J’ai de la valeur aux yeux du Seigneur


J’ai vu l’Esprit

descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
    Et moi, je ne le connaissais pas

Dimanche 15 janvier 2017
Journée mondiale du Migrant et du Réfugié

1ère lecture : « Je ferai de toi la lumière des nations
pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 3.5-6)
Psaume : Ps 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd
2ème lecture : « À vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » (1 Co 1, 1-3)
Evangile : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

Introduction

Amis de St Merry, nouveaux venus, ou personnes de passage, bonjour !

Notre célébration de la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié
est présidée par monseigneur Jacques Gaillot, que nous saluons.

 Le thème de cette journée, choisi par le pape François, est :
« Mineurs migrants, vulnérables et sans voix »

Il mérite quelque développement car si nous connaissons la situation des migrants, des réfugiés,
nous ne parlons pas souvent de  « mineurs migrants » !

Notons que le terme « mineur » souligne la différence juridique entre les personnes
selon qu’elles ont -ou non- 18 ans, âge de la majorité.
Donc « Mineurs », mais au fond, les mineurs sont des adolescents, des enfants !
Des chiffres : un migrant sur 8 est un enfant,
ou encore, dans le monde, un enfant sur 200 est un réfugié (Source Unicef)

Aujourd’hui, en France, on peut voir deux profils migratoires pour les mineurs :
l’enfant peut avoir effectué la migration en famille, ou bien, seul.

  • En famille ? Certes en France, l’enfant a droit à être scolarisé
    (droit parfois difficile a faire appliquer), mais il partage la fragilité des ses parents
    « sans papiers » : précarité économique et de logement,
    mensonges ou clandestinité avec la peur de possibles contrôles,
    nous recevons ces enfants avec leurs parents dans nos permanences.

  • Le mineur est parti seul ? Un long voyage –dont nous ne savons pas grand-chose-,
    et à l’arrivée en France, voilà des adolescents seuls à la rue ;
    ils sont dirigés vers le Dispositif d’Evaluation des mineurs isolés (France Terre d’asile)
    et ils doivent prouver leur minorité par un acte de naissance,
    difficile à avoir, et potentiellement contesté en tous cas contestable.
    Car jusqu’à 17 ans et plus, ils sont « pris en charge » par l’Aide sociale à l’enfance (l’ASE),
    mais à 18 ans, ils sont majeurs, donc adulte, sans papier, et sans droit.
    De plus, parmi les mineurs arrivés seuls, une autre situation difficile est apparue
    à la suite du démantèlement du bidonville de Calais : ont été créés, pour ces mineurs isoles,
    des Centres d’orientation (CAOMI) pour ces jeunes.
    A la fin de décembre 2016, des associations ont exprimé leur inquiétude pour ces enfants
    particulièrement vulnérables par leur parcours et leurs conditions de vie.

Pour entrer dans notre recueillement, dans notre prière,
il nous fallait avoir en tête ces points de la réalité :
n’est-ce pas à travers la réalité que le Seigneur nous parle, nous appelle ?
Nous allons commencer notre célébration, avec dans notre cœur, ces éclats de la vie
des « mineurs migrants », de ces enfants « vulnérables », ici, près de nous.
Et puisqu’ils sont « sans voix », ensemble nous leur prêtons notre voix, devant notre Seigneur,

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit !

Céline Dumont

COMMENTAIRE du texte d’Isaïe

Savez-vous que le prophète ISAÏE aurait très bien pu venir en Europe la semaine dernière ?
Dans ce cas, il aurait pu écrire ceci :

Je suis un enfant réfugié qui arrive de la guerre
Venant d’au-delà de la mer
Je passe le long des barbelés dressés par des européens.

J’entends le Seigneur qui me dit :
« Tu es mon serviteur, en toi je manifesterai ma splendeur. »

Le Seigneur me parle,
lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur.
Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur,
c’est mon Dieu qui est ma force.

Le Seigneur me dit :
 » C’est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les pays chrétiens qui me refusent,
pour ramener ceux qui tournent en rond autour de leur nombril « 

Mon enfant,
Je fais de toi la lumière des nations,
pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. 
Va et marche.

Bernard Sadier

Trois questions  à Jacques GAILLOT

Copyright : A.I.M.E.R.
Aide et Information pour le Monde des Enfants de la Rue

Question 1 (Céline)
Jacques, l’enfant est présent dans les Evangiles.

Qu’est-ce que cela nous dit  de plus ou de différent par rapport au sentiment « naturel »
éprouvé par la plupart des adultes vis-à-vis des enfants ?  

L’enregistrement de la réponse a malheureusement échoué.

Question 2 (Bernard)
Jacques, que pouvez-vous nous dire au sujet de la responsabilité des chrétiens d’aujourd’hui

face à l’immigration que nous constatons ?

En septembre dernier, 50 réfugiés de Calais avaient été envoyés à Allex, petite ville de la Drôme,
dans un ancien château transformé en centre d’accueil et d’orientation. Mais les habitants d’Allex,
s’étaient opposés à cette décision au conseil municipal, et ça avait fait débat : il y avait des gens
importants, influents, des gens venus d’ailleurs, les médias en ont parlé dans les infos… et tous
ces gens là disaient « il ne faut pas accueillir de migrants, il faut rester comme on est ». Alors au
bout de quelque jours, des citoyens de Allex se sont dit « il faut qu’on fasse quelque chose, nous
sommes accueillants à l’étranger, nous ne voulons pas que ce soit un village qui se ferme, nous
voulons un village fraternel ». Alors ils ont eu l’idée de faire, un samedi après-midi, une grande
rencontre, et tout le monde s’y est mis, toutes les associations : il y avait le MRAP, la Cimade, le
Secours Catholique, il y avait des syndicats, et sous un soleil généreux, il devait y avoir 600 à 700
personnes, c’était une après-midi festive, il y avait des stands, des échanges, des interventions,
j’étais en admiration et émerveillé de voir tout ce que ces gens étaient capables de faire, ils
donnaient le meilleur d’eux-mêmes, ils montraient qu’ils étaient solidaires de ces migrants, et ils
étaient là, ils étaient venus pour les rencontrer, leur parler. Grâce à tous ces échanges, ces
partages, il y a quelque chose qui s’est passé pour l’avenir, et quand beaucoup de gens ont appris
que les uns et les autres faisaient déjà beaucoup de choses, ils se sont inscrits, pour se retrouver,
pour être là eux aussi.
Vous voyez il y a de la solidarité qui existe et qui se met en route.
Vous connaissez l’appel du Pape François lancé au mois de septembre 2016, en demandant aux
chrétiens, aux communautés d’accueillir des migrants. Et cet appel a été entendu par beaucoup,
de toutes communautés, paroisses, familles. Je fais partie d’une petite communauté spiritaine à
Paris, dans le 5ème, on était tous volontaires dans la communauté et on a eu 6 migrants qui sont
venus : ils venaient de Kaboul, des Kurdes de Mossoul, du Soudan, du Mali, tous Musulmans ; et
je vous assure qu’ils ont été un cadeau pour notre communauté.
C’est la solidarité : si on veut, on accueille, et vraiment on multiplie les points d’accueil des
migrants parmi les chrétiens.

Jacques Gaillot

Question 3 (Céline)
Jacques, dans son évangile, Jean montre que Dieu nous parle,

nous appelle à travers les événements de la vie.
Aujourd’hui, de quoi le migrant, le réfugié sont-ils le signe dans notre foi au Christ ?

C’est sûr qu’ils sont des signes pour les chrétiens. Je pense qu’il y en a 2 surtout.
Le 1er signe, c’est le signe de l’ouverture. L’étranger, me révèle à moi-même, me fait prendre
conscience de cette part de moi-même qui me reste étrangère. Quand on s’ouvre aux étrangers,
on s’ouvre aux autres, on s’ouvre en perdant ce mur de préjugés qui est nous, ce mur de la peur
qui nous empêche d’aller vers l’autre, et pour ça il faut connaître l’étranger, connaître son visage,
avoir des liens d’amitié avec lui ; quand on s’ouvre à l’étranger on s’ouvre aux autres, à la fraternité
universelle. c’est une belle chose la rencontre de l’étranger.
Quand ils ont confiance en nous, les étrangers partagent un petit peu ce parcours de combattant
effarant qu’ils ont vécu : ils ont traversé la Méditerranée, que d’épreuves ils ont eues, la faim, le
froid, l’abandon, l’arrestation, la prison… ils ont tout connu! Quand ils arrivent à Paris, ils aiment
raconter avec des lampes dans les yeux ce calvaire qu’ils ont connu. Et alors, ce qui est
extraordinaire, c’est qu’ils ont laissé de côté la haine, la rancune, la vengeance! non, ils n’ont pas
de haine, pas de rancune, pas de vengeance, pas de violence. Ça s’est formidable, c’est le signe
d’un cœur libéré. Alors si nous avons des barreaux dans le cœur, s’il y a des choses que nous ne
pouvons pas pardonner, si on a un cœur aigri, alors accueillez des étrangers chez vous et le
miracle s’accomplira !
Ces étrangers qui sont venus à notre demande dans notre communauté, je peux vous dire qu’ils
ont des défauts, évidemment, ils ont des lubies, des faiblesses,
mais les étrangers qui sont accueillis sont une bénédiction.

Jacques Gaillot

Pour conclure la célébration

Nous voici à la fin de notre célébration,
Nous avons écouté la Parole, nous avons dialogué avec Jacques Gaillot,
nous avons appelé le Seigneur pour les jeunes migrants que nous connaissons,
que nous accompagnons, et que nous allons retrouver tout à l’heure ou demain, merci à tous.

Mais notre responsabilité ne s’arrête pas là, elle est dans la durée,
cette journée est comme un commencement ! Nous pouvons faire beaucoup, ou autrement :
nous informer, aller sur place là où se trouvent des jeunes migrants, les écouter,
signer des pétitions et se rapprocher d’associations, etc.

Céline Dumont

Avant de recevoir la bénédiction du Seigneur, deux informations.
La première  :
Tout à l’heure, nous sommes tous invités à aller parler avec Jacques Gaillot !
Il est là parmi nous, et nous n’allons pas le laisser partir comme cela,
nous pouvons le retrouver et échanger avec lui, salle X de Chalendar, jusqu’à 14 h
La seconde :
C’est l’équipe «  Accueil d’une famille réfugiée » qui revient vers vous
(présentation par Bernard Sadier de Solidarités Nouvelles pour le Logement SNL)
– nous avons reçu de la communauté beaucoup de dons ! MERCI !
– nous avons de quoi accueillir une seconde famille de réfugiés,
toujours en partenariat avec SNL
– SNL nous propose, plutôt que de louer un second logement,
de participer à l’achat d’un appartement (facilité par des aides de la Mairie de Paris)
– Nous et déjà plusieurs membres de la Cté ont répondu OUI,
nous vous consultons, vous tous les donateurs et tous ceux
qui voudraient nous rejoindre et devenir donateurs et même bénévoles accompagnateurs.
– Nous vous distribuons un texte et nous vous demandons de donner votre accord
sur notre nouvelle orientation ! MERCI

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