« Familles : Ah ! si l’Église aimait tous ceux qui s’aiment »

Sous ce titre que nous avions choisi, nous avons invité le mardi 19 mai, Ignace Berten, dominicain belge, théologien auteur d’une contribution très remarquée après le Synode sur la Famille d’octobre 2014. Voici quelques-unes de mes impressions. De Michel Bourdeau

CPHB Invitation Berten bis Les véritables enjeux du synode sur la famille

Sous ce titre que nous avions choisi, nous avons invité le mardi 19 mai, Ignace Berten, dominicain belge, théologien auteur d’une contribution très remarquée après le Synode sur la Famille d’octobre 2014 : “ Miséricorde et doctrine : enjeux théologiques et ecclésiologiques du synode sur la famille ”. (1)

Voici quelques-unes de mes impressions, en attendant de présenter un compte-rendu de cet échange passionnant, voire de publier un texte qu’Ignace Berten nous annonce en disant : « Certaines des questions de la soirée me stimulent dans mon travail d’analyse et de rédaction ».

Dans un premier temps, Ignace Berten a souligné les tensions qui se révèlent au grand jour entre plusieurs cardinaux. Les plus virulents vont jusqu’à dénier au pape François son rôle de chef de l’Eglise. L’un d’eux fait remarquer qu’à la différence de Jean-Paul II et Benoît XVI, Jean XXIII et François ne sont pas des théologiens. Une pétition partie des Etats-Unis mais vite internationalisée a recueilli plus de 230 000 signatures dont celles de trois cardinaux et de douze évêques ! Elle supplie le pape de renoncer à “une ouverture qui aurait comme résultat l’accès à l’eucharistie de couples divorcés et remariés civilement et même une acceptation virtuelle des unions homosexuelles“.

Certainement, le pape répondra aux uns et aux autres en prônant une approche pastorale autour de la notion de miséricorde. Ignace Berten persiste à penser que la  miséricorde n’est pas possible sans changement de la doctrine. Aussi, le pape cherchera à préserver l’unité de l’Eglise. Mais, pourquoi unité se conjuguerait toujours avec uniformité ? Au plan continental, les conférences épiscopales ne pourraient-elles pas adopter une pratique pastorale adaptée à leur contexte sociétal et ecclésial ?

Qu’est-ce que le Pape retirera des travaux de la deuxième phase du Synode sur la Famille qui se déroulera du 4 au 25 octobre ? Sera-t-il contraint ou libre ? Lui qui a dit lors d’une audience générale, le mercredi 25 mars 2015, sur la place Saint-Pierre qu’il voulait que : « l’Église [soit] encore plus engagée et plus unie dans le témoignage de la vérité de l’amour de Dieu et de sa miséricorde pour les familles du monde, sans exclusion pour aucune… ».

Comme Ignace Berten l’écrivait l’an dernier : « On peut rêver. Il arrive que les rêves se réalisent ». Aussi, il nous a appelé à oser à l’imitation de Socrate, Gandhi, Martin Luther King…

Osons être comme baptisé(e)s les artisans d’une Eglise qui ose le mouvement.

 

Michel Bourdeau

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