© Lucille Clerc

Frères et soeurs de la République

© Lucille Clerc
© Lucille Clerc

Des policiers qui protègent des journalistes et des dessinateurs qui n’avaient pas peur de dénoncer les exactions d’autres policiers ; des politiques qui rendent hommage aux mêmes journalistes et dessinateurs qui les égratignaient pourtant avec audace, talent, humour et férocité ; le glas de Notre Dame qui sonne, puissant, solennel, pour les bouffeurs de curés et de bonnes sœurs qui, inlassables, osaient défier et dénoncer les scandales, les hypocrisies des institutions et des hommes, et qui se moquaient d’une foi qu’ils jugeaient naïve, illusoire, trompeuse ; des femmes et des hommes, des vieux et des jeunes, de toutes couleurs, de toutes cultures et de tous chemins sociaux, qui se rassemblent en masse, parfois sans même bien savoir ce qu’est Charlie Hebdo, mais qui très vite pressentent, comprennent qu’il s’est passé là un événement gravissime et qu’il faut se tenir debout, ensemble…

Ces images, ces symboles, ces paroles et ces actes ont été pour beaucoup d’entre nous un réconfort essentiel, un signe d’espoir et de confiance tant l’horreur, le désarroi et le désenchantement ont pu nous saisir et nous glacer. Des sœurs et des frères, en communauté républicaine, solidaires et s’encourageant face à l’adversité sournoise et meurtrière, voilà ce dont nous avons témoigné et devons témoigner encore. La soif de liberté, de mener son chemin propre, différent de celui de l’autre, mais en lien avec l’autre, n’est pas morte.

Benoît

billet du dimanche 11 janvier 2015

5 Commentaires

  • Merci Pierre pour la justesse de tes mots. Chaque personne y trouve sa place dans cette fraternité républicaine que tu nous montres et bien au delà des « couleurs » d’une foi, quelle qu’elle soit.
    Florence

  • Ce n’est pas directement au sujet du »billet » que je souhaite réagir, mais à un élément de la célébration du dimanche 11. Comme beaucoup, j’ai apprécié que soient cités, au « mémento », les noms des victimes des attentats de cette semaine. Pourtant je pense qu’il aurait été souhaitable que soient évoqués également les noms des trois auteurs de ces tueries. Ne sont-ils pas, eux aussi, malgré leurs actes inadmissibles, des victimes?

    • tout a fait d’accord Jacques . j’ai initié la même remarque hier dans mon groupe de prière St Leu;  » ma compassion va aussi pour les terroristes  » et un autre de dire:  » les assassins sont aussi nos frères »
      bonne année à toi
      Sylvie

  • La remarque est juste – Mais, humainement parlant, peut-on prier en même temps, dans une célébration, pour les victimes et les bourreaux ? Le respect pour la douleur des familles, le permet t-il ? – L’essentiel n’est-il pas de chercher à comprendre comment en arrive t-on là, comment peut-on dévoyer un esprit, une conscience, une foi, à ce point ? Sur quel terrain de vie, quelle éducation, quelle place dans la cité, cela se réalise ? Sommes-nous totalement irréprochables ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *