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Et avec votre esprit ! Seulement ?

Et cum spiritu tuo ! Enfant, j’entendais « Et comme spiri toutou haut ». Je me demandais ce qu’un chien venait faire dans cette réponse. À présent je m’interroge sur la dissymétrie de cette invocation. Le prêtre nous souhaite que « Le Seigneur soit avec vous », à nous en notre entier. Pourquoi répondons-nous « Et avec votre esprit » ? L’esprit, seulement ? Depuis quand et comment a été définie cette réponse restrictive ? Et qui l’a imposée ? Est-ce à dire que les prêtres sont supposés avoir atteint un tel niveau d’élévation spirituelle que leur corps en est devenu négligeable ? Pourtant c’est bien connu, qui veut faire l’ange, risque de faire le toutou ! Vu l’actualité, je me suis mis à modifier en douce ma réponse — et je ne suis pas le seul, je crois — à l’invocation du prêtre. Je réponds « Et avec vous (ou toi) aussi ». Même nombre de syllabes, même fin en i. Personne n’y entend que du feu. Mais le feu de l’Esprit, espérons !

Pierre Sesmat

Billet du dimanche 9 décembre 2018

4 Comments

  • Merci à Pierre Sesmat pour ce petit bijou qui, au-delà de l’humour nécessaire, s’ouvre sur des questions fondamentales…
    Mine de rien, je lui confirme que moi aussi.

  • “Personne n’y entend que du feu” ? n’y entendre que du feu ou plus couramment “n’y voir que du feu” signifie “ne s’apercevoir de rien”. Mais avec la “double négation” personne et ne… s’aperçoit de rien” cela veut dire : tout le monde s’aperçoit, tout le monde entend… Oui, oui… chut ! moi aussi, j’ai entendu…
    Pardon pour cette règle de… grammaire !
    Mais donnons-nous surtout le feu vert de la recherche : d’où vient ce curieux dialogue apparemment inégal, pourrions-nous l’entendre s’il a quelque chose de profond à nous dire ? Et si ce n’est pas le cas que faire ?
    Car si je changeais “librement” un mot, une phrase dans la ou les prières que nous disons ensemble à haute voix, chaque fois que je ne comprends pas le mot ou la phrase ou si tout simplement elle ne me plaît pas, ça donnerait quoi : une polyphonie ou une cacophonie ?

    Et finalement je suis allée à la recherche de l’origine, du sens… et en premier lieu, déjà, sur Internet
    Ci-dessous, ce que j’ai trouvé de plus intéressant et qui m’a donné à penser la question : le prêtre quand il célèbre l’eucharistie, comment le voyons-nous ? Qui disons-nous qu’il est ?
    Et nous, assemblés (assemblée), rassemblés là et à ce moment, qui sommes-nous ? ce “vous” à laquelle la salutation est adressée : “Le seigneur est (ou soit) avec vous” renvoie à un “nous”. Quel “nous” Celui d’Ekklesia i.e.toute l’humanité appelée à la résurrection ? ou seulement… communauté de St-Merry troublée dans ses difficultés actuelles ?
    (envoyé par courriel à Alain Cabantous avec contenu de l’article).
    Suggestion : un échange sur la question (réunion à prévoir) ?
    Bien à vous
    Jacqueline

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