugé scandaleux dans tel pays
est parfaitement légitime dans tel autre.

2. Le bien et le mal, tels que nous parvenons maladroitement à les appréhender,
sont intimement mêlés au plus profond de chacun d’entre nous.
Nous sommes tous plus ou moins cabossés ;
nous sommes un peuple de pécheurs, mais aussi un peuple de saints.
Il est rarissime que nos comportements soient purement bons ;
de même, il est rarissime qu’ils soient purement mauvais.
Le bien et le mal sont toujours mélangés, en proportions variables
dans chacun de nos actes, de nos pensées ou de nos sentiments.

Quelles conclusions pratiques pouvons nous en tirer ?

Les sociétés humaines ont tendance à exclure ceux qui ne sont pas « conformes ».
Nos églises ne se sont pas privées, au cours de l’histoire et encore récemment
de promulguer de telles normes excluantes.
Et nous avons beaucoup de mal à en sortir…
Qu’il suffise de constater les oppositions rencontrées par le pape François
lorsqu’à la suite du Synode de la famille, il propose un accueil pleinement fraternel
des personnes en situation « dite irrégulière ».
Les Etats de tous temps et certains d’entre eux actuellement s’illustrent tristement
en excluant, en allant jusqu’à massacrer ceux qui sont différents,
sous prétexte qu’ils incarneraient le mal.

Et nous ? sommes nous certains d’être accueillants et fraternels ?
Ne sommes nous pas aussi tentés d’adopter une attitude d’exclusion
lorsque nous croyons voir en tel ou tel frère une pousse d’ivraie ?
Dans nos communautés humaines, familiales, ecclésiales,
sommes nous réellement disposés à instaurer des relations bienveillantes
avec ceux qui ne pensent pas comme nous,
qui n’ont pas les mêmes normes morales que nous ?
Ceci ne signifie pas que nous devions faire preuve à leur égard de complaisance,
lorsque leur comportement est manifestement incompatible
avec le respect de leurs semblables.
La véritable fraternité consiste alors à concilier bienveillance et fermeté
dans la dénonciation du mal.

Et comment traiter les brins d’ivraie en chacun de nous ?
Dans la mesure où nous les voyons…
Un exemple célèbre est celui d’Origène qui s’était mutilé
afin de ne plus avoir d’occasions de pécher.
C’est un cas extrême, un exemple à ne pas suivre ;
mais certaines éducations rigoristes ne sont elles pas mutilantes ?
Le refus du plaisir, l’austérité érigée en principe,
ne conduisent ils pas, bien souvent à l’inverse du résultat recherché ?
« Qui veut faire l’ange fait la bête », nous disait Pascal.

Pour conclure ?
Revenons tout simplement à la Sagesse :
« Tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain. »
Etre humain, ça veut dire être fraternel en mariant bienveillance, droiture et fermeté.

Robert Picard, 23 juillet 2017.

 

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