Jacques Gaillot : « Avance et tu seras libre »

Comme un conseil adressé à chacun, comme un témoignage de sa propre liberté, ces quelques mots, titre d’un de ses derniers ouvrages, reflètent la personnalité de Jacques Gaillot tel que nous l’avons rencontré…

C’était le 15 janvier, Journée mondiale du migrant et du réfugié, célébrée chaque année par l’Église universelle. Après avoir présidé la célébration, Jacques Gaillot s’est prêté à nos questions au cours d’un « Parler la Bouche pleine ».

  • A la remarque « Plus on pratique, plus on vote à droite », Jacques Gaillot dit se tenir à distance, comme il l’est de l’Église institution. « Dieu veut le bonheur des gens, de l’humanité. Ce qui est premier pour Dieu, ce n’est pas la religion, mais que l’humanité soit plus juste, plus humaine ».
  • À ceux qui lui demandent pourquoi il n’a pas eu le courage de quitter l’institution, il répond : « Accordez-moi le courage d’être resté ! L’Église c’est ma famille, si je la quittais je trahirais plusieurs de ses membres ».
  • Où sont vos engagements aujourd’hui ? « Je préside Droits devant, association qui milite pour la défense de l’égalité des droits, pour les sans-papiers. Je suis souvent appelé à soutenir des opérations du DAL (Droit au logement). Je visite plusieurs prisonniers incarcérés un peu partout en France ».
  • Et vous êtes évêque in partibus de Parténia ? « Oui, je n’ai jamais signé mon éviction du diocèse d’Évreux ; j’ai été nommé évêque de cet ancien diocèse mauritanien aujourd’hui dans le sud algérien. Pendant deux ans, durant la guerre d’Algérie, j’ai peut-être foulé cette terre. On peut penser que c’est une délicatesse romaine de m’avoir mis là ».
  • Autour des difficultés d’accueillir chez soi un étranger, il reconnaît que ce n’est pas toujours facile, que l’important est d’être en lien avec une association. « Il ne faut pas seulement se poser la question de ce qu’on leur apporte, mais aussi de ce qu’ils nous apportent. Qu’est-ce qu’ils nous font devenir : plus humains, plus ouverts, loin de nos préjugés ? ».
  • A la question de savoir pourquoi dans ses engagements ne faisait-il pas davantage référence à Jésus : « En parlant de l’homme, je parle de Dieu. Les discours sur Dieu ne me touchent pas beaucoup. J’ai entendu plusieurs athées me parler bien de Dieu en me parlant bien des hommes ».
  • Comment faire que l’Église ne soit pas perçue comme une machine à exclure ? « Quand j’ai quitté Évreux, je n’avais plus de lieux d’Église où parler. J’ai dû apprendre un nouveau vocabulaire non-religieux pour parler aux autres, dans la rue ».
  • Jacques Gaillot, un optimiste par nature ou par fonction ? « Je garde l’espérance > le meilleur est à venir > demain est à bâtir > il y a de la nouveauté > des sursauts > la vie est une aventure, elle est belle > c’est à nous aussi de la faire avec d’autres > l’avenir n’est pas écrit > on peut s’engager, faire ce qu’on peut > on avance ! ».
  • Qu’avez-vous dit au Pape lorsqu’il vous a reçu ? « Beaucoup de gens, croyants ou pas, ont confiance en vous et vous estiment. Vous êtes une des rares personnes, sinon la seule, qui peut faire entendre une voix dans le monde entier. Vous êtes un cadeau pour l’Église et pour le monde. Cela a eu l’air de lui faire plaisir ! ».
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