François : un pasteur imprégné de l’odeur du peuple

« Avant que les participants du Synode ne s’enferment dans un huis clos, le pape leur a rappelé qu’il attendait un débat à cœur ouvert : “Une condition générale de base, c’est de parler. Que personne ne dise : ‘On ne peut pas dire cela, on penserait de moi ceci ou cela’” »

le synode sur la famille

À la veille de l’ouverture du Synode sur la famille, le samedi 4 octobre, l’épiscopat italien avait invité le pape François à participer à une veillée sur une place de Rome. Il s’est exprimé en proclamant : «Pour rechercher ce que le Seigneur demande aujourd’hui à son Église, nous devons percevoir “l’odeur” des hommes d’aujourd’hui, jusqu’à être imprégnés de leurs joies et de leurs espérances, de leurs tristesses et de leurs angoisses (…) Ainsi, nous saurons proposer avec crédibilité la bonne nouvelle sur la famille ». Puis, il a conclu son propos par un souhait : « Nous invoquons la disponibilité à un débat sincère, ouvert et fraternel, à prendre en charge avec responsabilité pastorale des interrogations que ce changement d’époque porte avec lui ».

Dimanche, au cours de la messe d’ouverture du synode, il a clairement déclaré dans son homélie : « Les assemblées synodales ne servent pas à discuter d’idées belles et originales, ou à voir qui est le plus intelligent… mais, à coopérer au projet d’amour du Seigneur pour son peuple. Le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de son dessein d’amour pour l’humanité ».

En pensant certainement à ceux qui se sentent mal compris par l’Eglise, il a rappelé les paroles de Jésus aux religieux de son temps : « Les mauvais pasteurs chargent sur les épaules des gens des fardeaux insupportables… ».

Il poursuivait en disant : « Le rêve de Dieu se heurte toujours à l’hypocrisie de quelques-uns de ses serviteurs. Nous pouvons “décevoir” le rêve de Dieu si nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit Saint. Que l’Esprit nous donne la sagesse qui va au-delà de la science, pour travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité ».

Et avant que les participants du Synode ne s’enferment dans un huis clos, le pape leur a rappelé qu’il attendait un débat à cœur ouvert : « Une condition générale de base, c’est de parler. Que personne ne dise : “On ne peut pas dire cela, on penserait de moi ceci ou cela”. Il faut dire tout ce que l’on souhaite avec parresia [terme grec signifiant franc-parler] (…). Et en même temps il faut écouter avec humilité » et ne pas craindre de déplaire au pape, a-t-il ajouté.

Voilà donc un pape qui parle avec franchise des réalités humaines et qui sait écouter humblement suppliant même, comme il l’a fait encore dimanche depuis une fenêtre du Vatican : « Priez pour moi ». Il est un pasteur qui sait bien que nous ne nous comporterons pas comme des brebis bêlantes. Oui, nous saurons exprimer notre “odeur” pour qu’elle s’infiltre sous les portes closes du Synode sur la famille.

Michel Bourdeau
Chargé par l’Equipe pastorale de la « Coordination Synode ».

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