« J’ai traversé la Cour des miracles »

Un passage surprise aux urgences. On y découvre un monde inattendu, déconcertant : la Cour des Miracles… sans miracle.

Soirée tranquille après un repas familial… D’un coup, je ressens une douleur forte qui m’oppresse la poitrine. Immédiatement je pense infarctus. Mon père et un de mes frères sont morts ainsi. 

J’appelle les urgences, et après quelques questions, on m’envoie une ambulance. Les ambulanciers très pros me posent d’autres questions et je pars en toute sécurité avec eux. Accueil parfait, test covid, électrocardiogramme rassurant, transfert dans la Cour des Miracles, la zone d’attente vers médecins et examens. 

On parque mon brancard dans une zone. Face à moi un plafond voûté et des spots éblouissants, au-dessus de moi aussi. Je demande si on peut baisser l’intensité : NON, PAS POSSIBLE ! 

Je m’intéresse à mes voisins. À ma droite, une jeune fille arrivée à 16 h (il est 23 h). À ma gauche, un gros homme noir, vêtu d’un jogging qui lui tombe à mi-fesse, pieds nus, et qui ronfle. Je lui dis : Monsieur, s’il vous plaît, réveillez-vous et ne ronflez plus… Sans effet ! 

Arrive une femme qui pousse un fauteuil sur lequel se trouve une femme sous respirateur. Elle se dirige vers mon emplacement et je lui demande si elle peut pousser le ronfleur vers l’autre mur et placer le fauteuil vers moi. NON ! Et au contraire elle pousse le ronfleur vers moi. 

Quelques minutes plus tard, le ronfleur se lève et se dirige vers les toilettes. Je le vois s’arrêter un moment à l’entrée des toilette et je me dis : il est en train d’uriner là, sans même aller à un urinoir. Plus tard, je demande qu’on me conduise aux toilettes et je découvre une piscine à l’entrée, dans laquelle je suis obligée de mettre un pied pour aller aux toilettes. 

Je retourne m’allonger sur mon brancard, j’ai froid, je demande une couverture : ON N’EN A PAS ! Mais on me donne quand même un drap. J’essaie de me faire un bandeau pour me masquer les yeux. En face de moi, un fauteuil a pris place, un homme black est recroquevillé dedans, s’est drapé la tête dans le drap. Une puis deux, puis trois femmes passent : MONSIEUR, ON NE DOIT PAS PRENDRE LE DRAP POUR SE COUVRIR LA TÊTE.
À moi, on ne dit rien ! Pourquoi ? 

Les miracles, je n’en ai pas vu un seul ! 
Mais sûr, Jésus était au milieu de nous ! 

Elisabeth

CatégoriesRécit

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