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J’ai vu des grands-pères pleurer

Au Québec, j’habite une communauté de trois communes : deux villages de “blancs“ et un village autochtone, Attikamek. Un prêtre séculier est curé des trois villages. Auparavant, la “mission Attikamek“ de Manawan était confiée aux Oblats de Marie Immaculée.

À l’automne 2018, une enquête d’Anne Panasuk à Radio-Canada a délié les langues. De 1938 à 1996, garçons, filles et femmes ont eu affaire aux mains baladeuses des Oblats.

Le “père“ M était exhibitionniste. Le “père“ H enduisait le ventre, les seins et les parties génitales des femmes enceintes d’huile sainte. Les autorités religieuses l’ont déplacé. Le “père“ C, ex-directeur d’un pensionnat autochtone, échangeait séances de cinéma contre faveurs sexuelles. Max Gros-Louis, alors leader de l’Association des Indiens du Québec, appelé à l’aide par le chef de Manawan, a menacé l’archevêque d’informer la presse. Changement d’oblat. Les sévices ont continué avec le “père“ L.

J’ai vu pleurer le pompier chargé de “dépendre“ des suicidés ; il connaissait la raison de leur geste. J’ai vu pleurer des grand-pères, honteux de n’avoir rien compris ou d’avoir gardé le silence par crainte de Dieu et des représailles du missionnaire qui détenait tous les pouvoirs. Ce sont eux qui culpabilisent ! Certains ont osé se plaindre. Chaque fois, les autorités religieuses ont fait la sourde oreille. Les abuseurs ont profité de leur congrégation pour camoufler leurs crimes.

Désormais un recours collectif est déposé. Les croyants attendent.

Joëlle C.

Billet du dimanche 31 mars 2019

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