Histoire de Marie contée à Noël

NOÊL 13 Ce n’est pas un conte , c’est un récit en musique. Il a été « offert » à la veillée de Noël à Saint-Merry cette année.

Voici, en français ces textes, à lire et sans musique, mais les mots sont peut être  musique par eux-même.

HISTOIRE DE MARIE

AVE GENEROSA

Il arriva dans l’espace cosmique que trois planètes se rejoignirent comme si elles n’étaient qu’une seule. Il n’y avait plus Jupiter, ni Saturne ni Mars: il y avait un seul sillage, allongé et éblouissant. Peut-être qu’une nouvelle étoile était en train de naître, ou bien que le ciel se pliâit vers la terre.

Il était sûr qu’une nouvelle vie voyait le jour. Une vie prodigieuse était née dans le ventre de Marie de Nazareth, une jeune fille pure et simple qui avait fait confiance à la voix d’un ange…

“Un pommier entre les arbres d’un bois, tel est mon bien-aimé” dit l’épouse qui voulait louer non seulement la tendresse de son époux, mais aussi sa douceur. “J’ai désiré m’asseoir dans son ombre et je m’y suis assise”. Et depuis ce jour, pour ceux qui sont assis dans l’ombre de la mort, la lumière de la vie est appa

Vierge altière, Ma compagne,

Un mystère brûle dans tes yeux

Que ce feu soit haine ou amour, je l’ignore.

Tu viendras avec moi,

Tant que mon corps projettera son ombre

Et qu’il y aura du sable pour mes sandales.

Es-tu la soif ou l’eau pour mon chemin?

Dis-moi, Vierge altière, ma compagne.

 

IL RITORNO DI GIUSEPPE

L’Esprit dit à Marie: “regarde-moi bien, Marie, car je suis une forme difficile à percevoir. Je suis à la fois une nouvelle lune et une image dans le cœur; quand une image entre dans ton cœur, elle s’installe et demeure en toi, où que tu ailles; à l’exception de cette image vaine et inconsistante qui s’évanouit comme une fausse aurore. Je suis la lumière qui ne cherche pas la nuit. Tu te réfugies en Dieu pour m’échapper: mais moi je suis l’image de Celui qui est le seul refuge. Il n’existe pire malheur que l’ignorance: être auprès de l’Ami et ne pas savoir comment lui manifester notre amour.

Ce n’est pas parce que l’ange entra qu’elle eut peur.

Pas parce qu’il entra dans la chambre, mais parce qu’il

se courba si près d’elle, avec un visage si jeune;

parce que son regard et le sien

qui se leva en réponse, se croisèrent

comme si rien n’existait sauf eux mêmes

et ce que des millions d’autre regards ont déjà cherché,

obtenu, supporté

eût pénétré en eux:

elle et lui seulement;

regarder et être regardé,

les yeux et la joie des yeux

nulle part ailleurs qu’ici.

Ceci effraye.

Et eux, ils furent effrayés.

 

IL SOGNO DI MARIA

La terre est le corps de Marie, le refuge où un germe a été déposé. Regarde l’ange poser le grain et regarde nous tous devenir des plantes fleuries. Ici l’amour a vaincu la nuit. Ici le salut ne connaît pas de mesure et la nature transcende la pensée des anges. Plus besoin de mots, l’adoration voit l’invisible. Si j’interrogeais le ciel, sans doute dirait-il aussi: “si tu es capable de compter les choeurs de mes étoiles, moi aussi je pourrais te décrire la puissance du Créateur”.

Si j’interrogeais la terre, sans doute me dirait-elle aussi: “d’abord, dis-moi comment le potier a pris de moi la poussière, a donné forme à ma forme “et alors je te révélerai l’essence de celui qui m’a modelée”.

Si je voulais avoir des nouvelles de la mer, elle aussi me répondrait: “On m’a ordonné d’offrir mon dos comme fondation sous ses pieds immaculés, je ne possède pas la sagesse pour comprendre Celui qui m’a créée”.

Si j’osais interroger la mère de Dieu et lui demander “comment es-tu devenue une mère sans noces?” sans doute me répondrait-elle “J’ai engendré la Lumière comment? Je ne sais pas”.

 

LA SUA FIGURA

Elle pouvait encore facilement cheminer, au début, mais en gravissant la côte, parfois elle le sentait, son corps miraculeux – et alors elle s’arrêtait, en respirant sur les haut sommets de Juda. Sa plénitude tout autour était déployée, et en avançant elle la sentait, cette grandeur jamais surpassée. Et ça la poussait à poser sa main sur son ventre, déjà plus large.

Triple effroi de l’amour:

un cri de flamme qui enflamme l’oreille

ailes qui frappent tout autour dans la chambre

effroi de tous les effrois

mettre les ciels dans mon ventre.

 

J’étais contente dans le quotidien que chaque femme connait

Le foyer, le chemin vers la cour

le lavoir où nous battons le linge

et la pierre sur laquelle nous nous rassemblons pour bavarder.

 

Qu’est-ce que c’est cette chair reçue avec douleur,

Cet étoile imprévue que mon lait nourrit,

Cet amour

Qui bloque le sang dans mon cœur

Ou qui met soudain froid dans mes os?

 

AVE MARIA

Il viendra sans faire de bruit, comme la pluie subtile sur les champs humides et sur nos épaules, comme l’eau qui baigne sans bouleverser. Il ne frappera pas le ciel et il n’y aura pas de groupes d’anges qui sillonnent le ciel, il ne secouera pas les nuages pour en descendre triomphant. Il viendra sans faire de bruit, comme une graine patiente dans le ventre de sa mère. Il viendra sans faire de bruit et sans faire de bruit il grandira, sans feux ni gloire, sans apocalypse, ni noms. Sans faire de bruit, là où le bois se courbe, cet enfant saint grandira

Lève-toi et viens, ma mère aimée; toi, dans laquelle mon âme a bien aimé demeurer. Tu m’as laissé me poser sur tes genoux, toi, ma mère et la plus belle des filles de Kedar: aujourd’hui je te ferai monter sur le char des Chérubins. Le jour où tu m’as engendré, tu m’as langé: aujourd’hui j’enroulerai des robes célestes autour de ton corps. Tu m’as conduit en Egypte en craignant l’Impie: aujourd’hui je demanderai aux Anges de te donner ombre avec leurs ailes et de te sourire pour toujours.

 

MADRE

Exulte, la grotte. Voici la délicate, la gracieuse qui dans son ventre porte le Christ.

Et toi, mangeoire, accueille celui qui avec sa seule voix nous libère d’une chaîne de fautes. Bergers qui veillez, soyez témoins de cet immense prodige. Et vous, rois mages de la Perse, offrez de l’or, de l’encens et de la myrrhe au Roi, parce que le Seigneur s’est montré, et sa peau est le prodige d’une mère, ses yeux sont le don d’une mère, et son sourire est la joie d’une mère. Et elle, courbée presque comme un serviteur, l’adore et lui dit en le tenant dans ses bras: “Comment as-tu été en moi? Comment es-tu né de moi? Mon sauveur et mon fils adoré?”

 

D’une vision, d’un mystère, survient la Naissance qui unit le Ciel à la Terre. Et toute la tristesse qu’il y avait avant, ne fut plus jamais.

 

 

 

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1 Commentaire

  • Très beau texte – véhiculant de douces images,
    Tendresse- poésie- confiance – il est une berceuse
    pour un petit enfant aimé – un poème d’amour pour la mère bénie , pour l’Autre inconnu,
    la rencontre, le silence – le repos dans la joie des yeux !

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