Heureuse celle qui a cru

Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Saint-Merry, 15 août 2017
Assomption de Marie
« Heureuse celle qui a cru »

PREMIÈRE LECTURE
« Une Femme, ayant le soleil pour manteau
et la lune sous les pieds » (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)
PSAUME
(Ps 44, (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)
DEUXIÈME LECTURE
« En premier, le Christ ; ensuite,
ceux qui lui appartiennent » (1 Co 15, 20-27a)
ÉVANGILE
« Le Puissant fit pour moi des merveilles :
il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)

Introduction à la célébration

Bonjour, bonjour les familiers de St Merry, bonjour et bienvenue à tous les autres !
Bonjour et merci d’être venus en ce mardi 15 août 2017,
jour où l’église fête Marie, plus exactement l’Assomption de Marie
c’est-à- dire sa montée au ciel, son entrée dans le Royaume !

Nous avons tous – ou presque – « un bout d’histoire » avec Marie : je pense
d’abord au prénom de Marie : combien de femmes se nomment Marie, Marion,
Marinette ou Maria, et puis les Marie + Anne, Claude, Ange, Thérèse, Jeanne etc.
Du côté des hommes, pensons aux Jean-Marie, Pierre ou Louis-Marie, sans compter tous
ceux qui dans une liste de prénoms ont « Marie » en 3 ou 4 ème place ?
ensuite à tous les noms qui désignent Marie : la Vierge Marie, Mère de Jésus, Bonne Mère,
Notre Dame de…, et toutes les métaphores qui la suggèrent, en latin comme en français,
Reine, Etoile, et tous les adjectifs, belle, douce, consolatrice, maternelle, etc.
et puis à toutes les fêtes qui marquent les événements où elle est : l’Immaculée Conception,
l’Annonciation de l’ange Gabriel à Marie, la Visitation de Marie à Elisabeth, la Nativité,
l’Assomption de Marie,
enfin je pense aux prières (le Rosaire) et aux chants, souvent comme inscrits en nous !
Et le « Je vous salue Marie » qui peut venir aux lèvres, comme spontanément,
dans toutes sortes de situations de nos vies…

Certes, et tout cela peut être vécu comme étouffant,
risquant une ritualisation et une perte de sens.
Comment choisir et développer un fil conducteur, dans cette forêt d’expériences, d’images,
de symboles, qui accompagne Marie ? Et comment prendre en compte
les trois grands textes que nous donne la liturgie du jour :
l’Apocalypse de Jean, la lettre de Paul aux Corinthiens et l’évangile de Luc ?

Aussi le petit groupe, réuni pour préparer cette célébration, a-t- il préféré ne pas chercher à
expliquer/commenter les textes du jour mais à les introduire : Daniel, le prêtre qui préside
notre assemblée, présentera la lecture de l’Apocalypse, et celle de la lettre de Paul.
Puis, après la lecture de l’évangile de Luc – qui donne à voir Marie allant chez sa cousine Elisabeth –
il y aura des prises de parole différentes : de façon toute personnelle, quatre personnes parmi nous
partageront, avec l’assemblée, l’orientation de leur réflexion, de leur recherche ou de leurs
associations, toutes liées à Marie.
A présent, entrons dans notre célébration, au nom de Père, du Fils et du Saint Esprit.

Céline

MARIE

Pour parler de Marie, je voudrais partager une envie, un besoin, comme une recherche :
par l’imagination et le cœur (« un cœur tout brûlant » comme les disciples d’Emmaüs)
je voudrais m’approcher de Marie, femme juive, appelée Myriam, une fille d’Israël qui est née
et a grandi dans les 30 ou 20 dernières années du dernier « siècle avant Jésus-Christ », son fils.

Est-ce qu’elle parlait araméen ?
Est-ce qu’elle lisait ou connaissait par cœur des passages de la Torah en hébreu ?
Est-ce que le vendredi soir, avec ses parents, elle faisait le « seder »,
ce repas de l’entrée en Shabat, jour du repos établi et béni par Elohim, le Dieu de la Genèse ?
Est-ce qu’elle connaissait l’histoire de l’exil de son peuple,
est-ce qu’elle aimait Moïse, les prophètes, David ?
Chantait-elle des psaumes et des cantiques dans sa prière ?

Elisabeth Smadja, femme d’aujourd’hui, femme juive qui a demandé et reçu le baptême,
qui est plusieurs fois venue à St Merry partager son expérience autour de textes ou de termes
en hébreu, a écrit plusieurs ouvrages. Dans l’un d’eux, intitulé « Les fruits d’une conversion »
(édit. F-X. de Guibert, Paris 2010) j’ai trouvé quelques strophes à Myriam,
que je suis heureuse de partager.

Myriam, une fille d’Israël

Une fille d’Israël,
Femme de l’écoute, elle reconnaît la voix de Son Dieu
dans l’annonce de l’ange.
Parole qui ne peut être entendue
que par un cœur éduqué dans le souvenir
du tonnerre du Sinaï,
du « fin silence » de l’Horeb.

Une fille d ‘Israël
Femme de l’espérance en la venue d’un Sauveur,
à l’heure de l’incarnation
quand vint la plénitude des temps
elle a dit ce formidable « OUI »
qui ébranla les portes du ciel,
projetant la création tout entière
dans une ère nouvelle.

Une fille d’Israël
Femme de la louange,
à l’exemple de ses mères,
dans l’exaltation de sa joie
a poussé un cantique d’action de grâce,
telle Myriam la prophétesse quand la mer rouge se fendit ;
Anne, la stérile, à la naissance de son fils Samuel ;
Judith, la guerrière libérant son peuple de la main d’Holopherne.

Une fille d’Israël
Femme de l’élection,
elle s’est donnée le plus beau des titres :
« servante du Seigneur »,
celui que Dieu donna à Moïse
avec qui Il parlait face à face,
à David, père du Roi Messie,
son chantre pour l’éternité.

Une fille d’Israël, bénie
entre toutes les femmes,
Une fille d’Israël qui s’appelait Myriam,
Qu’on appelle
Marie.

Et pour terminer par une prière également empruntée à Elisabeth Smadja et que je fais mienne :

Merci Marie, Myriam, tu m’as dit, en moi, quelque chose de toi, à partager.
Que l’on soit homme, que l’on soit femme,
nous vivons de ton exemple. Nous te prenons dans nos vies.

Céline

MARIE

Cette fête d’aujourd’hui, les textes qui nous sont proposés, me font venir en tête beaucoup d’images.
L’Apocalypse m’évoque immédiatement deux « traductions » :
la grande tapisserie de Lurçat dans l’église du plateau d’Assy,
et un grand vitrail grisaille et or du 16 e siècle dans la Cathédrale de Chalon-sur- Saône.
Et prenant appui sur ces représentations de la femme de l’Apocalypse,
des tableaux avec Marie couronnée, la lune sous ses pieds, dans un halo de lumière-soleil.

Nous parlons de l’Assomption, alors que l’Orient parle de Dormition :
deux termes pour un même concept.
Pour moi, l’Assomption a un côté plus grandiose, plus solennel, et l’on voit Marie s’élever
vers le ciel, accueillie par la Trinité au-dessus du porche des églises,
alors que je ressens un côté plus intime à la Dormition :
Marie est allongée, entourée des apôtres, et son âme, petite silhouette emmaillotée,
est accueillie par le Christ qui la prend dans ses bras.

En entendant l’Evangile, je revois des tableaux de la rencontre de ces deux femmes, enceintes,
l’une toute jeune, l’autre plus âgée, tableaux où quelquefois les enfants attendus sont figurés
dans le ventre de leur mère…
Solennité, intimité… Au-delà d’œuvres d’art qui m’émerveillent,
de quelle Marie ai-je envie de m’approcher ?
Celle qui me parle vraiment c’est la femme dont on ne parle que par petites touches dans l’évangile,
celle qui va au bout de son engagement, toujours attentive et présente jusqu’au bout.
Celle qui chante le Magnificat.

Hélène

MARIE

J’ai fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique pour des troubles bipolaires.
Lorsque mon cerveau malade voyait ma chambre d’hôpital envahie par les flammes
et que j’avais l’impression de brûler vive, Marie, tu étais là,
Aux côtés des autres patients criant leur souffrance la nuit, des infirmières et des médecins
surchargés, de mon mari et de mes enfants angoissés, Marie, tu étais là,

Tu étais là avec toute ta douceur. Ta douceur profonde et forte, discrète, active et patiente
pour m’ouvrir les portes de l’avenir et de l’Espérance.
Ta douceur continue de m’accompagner dans les moments redevenus heureux  et ceux qui le
sont un peu moins. Je sais, maintenant, qu’elle sera toujours là que je la perçoive dans le
présent immédiat avec clarté ou qu’elle se révèle à moi en remettant mes pas dans mon histoire,
dans notre histoire. Marie, merci du fond de mon cœur.

Inès

Conclusion de la célébration

Nous voici à la fin de notre célébration de Marie : nous avons partagé le pain et le vin,
nous avons reçu la Parole, à la lumière d’expériences vécues, d’images artistiques, de réflexions
historiques ou théologiques. A chacun, s’il le souhaite, de retrouver les textes de ce jour,
les prises de parole sur le site de Sr Merry.

Et pour terminer cette fête, dans un élan de joie, comme Marie l’a fait devant Elisabeth qui lui
déclarait « Heureuse celle qui a cru aux paroles… », entonnons un Magnificat !

Céline
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