François Corpet. 13 août 2019

Texte écrit par François Corpet dans le cadre de l’Atelier familles de Saint-Merry

Mourir, et après ?

J’ai beaucoup de mal à dire avec sincérité le Credo et entre autres les deux dernières affirmations : Je crois … à la résurrection des morts, à la vie éternelle. Ma réflexion sur ces sujets a été très marquée par la lecture d’un livre de Pohier (Dieu Fractures ?) et de «la vie de Jésus» de Renan. Pour Pohier, la vie se prolonge après la mort, non pas au ciel au purgatoire ou en enfer, mais dans le souvenir qu’on laisse chez les vivants qui n’a qu’un temps et cela me convient tout à fait. On n’a plus à se soucier de ce qui arrive à notre petite personne (à notre âme ?), nous continuons à vivre tant que quelqu’un se souvient de nous en bien (le paradis) ou en mal (l’enfer). Sinon nous entrons dans l’oubli, dans le néant. Dans cette même ligne de pensée, Jésus est bien ressuscité car son souvenir agissant est toujours présent parmi les hommes d’aujourd’hui.

Que penser des constructions intellectuelles relatives à la vie éternelle ? Dans l’éternité serais-je à jamais bigame, moi qui ai connu deux mariages heureux ? ou ignorerais-je tous mes proches pour me satisfaire de la contemplation de Dieu ? Tant qu’à faire je préfèrerais la notion, qui doit sans doute se rapprocher du shéol, où nous devenons des ombres dépourvues de la faculté de vivre et d’entrer en relation.

Pendant des millénaires l’homme a cru au paradis et à l’enfer : il fallait bien que les bons soient récompensés et les méchants punis s’ ils ne l’ont pas été au cours de leur vie terrestre, mais une telle vision a quelque chose d’un peu enfantin et ne correspond pas à la réalité terrestre que nous vivons.

Au bout du compte je crois fermement que lorsque la vie s’arrête, nous n’existons plus du tout, adieu les flammes de l’enfer, la vision de Dieu, les houris du paradis d’Allah. Pour autant que je le sache les philosophies d’Asie voient la fin dans l’anéantissement de la personne dans le nirvana, après une série de réincarnations qui font sourire les occidentaux. Et si elles étaient plus dans le vrai que les constructions des religions du Livre ?

Si la mort est un point final, pourquoi la craindrais-je si elle n’a pas de conséquences funestes sur les survivants. On arrive à la dernière page du livre de la vie, point final. On n’a rien à craindre et on dit alors adieu aux misères de la vieillesse et de la souffrance. Les proches doivent apprendre à vivre sans nous, que nous soyons simple père de famille ou pièce, maîtresse ou non, d’une organisation charitable, d’une entreprise ou d’un pays. Le suicide peut alors être un acte responsable qui permet d’éviter la souffrance et le mal de vivre et décharge les proches, et la société, d’une charge trop lourde pour eux. Ce n’est pas un acte de désespoir ni une fuite en avant.

Quand arrive le temps de mourir, il faut mieux regarder en arrière pour apprécier le bien et le mal qu’on a vécu, plutôt que de spéculer sur l’après qui reste totalement inconnaissable.

 

François Corpet. 16 octobre 1932 – 5 août 2019

 

Introduction à la célébration d’adieu à François. Saint-Merry mardi 13 août 2019

Bonjour et bienvenue Stéphanie, Matthieu Damienne et Anne, vous les enfants de François, et bonjour à vous aussi ses petits enfants dont je ne connais pas les prénoms. Bonjour a tous les amis de François et ceux de Saint-Merry. Si je prends la parole ce matin c´est en temps qu’amie de longue date de François et de sa famille et tout à fait coutumière de la communauté de Saint-Merry

François nous a quitté mais ne nous a pas surpris…

Nous le savions gravement malade ; Il nous en parlait avec toute sa simplicité habituelle dans les moments difficiles.  Je me souviens de ce qu´íl m’a dit un dimanche , avant de partir après la messe rejoindre sa petite fille  » Florence tu sais, la mort, moi je connais ».

Il  savait qu´á-au long des années de  ce compagnonage amical, Didier, nos enfants et moi, nous avions côtoyé et apprécié celles et ceux qu’il aimait : Véronique, Grégoire et Marie-Paule. Ils sont présents dans nos mémoires ce matin.

François ne nous a pas abandonné !

C ‘est une vraie rupture ! mais, oserais-je dire, rupture en plein accord avec lui puisque  nous étions sûrs de son affection et de plus il nous a donné et laissé ses mots, bien à lui, peut être pour nous aider a faire le passage.

De quel passage faut-il parler ? Passage vers la VIE, certainement ! Vie pour lui François ? je ne sais pas…La vie après la mort ? Voyez ce qu´il nous en dit dans le texte qu´il a écrit.

Vie pour nous ? Oh oui !

Vous qui connaissez François, il ne vous est pas difficile d´imaginer que ce passage, pour nous, sera signe de VIE. J’imagine que ceci  aurait été son plus grand désir, sans doute.

C´est donc dans et avec une grande confiance que nous lui disons à Dieu :

Comment écrivons nous ce mot adieu ? En deux mots, avec une majuscule au mot Dieu ?

En un seul mot : adieu ? Chacun peut choisir.

Nos croyances, notre foi, sont différentes. Elles sont nôtres, belles et respectables, elles sont notre vie. Oui c´est dans la confiance en la vie de chacun, dans la vie de tous ceux que nous aimons, que nous pouvons nous retrouver tous à présent autour de François même si pour beaucoup il n´est plus. La confiance,  la foi, c’est le même mot en latin : fides.  Alors dans la foi -chacun à sa mesure, bien sûr – nous nous rassemblons pour nous aider å vivre ce moment.

Merci amis d´être là ce matin

Signé FC, j´ai les mêmes initiales que François !

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