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Fake news d’aujourd’hui et d’hier

Economiste de formation, j’essaie de combattre le nombre impressionnant d’âneries et de contre-vérités que l’on trouve sur les réseaux sociaux au sujet de la finance et de l’économie relayées pas des amis. Exemples : les 100 premières fortunes françaises suffiraient à effacer la dette de l’Etat ; les concessions autoroutières ont été payées par le contribuable avant d’être privatisées ; les entreprises du CAC 40 ne paient pas l’impôt sur les sociétés ; les bénéfices, c’est comme les dividendes…

Le leitmotiv est toujours le même : « faire payer les autres encore plus mais surtout pas nous ». Dans un pays avec 80 milliards d’euros de déficit et 100 % de dettes rapportés au PIB, il a de quoi sourire.

Mais le procédé n’est pas récent. Le 18e siècle ne s’est pas privé de recourir au même procédé pour diaboliser l’Ancien Régime et le Moyen Âge. Parlons du « droit de cuissage » qui ne fut jamais ni un droit et encore moins une tradition mais que Voltaire présente comme tel dans son Essai sur les mœurs de 1756. Citons encore les « oubliettes » dessinées par Viollet-le-Duc mais qui semblent sorties en grande partie de son imagination.

Au-delà du clin d’œil historique, l’importance que peuvent prendre les mensonges dans notre société « ultra informée » m’inquiète, surtout qu’un sondage récent indique qu’un quart des français croit aux théories du complot, qu’ils soient judéo-maçoniques ou autres Illuminati…

La lutte contre le mensonge est devenue, mine de rien, un enjeu majeur.

Xavier F.

Billet du dimanche 24 février 2019

 

3 Comments

  • Je voisine probablement avec Xavier Fougerat chaque dimanche, mais je ne sais pas qui il est ; j’aimerais bien le rencontrer car je me retrouve bien dans son billet.
    A côté des mensonges économico-politiques, il y a aussi, de façon plus insidieuse, un état d’esprit très répandu qui consiste à refuser de voir la réalité et d’en tenir compte (notre dette publique, l’endettement excessif de nos PME, notre commerce extérieur calamiteux). On préfère crier bien fort son indignation devant les très réelles injustices et dénoncer les comportements scandaleux des riches et des patrons.
    Ne faudrait-il pas plutôt chercher très modestement comment faire reculer les injustices à partir d’une situation très dégradée, dans un univers dangereux et complexe.
    C’est ce que je m’efforce de faire en répondant aux questions posées par le « grand débat » ; je ne me fais aucune illusion sur la prise en compte de mes réponses (qui vont souvent à contre courant). Je destine principalement ce texte à mes petits enfants.

  • J’ai été un peu surprise de la teneur du billet, écrite par un « économiste de formation » qui évoque la vérité, le mensonge, en prenant notamment pour exemple la question de la dette. Dans les médias dominants, la dette sert généralement à justifier l’austérité, le plus souvent des politiques qui enfoncent les pays comme c’est le cas en Grèce. La question de la dette mérite donc d’être un peu interrogée.
    David Graeber par exemple, docteur en anthropologie et professeur à la London Université a écrit un livre « Dette 5000 ans d’histoire », best-seller sorti en français en 2013 et désormais publié en poche. A travers ses travaux, il remet en cause la petite phrase qui semble de bon sens « il est clair qu’on doit toujours payer ses dettes »
    Impossible à résumer, il faut le lire. La dette est une question passionnante à ne pas trop simplifier, en tout cas à ne pas laisser aux moralistes.

  • Merci Isabelle, oui, nous sommes trop souvent soumis aux discours dominants qui empêchent de redresser la tête et surtout d’aller voir un peu plus loin ce qu’il en est vraiment. Multiplier, lire d’autres approches et il y en a. Rester éveillé. Le temps de carême permet les moments d’approfondissement de notre relation à Dieu mais aussi et « en même temps » de notre relation aux hommes. L’économie dans tous les sens du terme en est un lieu essentiel.

    Marie-Thérèse Joudiou

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