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faites ceci en mémoire de moi

Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

Jeudi Saint le 13 avril 2017

PREMIÈRE LECTURE
Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)
PSAUME
(115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)
DEUXIÈME LECTURE
« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur » (1 Co 11, 23-26)
ÉVANGILE
« Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)

Introduction

Paroissiens de Saint-Merry et membres de la communauté du Centre pastoral Saint-Merry,
nous sommes heureux d’être ensemble pour accueillir celles et ceux venus d’ailleurs
pour partager cette célébration du Jeudi Saint.
Elle sera suivie – pour celles et ceux qui le souhaitent – d’une veillée jusqu’à minuit.

Nous nous accueillons les uns les autres « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

En ce Jeudi Saint, nous sommes réunis pour commémorer la Cène.
Nous étions huit la semaine dernière avec Daniel pour préparer cette célébration
et d’emblée nous avons éprouvé le besoin de consulter un dictionnaire.
Cène vient du latin cena, c’est le repas du soir, le dîner.

Aujourd’hui, l’Eglise nous invite à faire mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples,
le soir, avant sa mort.
Nous ferons aussi mémoire du don de l’Eucharistie et du sacerdoce confié par le Christ.
Mémoire, mémoire… serions-nous entrainés par la mode actuelle des cérémonies mémorielles ?

Une lecture des trois textes proposés par l’Eglise en ce Jeudi Saint donne réponse à cette question.
Le texte de l’Exode, la première lettre de Paul, et l’évangile de Jean sont bâtis de la même manière.
Ils commencent par un récit, le rappel d’une tradition, la narration d’une histoire ;
puis ils annoncent un événement, un signe, quelque chose de nouveau ;
et ils finissent sur une demande : “faire mémoire“.

Mais, à y regarder de plus près, la demande de “faire mémoire“ porte sur ce qui est nouveau
et non sur l’histoire ancienne.

La première lecture présente le rite de la Pâque juive. Ceux qui ne le respectent pas seront châtiés.
Les autres recevront de la part du Seigneur un signe dont ils devront d’âge en âge faire mémoire.

L’épitre relate le dernier repas de Jésus.
Son « faites cela en mémoire de moi » s’applique à la nouvelle Alliance.

L’évangile rapporte la tradition de laver les pieds du visiteur qui a parcouru un chemin poussiéreux.
Ce qui est nouveau : c’est que cette tâche est accomplie par le maître et non par le serviteur.
Et c’est de cela dont nous devons non seulement nous souvenir, “faire mémoire“
mais c’est cela que nous devons faire les uns pour les autres. Être serviteur !
Nous symboliserons le geste du lavement des pieds à la fin du temps de la Parole.

Ainsi, avant de faire mémoire commençons par discerner ce qui est nouveau dans nos vies,
dans notre communauté, dans l’Eglise, dans notre pays et dans le monde.
Plus encore, nous sommes appelés à faire du nouveau, à inventer du neuf,
à créer des signes et des gestes dans tous ces domaines personnels, sociétaux, ecclésiaux, politiques…
Ce sont sur les fondements de la nouveauté que se constituent
notre mémoire personnelle, notre mémoire commune.

L’Eucharistie que nous allons partager est chaque fois – comme le dit le texte de Paul –
chaque fois nouvelle ; elle n’est ni routine, ni répétition.
L’Eucharistie est chaque fois une création qui s’incarne dans l’épaisseur de nos vies…

Quand tout à l’heure, nous partagerons le pain de la vraie vie et le vin du Royaume,
réveillons dans nos mémoires la promesse de l’inépuisable nouveauté du don de Dieu.
Maintenant, entrons plus avant dans notre célébration :
« Dieu est en attente » !

Michel Bourdeau

Commentaire de l’évangile

Le récit de l’évangile que nous allons écouter commence par une parole grave, solennelle :
 » Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout « .

Il va accomplir un acte libre, un acte d’amour.
Les disciples sont déjà à leur place, lorsque Jésus se lève de table pour leur laver les pieds.
Un geste qui s’intègre au cours du repas,
on ne peut pas le dissocier du partage du pain et du vin.

Dans son évangile, Jean ne mentionne pas la 2 e partie.
Jésus emprunte notre façon de faire,
il a vu autour de lui ces gestes simples et coutumiers à son époque,
du lavement des pieds et du partage du pain.

Il a pris ce qu’il y a de meilleur en nous
que l’Esprit a déposé dans le cœur de tous les humains.
Une leçon concrète, « Ce que j’ai fait, faites le, vous aussi. »
Tout l’amour de Dieu est contenu dans ce geste.

Se réalise alors l’alliance entre le  Faire de l’homme et le Faire de Dieu.
La prière de Dieu ne peut rejoindre l’homme qu’à la dernière place,
pour le conduire à la place impossible à l’homme, sans Lui.

Le lavement des pieds signifie que l’élévation de l’autre commence
dans l’humble service que nous lui rendons, parce que nous l’aimons.
Aujourd’hui, dans notre rencontre avec l’autre,
c’est Jésus que nous accueillons.

Jacqueline Casaubon,
guidée par des méditations de Christian de Chergé

Nous parles-tu, aujourd’hui, seigneur ?

Ou bien nous aurais-tu abandonnés.

Pourtant mon cœur me dit autre chose.
Tu es là,

Chaque fois que le visage de l’autre
Ne nous est pas indifférent.
Tu es là,

Quand la clameur du pauvre et du malheureux
Jaillit de tous les continents.
Tu es là,

Lorsqu’un élan fraternel germe de notre terre.
L’indicible Amour
Que tu as greffé au plus profond de notre être,
Accompagnera l’humanité, jusqu’à son dernier souffle.

Autrement, mon cœur doit regarder.
Je m’abandonne à toi.
Mon cœur est prêt, Seigneur.

Jacqueline Casaubon

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