Exotisme

Je reviens d’un séjour dans le sud de l’Espagne.

J’ai vu un confessionnal pour sourds muets dans une église du XVIIIème siècle.  Apres une cérémonie familiale, j’ai partagé le déjeuner avec le prêtre, Légionnaire du Christ, qui citait Benoît XVI.  J’ai observé avec attention les plaies du Christ, les coudes  et genoux en lambeaux, les larmes de sang, détaillées avec un réalisme chirurgical, exhibition outrée de la douleur, chefs d’œuvre de la sculpture baroque peinte, et toujours vénérés avec grande dévotion.

 Qu’est ce que je fais de tout cela ?

Je suis confronté à des formes que prend la foi, éloignées de celles que je vis et que j’ai choisies ; des manifestations que j’aurais bien du mal à défendre devant certaines attaques .

Plus jeune, j’aurais sans doute adopté un jugement définitif, tête baissée. Je me défends aujourd’hui d’y porter le regard d’un exotisme amusé, dans le temps ou l’espace.

 Je me confronte à l’expérience d’une foi  protéiforme, mais partagée. Attentif à l’intime  sentiment d’appartenance à une même Eglise, je repense et cultive  notre réflexion menée pendant le Carême sur la fraternité.

 Au sein de l’Eglise que chacun aime et défend, comment replacer au cœur de notre appartenance la foi partagée, plutôt que la réaction aux différences ? Quelles expériences en avez-vous ?

Raphaël de Villers

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