Heidegger au paradis

Un jour, le philosophe Heidegger meurt et saint Pierre lui refuse d’abord l’entrée du paradis, vous comprenez, un type qui a été nazi… Mais Heidegger insiste. Il pense que quelques anciens élèves s’exclameront : « Eh ! Vous avez vu… c’est Heidegger ! » Finalement, saint Pierre le laisse entrer.

Mais personne ne le reconnaît ! Alors, Heidegger voit dans une glace que son visage est transparent alors que d’autres ont des visages très nets et lumineux. Un ange lui explique qu’au paradis, on a un visage dont la netteté dépend de l’amour qu’on a donné et reçu dans sa vie. « Mais alors, dit Heidegger, on ne reconnaît pas ici les gens célèbres ? » L’ange répond : «  Non, on ne connaît que le visage d’amour des gens. »

Heidegger comprend qu’il va être seul pendant toute l’éternité, il dit à l’ange : « Mais c’est l’enfer ! Tout ce que j’ai écrit de génial ne sert à rien ! » L’ange répond : « C’est l’enfer que vous avez construit pendant votre vie ». Heidegger est fou de rage : « Mais tout de même, je ne suis pas rien, je suis le génial Heidegger ! »

L’ange dit : « C’est justement à ça qu’il faut renoncer. Ici, on a droit à l’attention, mais pas aux privilèges. Les gens qui ont été célèbres comme vous restent donc transparents jusqu’à ce qu’ils acceptent d’abandonner la gloire pour devenir des champions de l’amour. Et on voit peu à peu leur visage qui devient net et lumineux ».

«  Je ne sais pas si je vais pouvoir », dit Heidegger.

«  Ça dépend de vous », dit l’ange.

 

François Delivré

billet du dimanche 1er mars 2015

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