Lorenzo Monaco Antiphonary. 1396

Il est ressuscité

Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Dimanche 1 avril 2018

MESSE DU JOUR DE PÂQUES

PREMIÈRE LECTURE (Ac 10, 34a.37-43)
« Nous avons mangé et bu avec lui
après sa résurrection d’entre les morts »
PSAUME (117 (118), 1.2, 16-17, 22-23)
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
DEUXIÈME LECTURE (Col 3, 1-4)
« Recherchez les réalités d’en haut,
là où est le Christ »
ÉVANGILE (Jn 20, 1-9)
« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »

Ce matin, laissons-nous porter par les trois temps dans ce passage de Jean :
1) Le temps de l’effervescence et de l’agitation lorsque de Marie de Magdala pose la question aux deux disciples  : où a-t- on mis le corps ? les mettant en marche à la recherche de l’événement.
2) Le temps de l’hésitation : entrer dans le tombeau, regarder les objets qui s’y trouvent, traces de la mort d’hier (le linge et le linceul sont bien là) mais d’une mort déjà à terre. Ils étaient venus trouver un corps mort, ils repartiront avec une espérance.
3) Le temps du croire : Où un seul croit (ce n’est pas Pierre) parce qu’il voit. Mais il croit justement parce qu’il ne voit rien et n’entend rien. Ni les mots, ni les images juste le silence et le vide. Ce vide du tombeau est l’une des expériences évangéliques de la Résurrection de Jésus. Ce vide qui nous dit, une fois encore, que Dieu n’est jamais où on pense le trouver. Ce vide qui pourtant se remplit d’une résonance nouvelle constituée par les paroles, les gestes, les regards de Jésus qui deviennent désormais ceux des disciples comme ils deviennent chaque jour les nôtres. Et c’est cette absence même qui, pour le disciple, se transforme non en une preuve mais en un signe de la Résurrection, de la présence du Vivant ailleurs qu’au tombeau. Au jardin, sur la route d’Emmaüs, au bord du lac de Tibériade, dans nos quartiers, aux périphéries et souvent dans nos déserts.

En fait, partout où il y a des femmes et des hommes prêts à recevoir pour donner.

Nous qui sommes les enfants des enfants des enfants des disciples, nous qui sommes ressuscités avec le Christ (Paul, 1Col.), Mais nous dont la foi est tissée autant par des certitudes que par des questions, Comment dans nos vies transformons-nous l’absence en signe et le vide en
un lieu du sens ? À quelle dynamique sommes-nous prêts à répondre pour accepter le risque de rencontres fraternelles, c’est-à- dire authentiques, qui seules nous confirmeront la présence vivante du Christ ici et maintenant ? Par quelle lumière pascale accepterons-nous d’être touchés, d’être brûlés peut-être, pour devenir les témoins actifs de sa Résurrection dans un monde toujours meurtri  et souvent si sombre? À travers le cri, la demande, les pleurs, les bonheurs des personnes mises sur notre route, quelle invitation personnelle du Seigneur pourrons-nous entendre pour aller à elles ? Puisque ce disciple que Jésus aimait, ce disciple que Jésus aime et qui court aujourd’hui vers l’a-venir, c’est vous, c’est moi, c’est chacun de nous.

Alain Cabantous
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