Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit

Dimanche 15 septembre

PREMIÈRE LECTURE  (Ex 32, 7-11.13-14)
« Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire »
PSAUME  (Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19)
Oui, je me lèverai,
et j’irai vers mon Père.
DEUXIÈME LECTURE  (1 Tm 1, 12-17)
« Le Christ Jésus est venu dans
le monde pour sauver les pécheurs »
ÉVANGILE  (Lc 15, 1-32)
« Il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit »

Accueil

Oui, réjouissez-vous avec nous ce matin, habitués du Centre pastoral, amis ou gens de passage. Les textes nous y invitent avec tant d’insistance. Réjouissez-vous non pour répondre à une injonction stérile et extérieure mais réjouissez-vous d’abord d’être là ensemble pour célébrer le Seigneur, sa miséricorde sans limites et son amour fou, indicible pour chacun et si présent dans nos vies par les liens tissés. Réjouissez-vous de pouvoir l’exprimer par la parole reçue ou offerte, par nos musiques et par nos voix.
En tout cas, nous, membres du groupe Chant, nous nous réjouissons de pouvoir porter avec vous la prière par le chant. Car ce sont aussi vos voix mêlées aux nôtres qui nous entraînent et nous encouragent à être ce groupe au service de la communauté entre animation et création.
Réjouissons-nous  donc tous, chacune et chacun, et entrons dans cette célébration en demandant à Dieu d’ouvrir nos cœurs et nos yeux comme il a ouvert, comme il ouvre ses bras au fils rebelle sans rien lui demander.
Celui qui était mort est vivant. Cela ne suffit-il pas largement pour commencer la fête ?

Alain Cabantous

Méditation

Ami.e.s, Avez-vous bien lu le lutrin de ce matin ?  « RÉJOUISSEZ VOUS AVEC MOI ! » Nous sommes invités à nous ÉMERVEILLER devant l’image du Seigneur, que Jésus nous révèle, à nous les pharisiens, les scribes ou les publicains d’aujourd’hui. Invités à nous laisser bousculer , en contemplant la totale démesure de l’amour que Dieu nous porte, et qu’il porte tout spécialement à celui , à celle qui a violé tous les codes de la bonne conduite chrétienne : il s’émancipe. Il quitte son père. Il mène une vie de patachon !
DÉMESURE ET DÉCALAGE du comportement du père accueillant.
Le fils parle faute, péché, humiliation, sanction … Et son père ne lui répond même pas. La réponse du père n’est pas dans des paroles mais dans l’action. Il court, il embrasse, il organise la fête des retrouvailles … et demande à des personnes de l’aider pour ce faire . Le père est l’invitant à la fête. Il nous demande d’en être les co-organisateurs. Le père est rempli d’une miséricorde sans limite. Au point, à son âge, de passer son temps à attendre un enfant voyou. Au point, à son âge et avec ses rhumatismes, de se mettre à courir. Au point, à son âge, de se jeter au cou et d’embrasser un vaut-rien ! Le père se conduit comme quelqu’un qui était en manque, et qui soudain est comblé par le retour volontaire de son fils. Jamais mon grand père n’aurait fait cela.

Nous sommes invités tout spécialement aujourd’hui , pendant cette célébration, non pas à faire le compte de nos fautes, non pas à nous lamenter sur les malheurs du monde et de l’Eglise . Nous sommes invités à nous émerveiller, à contempler, à partager, à goûter, à NOUS NOURRIR DE LA PLEINE MISÉRICORDE DU SEIGNEUR-PÈRE. Et cet émerveillement nous ENGAGE ; Il ne s’agit pas de nous évanouir dans l’ivresse de la répétition que Dieu est grand, dieu est bon … ni de nous installer passivement dans la grandeur infinie de la miséricorde du père… Cette miséricorde infinie du père est toujours orientée par et vers la RENCONTRE. Réjouissez vous AVEC moi. Préparez la fête . L’enfant est à nouveau en relation, en désir d’amour.
Moïse demandait au Seigneur de renoncer à sa colère au nom de l’alliance, de la relation qu’il avait établie définitivement avec son peuple. Moïse apaisa le visage du Seigneur en lui rappelant sa promesse d’alliance.

Une anecdote. L’aînée de nos petites filles , devait avoir 6 ans. J’avais dû la gronder et lui faire les « gros yeux ».  Elle me regarda fixement et me dit : « T’es pas sympa ( je craignais pire) .. Tu me regardes avec ta tête ». Comme Moïse , elle me rappelait mon cœur. Le regard du cœur. La loi du cœur. Celle qui rend possible la relation.
De même le bon berger , après avoir remis sa brebis dans le troupeau, invite ses amis Réjouissez vous AVEC moi . La femme en retrouvant sa pièce invite à la fête. Réjouissez vous avec moi .
Le père accueillant commande un festin pour montrer sa joie quand la relation avec le fils est rétablie.
La miséricorde , et la joie qu’elle procure, conduisent , non pas à une jouissance irresponsable ou solitaire. Mais bien au rétablissement de la RELATION.
Préparons nous à rétablir la relation que nos fautes , ou la vie tout simplement, avaient brisée.
Cette relation renouée n’est pas sans conséquence. Elle a un sens. Celui du PARTAGE avec les nôtres , avec les autres, avec le père.
Miséricorde démesurée qui conduit au partage, qui nous invite à partager le pain.
Et le fils aîné ? Ne le jugeons pas trop vite. Nous sommes tous un peu des fils aînés. Le fils aîné n’est jamais entré dans la logique de la relation du plein amour de son père. Il est resté à la logique du donnant-donnant.
Mais le retour inopiné du fils voyou, permet au père de lui révéler une autre logique : celle de la démesure de son amour.
Lundi lors de la préparation de la célébration…
…. Vous savez que nous sommes tous et toutes conviés à préparer la célébration de dimanche prochain, lundi à 19h , c’est dans la feuille d’invitation…
… Lors de cette réunion très riche et féconde, nous nous sommes demandés si le fils aîné allait tout de même se joindre à la fête …
Pas de réponse. C’est sa pleine liberté !
Cette miséricorde démesurée exige, engage notre RESPONSABILITÉ.
Le rétablissement du lien, de la relation, ne se fait pas sans nous . Notre responsabilité est sollicitée.
Ainsi la responsabilité de Moïse qui rappelle à Dieu ses engagements.
Responsabilité du bon pasteur qui part à la recherche de la brebis turbulente.
Responsabilité de la femme qui bouscule son emploi du temps pour rechercher la pièce.
Responsabilité du fils voyou qui, parce qu’il a faim, ne reste pas passif. Sa motivation et son manque,
son désir, sont indispensables pour que la pleine miséricorde puisse s’exercer : «il se lève et va vers son père ». Il a bougé. La plaidoirie qu’il prévoit est totalement décalée et ignorée par son père, mais le fils a pris la décision de se mettre en route. Allons, mettons-nous en route. Sachons demander. Sachons prendre des risques. Sachons bousculer notre vie. Sachons partir vers le père.
Mettons-nous en route avec nos mots maladroits et avec nos raisonnements limités. Nous, fils aînés ou fils voyous, sans doute les deux à la fois, décidons de participer au repas de la pleine miséricorde.
Mettons-nous en route. Nous sommes invités.

Réjouissez-vous avec moi. Il est revenu. Il est vivant.

Guy Aurenche

 

 

 

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