« Heureuse celle qui a cru »

15 août 2015
Assomption de la Vierge Marie

Lectures
1ère lecture : « Une Femme, ayant le soleil pour manteau et la lune sous les pieds » (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)
2ème lecture : « En premier, le Christ ; ensuite, ceux qui lui appartiennent » (1 Co 15, 20-27a)
Evangile : « Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)

Après lecture de l’Apocalypse 12

Vous avez sur la feuille de chants de ce jour une des images qui me reviennent quand nous lisons ce texte de l’Apocalypse, au 15 août. J’ai découvert cette tapisserie à 18 ans, pendant une randonnée dans les Alpes. Dans la partie centrale, la femme revêtue de soleil, le dragon.Lurçat Apocalypse

Qui est cette femme ? Traditionnellement, on dit que cette femme est Marie. Mais ce que nous savons de son histoire par les évangiles, ou même par les textes apocryphes, ne correspond pas à ce que nous venons d’entendre. Donc, Marie, peut-être, mais pas seulement. Cette femme qui enfante représente aussi la naissance de l’Eglise, naissance au temps de Jean, certes, mais naissance toujours à renouveler. Chaque commencement se fait dans la difficulté (les douleurs de l’enfantement), suscite de l’opposition, des forces contraires représentées par le dragon. L’Eglise a mission de mettre au monde le Christ en chacun de nous, en chacun de ceux qui nous entourent, et nous sommes tous, en tant qu’Eglise, appelés à être bergers de toutes les nations, c’est-à-dire à prendre soin, à avoir souci de nos frères. La femme est revêtue de soleil, c’est-à-dire du Christ lui-même, nommé « Soleil de justice », expression qui annonce le Messie dans l’Ancien Testament (Malachie).

Le dragon, figure du mal avec ses 7 têtes et 10 cornes, qui veut dévorer l’enfant n’est pas vainqueur : l’enfant est enlevé auprès de Dieu et la femme s’enfuit au désert où Dieu lui a préparé une place.

Encore un regard sur la tapisserie : la partie centrale, l’Apocalypse, est encadrée de deux arbres, à gauche, sur fond rouge, l’arbre de vie du Paradis, celui qui valut quelques ennuis à Adam et Eve, à droite sur fond vert, l’arbre de Jessé, l’arbre du salut, avec les figures qui mènent de David à Marie, et à Jésus. Et nous voilà revenus à Marie, que nous fêtons aujourd’hui.

Hélène Perrin

Texte de la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens (15, 20-27a)

En première réaction, on peut s’interroger sur la présence du texte dans la célébration du 15 août, toute dédiée à Marie : en effet, entre deux textes marqués, l’un par  des images de femmes (celui de  l’Apocalypse) l’autre par le récit de la rencontre de deux femmes -Marie et Elisabeth- (qui vient juste après), notre texte -tiré de la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens (15, 20-27a)-  nous parle … d’ »homme », d’ « Adam » et  du « Christ mort et ressuscité » !
Alors voici deux pistes à creuser :
1/ la première est à la surface des textes (Apocalypse et Epître): ce texte de Paul résonne  avec celui de l’Apocalypse, non pas chronologiquement (puisqu’il a dû être écrit avant), mais par les mots et les images qu’il donne à voir : «le Christ remettra le pouvoir royal à son Père », « il aura anéanti toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance, « il a tout mis sous ses pieds » ! Comme si ce texte de Paul était un développement de la dernière phrase de la vision de l’Apocalypse qui dit : « Voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! »
2/ la seconde piste est plus intérieure au texte  : Paul rappelle à ses amis de l’église de Corinthe les éléments de son expérience de la foi, à savoir, le Christ est   « premier Ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » ; puis pour tous les hommes : « c’est dans le Christ que tous recevront la vie, chacun à son rang ».
La relation entre ces deux textes est alors très claire : Marie est « à son rang », à sa place : sa place est juste après son fils Jésus, le « Christ, mort et ressuscité ».
Aujourd’hui, à la suite du Christ ressuscité, nous fêtons Marie montée au ciel : l’Assomption de Marie, c’est l’élévation de Marie au ciel, c’est  Marie qui  prend sa place.
Cette fête, pour nous, est promesse, signe et fondement de notre espérance.

Introduction au « Magnificat » par Myriam

Une amie protestante qui avait fait partie avec son mari catholique d’une équipe Notre Dame me racontait qu’elle leur avait dit le premier jour : « Pas de Je vous salue Marie mais tous les Magnificat que vous voulez ! ». Et ils avaient de fait récité le Magnificat à chaque réunion. Le Magnificat plutôt que le Je vous salue Marie, le symbole est beau à mes yeux : écouter Marie et prier avec ses mots, et ainsi ne pas risquer de nous construire une Marie trop royale, éloignée de notre humanité car mère de Dieu. Que nous dit-elle lors de cette Visitation à Élisabeth qui est l’occasion de sa plus longue prise de parole rapportée dans les Évangiles ? Elle nous montre la foi, l’humilité et l’humanité de celle qui s’apprête à enfanter Jésus : elle n’évoque sa situation extraordinaire que pour rendre grâce puis sa prière s’associe à celle de tout son peuple pour louer le seigneur en reprenant quelques uns des plus beaux passages des psaumes et du livre d’Isaïe :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

 

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