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Eveiller l’aurore

Un poème de Jacqueline Casaubon

 

Baisser les bras, fermer les yeux,
Trembler, se recroqueviller,
Est-ce la solution.
Si nous fermons nos rideaux
Nous ne verrons jamais le jour se lever.

En quelques années,
Des milliards d’hommes
Ont été tués, déportés,
Achevés comme des bêtes.

La vie a disparu dans nos abîmes.
La terre en a tremblé d’effroi,
Son cœur s’est fissuré.

Comment franchir les ravins
De la violence.
Comment rester des nomades,
Dangereux voyageurs sans frontières.

Le jour ne peut pas se lever
Tout est verrouillé.
Des monstres humains,
Faucheurs aveuglés,

Ont englouti
Les pauvres, les plus frêles,
Avec leurs barques et leurs radeaux.
Leur destinée portait
Un nom nouveau, dangereux,
« Ailleurs ».

Comment éveiller l’aurore
Si nous restons muets.

Quelles places
Pour les femmes maltraitées,
Pour les enfants, objets de plaisir,
Habitants des rues,
Des bidonvilles et des favelas.
Que penser des tout petits
Qui n’ont pas eu leur compte de vie.
Dans nos villes
Nous côtoyons les glaneurs du soir,
Ils font leur marché dans nos poubelles.

Installer la paix,
Se réconcilier avec elle,
Est-il encore temps.
Quand la peur
Ne nous fera plus trembler de peur,
Nos fenêtres grandes ouvertes
Laisseront s’échapper
Des farandoles d’amour.
Alors, enfin
Le jour se lèvera.

                                                  Jacqueline Casaubon

                                                              

 

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