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Home, wet home

Hier, il s’est mis à pleuvoir dans mon appartement. Une fuite du toit qui, à cause de sa faible pente, laisse s’accumuler de grosses flaques lorsqu’il pleut beaucoup. Étrange comme on se sent assailli dans son corps. J’ai senti comme une intrusion, une sensation de malaise et de stress diffus. Je n’ai pas été touché directement par l’eau, mais c’était comme si tout mon être était infiltré par elle, et non simplement mon salon.

J’ai toujours eu ce plaisir d’enfant à sentir au-dessus de moi les trombes d’eau qui se déversent dans la nuit froide, tandis que je suis bien au chaud, à l’abri sous ma couette, derrière les fenêtres de ma maison. Mais lors de cet épisode, cette sensation de sécurité s’est trouvée fortement ébranlée. Je me suis rendu compte alors de la chance que j’ai d’avoir un chez moi, un endroit où trouver chaleur, réconfort et ressourcement. Combien de personnes dorment dans la rue ou dans des logements temporaires ? Combien de personnes se retrouvent en exil, loin de leur foyer ? Oui, ce mot un peu galvaudé de foyer prend tout son sens ici : il ne s’agit pas seulement d’avoir un endroit où dormir, plus ou moins confortable. Il s’agit avant tout d’avoir un endroit où se réfugier, un lieu où l’on peut être soi-même, sans crainte d’être jugé ou pire, chassé.

Mais une fois que j’ai constaté cela, suis-je prêt à accueillir cette personne sans-foyer, ne serait-ce que pour une nuit ? Est-ce que cela reste encore mon chez moi, si je le partage avec quelqu’un ?

Tristan de La Selle

Billet du dimanche 6 mai 2018

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