voûte de la chapelle Sixtine Rome

Face à la violence

Textes lus à la veillée du Jeudi Saint
28 mars 2018
après la célébration

Introduction à la prière dans le chœur :

 

Nous y sommes, au mont des oliviers
Jésus sait que l’heure est venue
L’ambiance est tendue,
On respire la menace.
C’est là que commence l’escalade de violence jusqu’à la croix
Violence croissante
Violence angoissante
Violence mortifère.
Que fait Jésus face à la violence ?
Que faisons-nous face à la violence ?
Face à la violence de ces guerres qui ne finissent pas de finir, Syrie, Palestine, Yémen…,
violence banalisée.
Face à la violence des populations déplacées, des migrants expulsés, des apatrides,
violence diabolisée.
Face à la violence du terrorisme, du fanatisme, du fondamentalisme,
violence aveugle.
Face à la violence de toutes les formes d’esclavage moderne,
violence inhumaine.
Face à la violence à l’école, dans les cités ou à la rue,
violence victimaire.
Face à la violence faite aux femmes, traitées comme des objets à posséder,
violence maquillée.
Face à la violence au travail, celle du harcèlement moral, de la tyrannie de l’efficacité,
violence infernale.
Face à la violence avec nos proches, dans le couple, entre parents et enfants, entre amis,
la violence de la confiance trahie, de l’illusion perdue, du cœur brisé,
violence déchirante.
Face à la violence des armes, mais aussi celle des paroles qui blessent et des silences qui tuent.

Nous vous invitons à penser à une violence particulière

Une violence qui vous prend aux tripes
Qui vous assaille, qui vous poursuit, qui vous possède.
Que l’on soit victime, agresseur ou simple observateur impuissant.
Une violence insupportable.

Nous vous invitons à nommer cette violence

et à l’écrire sur le post-it que vous avez sur la feuille de chant
Au cours de ce petit temps de méditation rythmé par quelques textes et de la musique
Nous vous invitons à regarder la violence identifiée
A la sortir, et à la mette face à vous.
Ce n’est pas pour l’expliquer, la justifier ou la condamner.
C’est juste pour pouvoir l’observer.
A la fin de la méditation, chacun déposera son post-it dans la corbeille …
Toutes les violences collectées,
Seront mises demain autour de la croix
Pour qu’elles puissent devenir une traversée vers la vie.

Face à la violence, le désarroi

Psaume 54

1/ Mon Dieu, écoute ma prière, n’écarte pas ma demande.
Exauce-moi, je t’en prie, réponds-moi ; inquiet, je me plains.
Je suis troublé par les cris de l’ennemi et les injures des méchants ;
ils me chargent de crimes, pleins de rage, ils m’accusent.
Mon cœur se tord en moi, la peur de la mort tombe sur moi ;
crainte et tremblement me pénètrent, un frisson me saisit.
2/ Pour moi, je crie vers Dieu ; le Seigneur me sauvera.
Le soir et le matin et à midi, je me plains, je suis inquiet.
Et Dieu a entendu ma voix, il m’apporte la paix.
Il me délivre dans le combat que je menais ; ils étaient une foule autour de moi.
Décharge ton fardeau sur le Seigneur : il prendra soin de toi.
Jamais il ne permettra que le juste s’écroule.

Face à la violence, oser crier

Message du Pape François aux jeunes,
suite à leur manifestation gigantesque
contre les armes, aux États-Unis

« Chers jeunes, c’est à vous de prendre la décision de crier,
c’est à vous de vous décider pour l’Hosanna du dimanche,
pour ne pas tomber dans le « crucifie-le ! » du vendredi…
et cela dépend de vous de ne pas rester silencieux.
Si les autres se taisent, si nous, les aînés et les responsables
– bien des fois corrompus – restons silencieux,
si le monde se tait et perd la joie,
je vous le demande : vous, est-ce que vous crierez ?
S’il vous plaît, décidez-vous avant que les pierres ne crient ! »

Face à la violence, se libérer de la haine

Texte d’Antoine Leiris suite à l’attentat au Bataclan

« Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie,
la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine.
Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir,
vous êtes des âmes mortes.
Non, je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr.
Vous l’avez bien cherché, pourtant, mais répondre à la haine par la colère,
ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes.
Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant,
que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu.
Vous n’aurez pas ma haine. »

Face à la violence, apprendre à dire « j’ai besoin de toi »

Texte de Jean Vanier

« Nous sommes amis toi et moi parce que j’ai rencontré ta fragilité
et tu as rencontré la mienne.
Immense solitude de beaucoup dans notre société occidentale,
beaucoup de paumés, d’oubliés, de blessés,
ne nous étonnons pas que la violence surgisse.
Face à la barbarie, l’appel que je reçois me fait dire qu’il nous faut
de toute urgence faire communauté d’amour et donc dire à son voisin ou
son ami « j’ai besoin de toi » ou bien « as-tu besoin de moi ? ».

Face à la violence, entendre une promesse

Texte de Philippe Claudel, extrait du Rapport Broedeck :
un père s’adresse à sa petite fille, née d’un viol collectif subi par sa femme.

« O petite Poupchette … certains te diront que tu es l’enfant du rien,
que tu es l’enfant de la salissure,
que tu es l’enfant engendrée de la haine et de l’horreur.
Certains te diront que tu es l’enfant abominable conçue de l’abominable,
que tu es l’enfant de la souillure, enfant souillé déjà bien avant de naître.
Ne les écoute pas, je t’en supplie, ma petite, ne les écoute pas.
Moi je te dis tu es mon enfant, et que je t’aime.
Je te dis que de l’horreur naît parfois la beauté, la pureté et la grâce.
Je te dis que je suis ton père à jamais.
Je te dis que les plus belles roses viennent parfois dans une terre de sanie.
Je te dis que tu es l’aube, le lendemain, tous les lendemains,
et que seul compte cela qui fait de toi une promesse.
Je te dis que tu es ma chance et mon pardon.
Je te dis ma Poupchette, que tu es toute ma vie. »

Face à la violence, le pardon

Texte de Joseph Pierron

Pardon !
Donné par Lui,
« grâce à Lui »,
Donné à travers Lui,
Se donner avant d’être pris,
Dieu nous veut pardonnant
et nous veut pardonnés,
Réconciliés, en paix.
Oser l’inouï, se dépasser.

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