Tympan Conques ©fc

Faire retraite

Pour préparer mon premier billet, j’ai décidé de faire retraite. Dans un lieu qui m’est cher, Tamié, une communauté accueillante et vivante, des offices priants en grégorien français d’une grande pureté, un cadre superbe par grand beau temps et douce lumière automnale.

Mais quel est le sens de cette retraite ? Faire le vide des pensées et préoccupations secondaires, voire parasites, qui m’encombrent ? Traverser un sentiment d’aridité en me pliant au rythme régulier des offices ? A défaut de prier, ce qui m’est souvent difficile, tenter du moins de percevoir le murmure de Dieu ?

Et si c’était une forme de fuite, conformément à l’étymologie du mot, un retrait momentané du monde, dans un lieu où se cacher, se dérober?

Comment y puiser une énergie pour pouvoir vivre plus pleinement, au cœur du monde, l’appel de Dieu et la rencontre de son prochain ? Peut-être dans les riches échanges avec mes cinq compagnons de retraite ? Dans le fait de prendre le temps d’écrire -une écriture lente loin des courriels et autres formes de communication rapide – à des amis proches et lointains ? Dans les ballades en montagne en rendant grâce pour la beauté du monde ?

Et soudain, samedi matin, au moment de quitter l’abbaye, le choc, d’autant plus brutal, de l’horreur, difficile à réaliser, les SMS et appels avec famille et amis pour se rassurer et prendre soin les uns des autres. Comment relire cette retraite au regard de ce déchainement de haine et de violence ? Cela ne la rend-il pas un peu dérisoire ? Ou, au contraire, d’autant plus nécessaire et porteuse de sens ?

Didier Peny

Billet du dimanche 22 novembre 2015

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