Et tous, ils étaient guéris

 

3 Avril 20016

1ère lecture : « Des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachèrent au Seigneur » (Ac 5, 12-16)

Psaume : Ps 117 (118), 2-4, 22-24, 25-27a

2ème lecture : « J’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles » (Ap 1, 9-11a.12-13.17-19)

Evangile : « Huit jours plus tard, Jésus vient » (Jn 20, 19-31)

 Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort,
mais il posa sur moi sa main droite, en disant :
« Ne crains pas.
Moi, je suis le Premier et le Dernier,
    le Vivant :
j’étais mort,
et me voilà vivant pour les siècles des siècles ;
je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.«

 

Accueil

Bonjour, et bienvenue à chacune et à chacun,
les fidèles de la communauté de Saint-Merry comme les amis de passage.
Nous sommes tous rassemblés ce matin, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

C’est aujourd’hui le 2ème dimanche de Pâques et
même si c’est encore la joie de la résurrection qui domine,
les textes du jour semblent marqués par la peur :
la fuite des premiers chrétiens devant les persécutions,
la peur des disciples, enfermés dans leur maison de Jérusalem,
la peur de la foule qui n’osait pas rejoindre les apôtres.

Ces textes nous renvoient inévitablement à nos propres peurs.
Comment d’abord ne pas penser à la peur de nos frères chrétiens du Pakistan,
qui ont perdu la vie au moment même de célébrer la résurrection ?

Mais ce sont aussi nos propres peurs qui sont en cause,
peut-être moins existentielles,
mais qui nous paralysent tout autant et nous empêchent d’agir :
la peur de l’avenir,
la peur de l’engagement,
mais peut-être aussi la peur de ne pas oser croire à une nouvelle
si bouleversante qu’elle devrait transformer entièrement nos vies :
oui, le Christ est ressuscité, il est vivant !

Mais les textes du jour nous disent aussi :
pas d’inquiétude, comme toujours, Jésus est là !
Et ce qui est frappant, c’est que Jésus se dévoile progressivement :
il ne s’impose pas, il accepte de nous rejoindre dans nos craintes.
D’ailleurs, étymologiquement,
le dévoilement, c’est la signification du mot apocalypse.

Jésus nous dit d’abord « Je suis le premier des vivants ».
Il nous dit ensuite « La Paix soit avec vous ».
Alors, que notre foi s’affermisse.
Comme Thomas, comme les apôtres,
passons de la peur à l’apaisement, de l’enfermement à l’action,
de la paralysie à la mise en route.

Et si nous acceptons de faire cette Pâques, ce passage,
de nombreux témoins pourront voir en nous
des signes de la présence de Dieu et dire
« Tous étaient guéris ».

Vincent Moreau

 

A propos des textes.

Vous savez, les apocalypses sont une littérature de résistance.
Résistance dans la persécution.
Comme celle que les premiers chrétiens ont vite subie dans l’empire romain.

C’est de cela que parle Jean et son livre :
« Moi, Jean, votre frère et compagnon dans la persécution ».
On n’aurait pas cru,
mais nous avons, aujourd’hui,
beaucoup de frères et de compagnons qui nagent dans la persécution.
A contrecourant. D’où la persécution.

Arrive alors la présence du Vivant :
N’ayez crainte, je suis le premier et le dernier.
J’ai la clé de la vie et de la mort.
En effet, il y a de quoi rassurer, de quoi donner de la vie.

Vous savez, la persécution peut conduire à affronter le mal,
à la résistance, à la lutte,

ou bien à la peur paralysante, au rétrécissement,
à la contraction du corps et de l’esprit.
Comme les disciples,
portes verrouillées,
fenêtres closes,
cœurs gelés de peur.

Et voilà le Vivant au milieu d’eux qui apporte la paix.
Et l’esprit.
Et le pardon.
De quoi rassurer et de quoi faire vivre.

Vous savez, ce pardon et cette paix,
l’Esprit et le Vivant au milieu de nous,

ils ne sont pas là pour le décor
ou pour provoquer quelques gloussements de jouissance spirituelle.

Leur présence au milieu des disciples a une visée précise :
porter de fruits.
Tous ils étaient guéris.

Jésus Asurmendi
Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Te louer et te bénir,
voici ce que nous voulons faire aujourd’hui,
une semaine après les célébrations pascales.

Et il y a de quoi.

Nous te remercions Dieu notre Père
parce que tu viens aujourd’hui encore
pour ouvrir les portes de la peur
que nous fermons avec hâte et frénésie.

Nous te remercions car tu envoies ton esprit
qui dégèle nos cœurs et nos esprits.

Nous te rendons grâce car la sérénité et la paix
que nous pouvons goûter malgré tout nous vient de toi.

Rien de tout cela n’aurait pas été possible sans ton Fils,
notre Seigneur, le Vivant, le premier et le dernier.

Et nous te remercions encore pour Françoise et Sandra
qui ont été baptisées ici même, dans cette communauté,
une Eglise ouverte et pleine d’enthousiasme,
même si nous sommes très conscients de nos limites et de nos failles.

Ce chœur de remerciements, Dieu notre Père
nous te le présentons pour Jésus notre Christ
et par Lui, en union avec les cieux et la terre entière.

Je détiens les clés de la mort.
Ce n’est pas une image,
ce n’est pas une affirmation apprise dans les livres
ni dans des cercles savants.

C’est du vécu. C’est une expérience.
Oui, Ton Fils, Dieu notre Père est le Vivant
pour toujours car il a traversé la mort.

Il y a eu la nuit de Pâques après le vendredi de la mort.
Il est le ressuscité, mais il est le crucifié.
Il sait de quoi il parle.
Il connaît le fruit de l’Esprit qu’il nous donne,
du souffle de Vie.

Que tu nous le donnes encore de telle sorte
que ce pain et ce vin deviennent
les signes du corps et de sang de notre Seigneur,
ton Fils, Jésus le Christ.

Cette action de grâce s’enracine, Dieu notre Père,
dans le mémorial de notre Seigneur, de Jésus,
le Christ et nous le faisons en accomplissant sa volonté :
faire le mémorial de sa vie de sa mort et de sa résurrection.
Tout en l’attendant, lui Le Vivant.

Cette célébration de la mort et de la résurrection de notre Seigneur
nous donne de la forme et nous ouvre l’horizon.
Déchire les ténèbres de la souffrance et de la persécution,
réelles pour beaucoup, imaginée pour d’autres,
mais mortifère dans tous les cas.

Résister, tenir. Il nous faut de la force,
du tonus et la forme physique et surtout spirituelle.
En prenant part au repas du Seigneur,
nous buvons à la source, nous mangeons le pain de vie.

Que l’Esprit fasse de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur,
un seul corps, une Eglise de résistants, une Eglise de vivants.

Une Eglise qui, en conséquence, produit de fruits.
Et que tous ceux qui en sont membres,
que tous ceux qui se frottent à elle,
que tous ceux qui ont affaire à elle,
soient guéris, éclatant de vie, de la Vie du Ressuscité.

Jésus Asurmendi
Envoi

« Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des

disciples qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour

que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant,

vous ayez la vie en son nom ».

Cette phrase marque la première fin de l’Evangile de Jean,

et en résume le message essentiel.

C’est à nous d’écrire aujourd’hui les signes de la présence de Dieu dans le monde.

Soyons donc les témoins de la vie de Dieu, afin qu’en nous voyant,

et surtout en voyant nos actes transformer le monde,

tout homme et toute femme puisse dire :

oui, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Vincent Moreau

 

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