Heureuse celle qui a cru

Heureuse celle qui a cru
à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites
de la part du Seigneur.

Mercredi 15 août
Assomption de la Vierge Marie

PREMIÈRE LECTURE (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)
« Une Femme, ayant le soleil pour manteau
et la lune sous les pieds »
PSAUME (Ps 44, (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16)
Debout, à la droite du Seigneur,
se tient la reine, toute parée d’or.
DEUXIÈME LECTURE (1 Co 15, 20-27a)
« En premier, le Christ ;
ensuite, ceux qui lui appartiennent »
ÉVANGILE (Lc 1, 39-56)
« Le Puissant fit pour moi des merveilles :
il élève les humbles »

Introduction

C’est la fête aujourd’hui, et même si le mot « assomption » n’est pas toujours bien compris, la fête du 15 août est populaire pour les chrétiens et elle est entourée, avec d’autres dates, d’une grande piété mariale : regardons les chrétiens d’Orient, certains pays d’Afrique, la tradition du Rosaire, l’appel de l’Angélus plusieurs fois par jour, et Lourdes, d’autres apparitions, etc. Et pour nous aujourd’hui, habitués de Saint Merry et hôtes occasionnels ou de passage, venus exprès dans cette église un mercredi, qu’en est-t-il ? Quel sens donner à aux gestes et paroles que nous sommes prêts à faire et dire, en accord avec la liturgie du jour ?
Revenons -modestement- à la spécificité de cette fête de l’assomption : littéralement, une assomption est une montée, une élévation, c’est donc Marie qui « est élevée jusqu’au ciel avec son corps », un corps ainsi préservé de toute dégradation. Le Credo ne dit-il pas « Je crois à la résurrection de la chair » ? En français, il y a une expression : « un corps en chair et en os » qui évoque épaisseur, énergie, sensations comme celles de voir, toucher, parler d’une voix forte. Ce sont, précisément, des mots ou expressions des textes du jour, comme si ces textes voulaient donner à voir, à ressentir des « corps en chair et en os » :
– dans la vision de l’Apocalypse de Jean, une femme enceinte, qui souffre des douleurs de l’enfantement, la naissance d’un enfant, un grand combat, physique,
– dans l’Évangile de Luc, c’est la rencontre affectueuse, joyeuse, de Marie et sa cousine Elisabeth, deux femmes enceintes qui se saluent, se prennent dans les bras l’une de l’autre, et les enfants dans les entrailles de leur mère tressaillent et même tressaillent d’allégresse !
Aussi avons-nous gardé, aujourd’hui, ce fil rouge de la « corporéité » pour célébrer Marie : cet éclairage des textes nous a aidés, nous, petit groupe de préparation de la fête, à construire une démarche commune pour prier. Mais à vous tous, une invitation sera faite pour que toutes celles et ceux qui le veulent puissent enrichir notre célébration de leur propre réflexion, et même d’approches toutes différentes. Cela sera précisé le moment venu, après la lecture de l’évangile.
N’est-ce pas avec notre corps que nous prions, que nous chantons, que nous faisons un geste de paix, que nous recevons le « corps/le sang » du Christ, n’est-ce pas avec nos mains et nos bras que nous faisons le signe de la Croix ?
Alors, ensemble, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit !

Céline Dumont

COMMENTAIRE DE LA PREMIÈRE PARTIE DE L’ÉVANGILE SELON SAINT-LUC (1, 39-56)
ET INVITATION À UN MICRO LIBRE :

Dans cet épisode dit de la « Visitation », Marie prend la route avec empressement, pour aller voir sa cousine Élisabeth ! Les deux femmes ont sans doute chacune de leur côté, déjà commencé leur chemin de transformation intérieure, depuis « l’Annonciation » faite à Marie, et la révélation reçue par Zacharie, mari d’Élisabeth, selon ce qui est rapporté dans l’évangile de Luc ! Marie, dans l’énergie de sa jeunesse part aussitôt, s’élance vers cette région montagneuse de Judée où vit Élisabeth ! Symboliquement, on pourrait dire que c’est déjà le début de son élévation, un mouvement d’ouverture à la fois, physique, géographique, et spirituel, qui la prépare à recevoir l’Esprit Saint et à vivre toute la suite de sa longue et patiente mission…
Marie et Élisabeth, bien que d’un âge très différent, et avec chacune sa propre histoire, peuvent alors, à ce moment spécifique, se retrouver, comme en parfaite symétrie, dans une même et immense joie, un même partage en totale confiance, de leur prochaine conception et enfantement d’un fils : Jésus, fils de Dieu, pour Marie, Jean Baptiste le prophète, pour Élisabeth ! Dés que Marie entre dans la maison d’Élisabeth et la salue, l’enfant que porte Élisabeth tressaille dans son ventre et Élisabeth s’écrie d’une voix forte, alors qu’elle est remplie
d’Esprit saint : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni »… nous est-il dit… Il y a ici, à la fois, la dimension très charnelle, corporelle et intime, de la grossesse, de Marie et d’Élisabeth, ainsi que de leur joie, leur vitalité, leurs cris ; et leur connexion
respective, et communicative avec l’esprit Saint ! L’une, Élisabeth, dont l’enfant tressaille dans son ventre, et l’autre, Marie, dont il est question du « fruit de ses entrailles » ! Le mot « entrailles », est relié dans l’étymologie Hébraïque avec le mot « miséricorde » ! Sans doute, « miséricorde » est l’un des mots qui peuvent définir le chemin et l’action de Marie !
Et vous qu’en pensez-vous ? Vous pouvez, si vous le souhaitez maintenant, vous exprimer vous aussi, à travers un micro libre, en répondant à cette question : «  Pour chacun de nous, pour vous, qui est Marie » !?!

Sylvie Faye

Envoi

Notre célébration va s’achever. Nous avons célébré cette fête de l’assomption de Marie en découvrant qu’elle nous renvoie vers notre humanité corporelle. Dans une certaine vision d’église – et qui nous est souvent relancée de l’extérieur- la place du corps peut être perçue comme rétrécie, recroquevillée, crispée sur des interdits, sur la faute, le péché et la culpabilité. Au contraire, une appréhension-sans-tabou du corps de Marie dans sa vie -par sa liberté dans le « oui, Fiat »-, puis du corps de Marie élevé et « glorifié » dans sa mort ne donnerait-elle pas un autre élan et une autre dimension à la place et au « traitement » du corps humain, pour nous chrétiens ? Ne peut-elle pas donner un fondement nouveau à la solidarité envers les « pauvres », le corps des pauvres : car alors tous les corps humains, et surtout les plus abîmés, par la faim, les manques, les violences, les maladies, tous sont appelés à être « glorifiés » comme Marie est glorifiée dans son assomption.
Corps glorifié? Je ne sais pas bien ce que cela veut dire. Mais en hébreu, la racine du mot –traduit en français par gloire- est Kavod qui signifie d’abord, concrètement, avoir du poids, peser, être lourd donc avoir de l’importance. Oui, le corps humain, notre corps à chacun.e, a du poids, de la densité, de l’importance, il lui est accordé la gloire.
Voilà venu le moment de la bénédiction solennelle que José va nous donner.

Et pour passer des paroles aux actes concrets, nous sommes tous invités à nous rafraîchir et à nous rencontrer autour d’un verre de l’amitié, préparé par l’équipe d’animation de la célébration ! Dans la chapelle en face, tout est prêt, nous vous y attendons.

Céline Dumont
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