Humeur

À quand la démolition des croix de nos carrefours, l’interdiction des cloches qui appellent à l’office, l’abandon de notre calendrier rempli de saints, autant de signes d’un prosélytisme inadmissible ?

L’alerte fut déclenchée à l’approche de Noël : il a fallu retirer les crèches de nos lieux publics car la vue de l’Enfant-Jésus entouré de ses parents, des bergers, des mages, etc, était devenue insupportable. Voici qu’aujourd’hui, la « loi Macron » autorise le remplacement des fêtes catholiques par des fêtes locales, en Outre-mer. À quand la démolition des croix de nos carrefours, l’interdiction des cloches qui appellent à l’office, l’abandon de notre calendrier rempli de saints, autant de signes d’un prosélytisme inadmissible ?

Pourtant, quelle chance d’appartenir à un pays qui s’est tant enrichi, au cours de son histoire, de l’apport du christianisme !

france ?Non, je ne veux pas que mon pays oublie cette histoire ; je ne veux pas d’une France sans ses traditions d’origine chrétienne ; une France qui renierait ses saints, ses cathédrales, ses contes de Noël, ses galettes des rois, ses vierges noires, ses pèlerinages, ses « Te Deum de la victoire ». Bref, une France devenue neutre, aseptisée, débarrassée de toutes les scories insoutenables de notre patrimoine chrétien, se gardant de toute évocation du fait religieux dans ses écoles ; une France surveillée par de soupçonneux laïcards confondant respect de l’héritage du passé et cléricalisme.

Car je veux aussi être intransigeant à l’égard de toutes les tentatives des Églises (y compris de la nôtre) d’intervenir dans le débat public pour y dicter ses façons de penser.

Jean de Savigny
Billet du dimanche 8 mars 2015

2 Comments

  • Et à l’inverse : renoncer à quelques superstitions liées aux cultes millénaires de certains saints locaux ne me ferait pas de peine, mais j’aimerais entendre plus souvent la voix de nos responsables d’Eglise sur certains sujets de société, pas pour « dicter leur façon de penser », mais pour rappeler, parmi d’autres éléments du débat, quelques valeurs de l’Evangile – à propos des gens de la rue, des immigrés, de certaines pratiques financières ou politiques salariales, des situations de rentes de nos élus cumulards et de l’immoralité sévissant dans le monde politique en général. Hélas, il semble que seule notre vie sexuelle les motive assez pour appeler à la manif’ !

  • Cher Jean,
    Je partage ton « humeur » mais en partie seulement. En effet, ton billet me laisse sur ma faim. Sur quelle action concrète débouche cette humeur?
    La cible principale désignée est le laïcisme. Ton énumération de griefs laisserait penser à une défense d’une chrétienté assiégée. Nos frères laïcistes sont trop heureux de croiser le fer avec « les croisés défenseurs de la chrétienté »!
    La question que tu soulèves est importante mais, de mon point de vue, débouche sur deux autres : la première, plus globale, celle du  » comment allons-nous continuer à vivre ensemble?  » ; la seconde :  » comment dépasser l’indignation?  »
    Notre monde change. La sécularisation, certes, peut être une souffrance pour un couple qui voit « sa » chapelle de mariage transformée en musée ou dancing… On peut aussi se poser la question des causes de la désertion des « paroissiens ». Par ailleurs, la sécularisation ne s’accompagne pas mécaniquement d’une désacralisation ; la construction d’une mosquée dans son quartier peut être ressentie comme douloureux car écornant la valeur du patrimoine immobilier!..
    Le pluralisme culturel – donc religieux – est un fait et peut faire peur…tout comme le « pluralisme social ». Si chacun de nous estime avoir de forte chance d’être épargné par le terrorisme, qui peut affirmer qu’il ne sera pas victime d’une « attaque de diligence »?
    Bref, j’ose formuler un rêve : fédérer, autour d’un label, par exemple  » 100% Laïque « , les nombreux mouvements, associations…pour qui la laïcité est un espace-creuset où s’expérimentent les valeurs républicaines issues des différentes traditions religieuses et philosophiques, où vivre ensemble rime avec respect absolu de la dignité de chacun, où le dialogue fraternel des cultures sortirait victorieux des discours et pratiques « blessantes et dangereuses » (Mgr Pontier) de tous les intégrismes/cléricalismes religieux ou athées.
    Jean-Marc Noirot

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